Le 737 MAX ne revole pas encore mais Boeing table déjà sur une production record en juin 2020

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(Crédits : Joshua Roberts)
Alors que le 737 MAX est cloué au sol depuis mi-mars, Boeing table sur une remise en service au quatrième trimestre 2019. Il a communiqué aux fournisseurs un programme de production ambitieux permettant d'atteindre une production record de 57 appareils chaque mois à partir de juin 2020.

Une augmentation de la production de B737 MAX en octobre pour la faire passer de 42 à 47 appareils par mois pour accompagner une remise en service de l'appareil au quatrième trimestre 2019 (octobre-décembre); une nouvelle hausse des cadences en février 2020 (52 par mois) avant d'atteindre une production record de 57 appareils en juin 2020, tel est l'ambitieux calendrier présenté par Boeing le 31 juillet dernier à plus de 100 fournisseurs, selon l'agence Reuters qui cite trois sources proches du dossier. Ce qui correspond au rythme de production envisagé avant l'accident le 10 mars d'un appareil de ce type d'Ethiopian Airlines (157 morts), qui a entraîné l'arrêt des vols. Si Boeing a stoppé les livraisons, le groupe n'a pas interrompu la production du 737 MAX pour pouvoir livrer rapidement les appareils dès que la solution au système anti-décrochage de l'avion incriminé dans l'accident d'Ethiopian et dans celui de Lion Air six mois plus tôt (189 victimes), aura été validée. 42 appareils sont assemblés chaque mois.

Lors d'une téléconférence, le constructeur américain a expliqué à ses fournisseurs que ce programme de production ne dépendait que du feu vert des autorités aéronautiques à la reprise de l'exploitation commerciale de l'avion, attendue au quatrième trimestre.

Hier, à Wall Street, l'action du groupe a gagné 4,24%.

Rien ne garantit néanmoins que les autorités autoriseront la reprise de l'exploitation du 737 MAX et le directeur général de Boeing, Dennis Muilenburg, a déclaré le mois dernier à des analystes financiers que Boeing étudierait la possibilité de réduire la production des 737 ou de la suspendre si l'immobilisation était prolongée.

Un porte-parole de Boeing interrogé par Reuters a déclaré que Boeing actualisait son programme de production pour intégrer sa propre estimation de la date de reprise de l'exploitation du 737 MAX.

"Si l'hypothèse reflète la meilleure estimation possible par Boeing à ce stade, le moment effectif du retour à l'exploitation sera choisi par la FAA (la Federal Aviation Administration, la direction de l'aviation civile américaine, NDLR) et d'autres autorités mondiales du transport aérien et il pourrait différer de cette hypothèse et de cette estimation", a-t-il dit.

Recrutements

En attendant, Boeing a annoncé mardi son intention d'augmenter ses effectifs en recrutant "quelques centaines" de salariés intérimaires qui seront basés sur l'aéroport de livraison de l'aéroport international de Grant County dans l'Etat de Washington où stationnent des dizaines d'exemplaires du 737 MAX dans l'attente d'une reprise au plus tôt en octobre des livraisons aux compagnies aériennes. Ces futures nouvelles recrues seraient employées à la maintenance et aux préparatifs de livraison.

Fin juillet, un responsable de la Federal Aviation Administration (FAA) américaine s'était refusé à s'engager sur la possibilité d'une remise en service de l'appareil en octobre.

"Nous n'avons pas de calendrier", avait dit Dan Elwell, administrateur adjoint de la FAA. "Nous avons un critère: quand le 737 MAX aura été (...) évalué de manière satisfaisante et que le MAX sera assez sûr pour reprendre du service; c'est le seul critère."

Le coût total de la crise pour le groupe est estimé pour l'instant à plus de huit milliards de dollars (7,2 milliards d'euros), dont la majeure partie concerne les indemnités que Boeing devra verser aux compagnies aériennes au titre des retards de livraison et de la baisse d'activité.

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Commentaires
a écrit le 26/08/2019 à 11:34 :
Opération de communication de Boeing - dire qu'on recrute des "mécaniciens" pour la remise en service de cet avion (ceux qui sont parqués, ou alors ceux que l'on va continuer - recommencer - à construire?) Personne n'ira vérifier que c 'est vraiment le cas, et le bon peuple (ou les bons commentateurs) diront : " ça y'est, ça repart" et à la Bourse : "ça y'est, la confiance revient !" On précise quand même que ce seront des intérimaires…..
Attendons et voyons.
a écrit le 24/08/2019 à 18:13 :
Déjà que tous les déboires de l'appareil sentent l'économie pour davantage de rentabilité, Boeing espère t-il redonner confiance en annonçant un calendrier ultra optimiste pour... Les actionnaires ?
a écrit le 24/08/2019 à 17:51 :
il faudra aussi beaucoup de persnnel pour faire embarquer de force les passagers récalcitrants !!!!
Réponse de le 25/08/2019 à 13:56 :
Hahaha!!!! Elle est bonne!
a écrit le 24/08/2019 à 12:29 :
Une pub pour le 737 Max " Highway to Hell" ! Aller simple donc 50% de réduc, je précise.
a écrit le 23/08/2019 à 23:04 :
Le nx patron de la FAA prend son tps et il a raison. Il faut se racheter une crédibilité.
B. piaffe d'impatience, ce qui semble dire que là, il est sûr de son coup ce qui rassure les milieux d'affaires. La technique, le numérique ont parlé.
Une solution satisfaisante a été trouvée, les derniers essais doivent le confirmer.
Tout ça reste un peu court pour rassurer le nerf de la guerre, càd le personnel et les clients dont je suis. Faudra pas mal de vidéo de vol prises
ds le cockpit de cet avion ou cptes rendus de vol incluant bien sûr les anomalies constatées qui devront être relayés par des médias objectifs, pour me convaincre de prendre cet avion. A priori, dès que les accords de vols seront autorisés, je proscrit jusqu'à nvel ordre pour mes besoins certaines low cost que je ne nommerai pas. L' offre est suffisamment étoffée pour qcs euros de + ou de -
a écrit le 23/08/2019 à 12:18 :
Décidément l'écart entre l'UE et les USA ne cesse de se creuser. Les USA ont inventé le premier avion propre et pour cause: il ne vole pas. Il suffisait d'y penser et pourtant les idées les plus géniales paraissent tellement évidente après coup. Après les USA ne font qu'appliquer au civil ce qu'ils ont fait dans le domaine militaire. En effet le F35 est impossible à abattre en vol car il tombe en panne avant d'avoir décollé grâce à une technologie futuriste appuyée par des milliers de capteurs interconnectés. Preuve en est encore une fois que les progrès dans le domaine militaire est la locomotive de la technologie civile.
Réponse de le 23/08/2019 à 18:08 :
@Johnmkagan
Je n'aurais pas dit mieux...
Réponse de le 24/08/2019 à 12:37 :
Voilà qui va plaire à Gréta, qui sera élue sans même avoir travaillée, en arrivant à 500 mètres du parlement, avec rosalie plaquée or ! ;o)))

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