Le missilier MBDA a engrangé des commandes « extraordinaires » en 2022 et 2023, notamment dans le domaine de la défense sol-air. Son principal défi est aujourd'hui de livrer plus et plus vite. Pas simple quand l'outil industriel de MBDA - mais aussi de toute l'industrie d'armement européenne - était jusqu'ici dimensionné pour un temps de paix. Livrer rapidement n'était pas vraiment une priorité des pays occidentaux mais depuis février 2022 et l'invasion de l'Ukraine, le temps s'est accéléré pour les gouvernements, qui se sont aperçus benoîtement que les stocks de munitions et de missiles de leurs armées étaient à des niveaux ridiculement bas. Aujourd'hui, le temps est même devenu LA priorité des priorités. « Le grand changement depuis février 2022, c'est que brutalement le temps s'est mis à compter », a admis mercredi le PDG de MBDA Eric Béranger lors de la conférence de présentation des résultats du groupe.
Effectivement, depuis la guerre en Ukraine, les gouvernements exigent des livraisons beaucoup plus rapides et les industriels sont sommés de trouver des solutions rapides pour accélérer leurs cadences de production. « En fait nous n'avons qu'un seul défi (...) c'est d'être capable de produire plus et plus vite, de livrer plus rapidement à des prix acceptables », a fait observer Eric Béranger. L'exemple de MBDA est d'ailleurs très édifiant. Le carnet de commandes de MBDA est aujourd'hui stratosphérique (28 milliards d'euros) et, en même temps, le missilier a dû mal à le dégonfler en raison d'un outil industriel qui n'est plus adapté à la nouvelle donne mondiale. « Depuis mon arrivée chez MBDA en 2019, le carnet de commandes a augmenté de 50 %, le chiffre d'affaires de 40 %, mes effectifs de 30 % », a-t-il expliqué.