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Aston Martin continuera à fabriquer des modèles thermiques « aussi longtemps » que possible

latribune.fr

Publié le 11 avril 2024 à 13:37 - Mis à jour le 11 avril 2024 à 13:37

Aston Martin a retardé en début d'année le lancement de son premier véhicule 100% électrique à batterie à 2026 (Photo d'illustration).

Aston Martin a retardé en début d'année le lancement de son premier véhicule 100% électrique à batterie à 2026 (Photo d'illustration).

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Aston Martin continuera à fabriquer des modèles thermiques « aussi longtemps » que possible légalement, car la demande est là, a défendu son président dans des déclarations publiées dans la presse britannique, ce jeudi. De nombreux experts jugent l'interdiction de la vente de voitures thermiques neuves, prévue en 2035, irréaliste pour le continent.

Aston Martin ne se résout pas à anticiper l'interdiction de vendre des véhicules thermiques, à partir de 2035, au sein de l'Union européenne. « Nous continuerons à fabriquer des moteurs à essence aussi longtemps que nous serons autorisés à les fabriquer. Il y aura toujours une demande, même si cette demande diminuera », a assuré le président exécutif du conseil d'administration du constructeur de luxe, le milliardaire canadien Lawrence Stroll.

Aston Martin a retardé en début d'année le lancement de son premier véhicule 100% électrique à batterie à 2026, contre un objectif précédent de 2025. Et les premières livraisons aux clients devront attendre 2027. Le patron a également fait part de son intention d'investir de façon bien plus importante dans les véhicules hybrides rechargeables, dont il estime qu'ils joueront un rôle plus longtemps que ce qui était initialement envisagé, jusqu'au milieu des années 2030, selon lui.

Aston Martin ralentit son virage vers l'électrification

Le constructeur a annoncé le mois dernier avoir débauché le PDG de Bentley, Adrian Hallmark, pour qu'il devienne son nouveau directeur général et qu'il accompagne son virage vers l'ultra-haut de gamme. Il remplacera d'ici octobre Amedeo Felisa, arrivé en 2022 de Ferrari. En 2023, Aston Martin a divisé par deux sa perte grâce à une montée en gamme vers les véhicules personnalisés et à des prix « record ». Le constructeur britannique a vu son chiffre d'affaires augmenter de 18% sur un an, à 1,6 milliard de livres.

Sauvée de la faillite début 2020 Lawrence Stroll, devenu président exécutif, la marque cherche désormais à évoluer encore davantage vers le luxe, même si elle ralentit son virage vers l'électrification.

Une stratégie qui fait écho aux propos de Jean-Dominique Senard, président du conseil d'administration du groupe Renault, invité de La Tribune en juillet, à l'occasion des Rencontres économiques d'Aix-en-Provence. Il soulignait alors ne pas anticiper la disparition du moteur thermique de sitôt, soutenant qu'il continuerait « à vivre dans le monde entier pendant au moins 70 ans, nous voulons garder la capacité de fournir ce marché dans les meilleures conditions possibles environnementales. »

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Moins de 30% des Européens se disent prêts à acheter un véhicule électrique

L'engouement des clients, lui, se fait désirer : la croissance des ventes de voitures électriques a ralenti au mois de février dans l'Union européenne, selon les chiffres publiés par l'Association des constructeurs (ACEA). Après deux ans de forte progression, les électriques voient leur part de marché stagner à 12% en février, contre 14,6% sur toute l'année 2023.

Secrétaire générale de l'Association, Sigrid de Vries évoque son « inquiétude ». Moins de 30% des Européens se disent prêts à acheter un véhicule électrique, selon l'ACEA, et plus de la moitié exclue de dépenser plus de 35.000 euros pour une voiture, un niveau de prix où les modèles électriques sont rares.

«L'échéance 2035, c'est vraiment demain, surtout lorsqu'on parle de cycles de production. Nous n'avons que dix ans pour passer de 15% (de véhicules propres) à 100%», soulignait la secrétaire générale lors d'une conférence sur la voiture électrique la semaine dernière à Lillestrøm, près d'Oslo.

Pays hôte de la conférence - et gros producteur d'hydrocarbures - la Norvège, qui n'est pas membre de l'UE, fait figure de modèle. Grâce à des taxes très favorables, l'électrique, tiré par le constructeur Tesla, y a représenté 90% des nouvelles immatriculations au premier trimestre, le royaume s'étant fixé l'objectif d'atteindre 100% dès 2025. Des constructeurs comme Volkswagen et Volvo ont déjà cessé d'y commercialiser leurs modèles thermiques.

Ailleurs, l'électrification est plus poussive. Le Royaume-Uni a décalé de cinq ans l'interdiction de la vente de voitures thermiques neuves, de 2030 à 2035, et beaucoup jugent cette échéance irréaliste pour le continent. Parmi les freins évoqués par les professionnels : la difficulté à déployer les infrastructures adéquates rapidement et partout. Dans l'UE, plus de la moitié des points de recharge sont aujourd'hui concentrés dans deux pays, l'Allemagne et les Pays-Bas, relève l'ACEA.

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Autres griefs, l'empilement des réglementations -jusqu'à neuf par an - au niveau européen et l'inconsistance des politiques nationales qui pourrait être encore exacerbée par la montée des mouvements populistes, généralement climato-sceptiques. « Avec les élections européennes à haut risque qui approchent », prévient Sigrid de Vries, « ce qui se passera dans les prochains mois pourrait vraiment déterminer le destin de l'industrie automobile européenne ».

(Avec AFP)

latribune.fr

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