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Céréales, huiles végétales...: en 2023, les prix alimentaires mondiaux à la baisse

latribune.fr

Publié le 05 janvier 2024 à 11:32 - Mis à jour le 05 janvier 2024 à 14:32

Les prix mondiaux des denrées alimentaires poursuivent leur décru. Ils ont ainsi baissé de 13,7% en 2023 par rapport à l'année précédente.

Les prix mondiaux des denrées alimentaires poursuivent leur décru. Ils ont ainsi baissé de 13,7% en 2023 par rapport à l'année précédente.

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Les prix mondiaux ont globalement baissé en 2023 grâce aux cours des céréales et des huiles végétales. Le prix du sucre a également reflué. Mais 2024 s'annonce être une année d'incertitudes pour les marchés mondiaux agricoles, entre la menace des phénomènes climatiques extrêmes ainsi que les risques géopolitiques.

[Article publié le vendredi 05 janvier 2024 à 12h32 et mis à jour à 15h31]. Les prix mondiaux des denrées alimentaires poursuivent leur décrue. Ils ont ainsi baissé de 13,7% en 2023 par rapport à l'année précédente, a indiqué vendredi l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Un résultat dû en majeure partie aux céréales. En effet, l'indice des prix des denrées alimentaires calculé par la FAO, qui suit la variation des cours internationaux d'un panier de produits de base, est en baisse de 15,4% sur l'année pour les céréales, « reflétant des marchés mondiaux bien approvisionnés ». Un véritable contraste comparé à la flambée des prix de 2022 liée à la guerre en Ukraine, qui a fait craindre à l'ONU une catastrophe alimentaire accrue dans les Etats fragiles. Le maintien d'exportations, même moindres, par Kiev, l'abondance de l'offre russe et australienne en blé et les belles récoltes brésiliennes de maïs et de soja ont ainsi favorisé le reflux des cours (-28% pour le blé sur le marché européen sur un an).

Mais la plus forte baisse vient des huiles végétales, qui chutent de 32,7% en 2023, par rapport à 2022. Un repli qui se poursuit en décembre, « l'huile de soja en particulier étant affectée par un ralentissement de la demande du secteur du biodiesel ainsi que par l'amélioration des conditions météorologiques dans les principales zones de culture du Brésil », précise la FAO.

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Ce repli est d'autant plus notable pour les céréales, blé et maïs en tête ainsi que les huiles, que l'indice FAO des prix du riz a lui augmenté de 21% sur cette période, en grande partie en raison des inquiétudes concernant l'impact potentiel du phénomène climatique El Niño sur la production mondiale.

A cela s'ajoutent les restrictions à l'exportation imposées par l'Inde qui assure 40% du commerce mondial. Le pays a interdit dès le 21 juillet l'exportation de riz blanc non basmati pour protéger son approvisionnement et contenir la hausse des prix sur le marché intérieur. Cette décision « a amplifié encore la pression déjà exercée sur les prix par un approvisionnement saisonnier resserré et la demande » du marché asiatique, précisait la FAO début août.

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Reflux sur le sucre

De son côté, le sucre est la seule production à échapper au repli général annuel avec 26,7% de hausse. Mais il a finalement lui aussi entamé un reflux : en décembre, l'indice est en baisse de 16,6% par rapport à novembre, atteignant son « niveau le plus bas en neuf mois ». Une chute des cours du sucre principalement due à la production soutenue au Brésil et à la modification de la politique en matière d'éthanol de l'Inde. En temps normal, les producteurs étaient incités à transformer une partie de leur récolte en éthanol si les prix du pétrole et des carburants étaient élevés, ce qui réduit la quantité de sucre disponible sur le marché et fait monter les cours. Mais l'interdiction de la production d'éthanol à partir du jus de canne à sucre en Inde, second producteur mondial, exclut désormais ce débouché. Une offre plus abondante sur le sucre est donc attendue.

A plus long terme cependant, des conditions météorologiques défavorables persistent dans les zones de production asiatiques. Le marché s'inquiète alors « du potentiel de production thaïlandais et indien en raison d'El Nino », et « l'Inde pourrait devenir importateur l'année prochaine », indique Jack Scoville, analyste de Price Futures Group.

2024, année de trouble ?

Plus que jamais, 2024 promet une année d'incertitudes sur les marchés mondiaux agricoles. Selon une note de la banque UBS, « troubles géopolitiques » et « protectionnisme commercial », à l'instar des restrictions à l'exportation pour le riz indien, sont, après le climat, les deux risques majeurs à surveiller cette année.

Si les réserves de céréales restent confortables au niveau mondial, les disparités régionales sont fortes et tout pourrait se détraquer très vite, estiment plusieurs analystes et courtiers. Au premier rang des risques figurent les conditions météorologiques extrêmes, qui pèsent à la fois sur les récoltes et sur les transports, selon UBS. Ainsi, le risque accru de sécheresse va peser sur l'Asie du Sud-Est, sur l'Inde et l'Australie notamment, où la récolte de blé est attendue en repli de 37% en 2023-24, selon les prévisions officielles. En revanche, après deux années très difficiles, l'Argentine devrait voir bondir de 60% sa production de maïs, à 55 millions de tonnes.

Autre conséquence directe du climat, la restriction de circulation dans le canal de Panama, par lequel transite 6% du commerce maritime international, du fait d'un trop faible tirant d'eau.

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A cette donnée climatique s'ajoutent donc, pour les transports, les risques géopolitiques : la multiplication des attaques menées par des rebelles yéménites en mer Rouge, dans une zone qui voit passer 12% du commerce maritime mondial, a conduit à une hausse brutale du coût du fret. Cette hausse du coût des transports « va être transférée au consommateur, ce qui signifie une demande plus faible. Cela augmente les chances d'une récession mondiale », estime Michael Zuzolo, de Global Commodity Analytics and Consulting.

(Avec AFP)

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