Automobile : « Le moteur thermique va continuer à vivre pendant au moins 70 ans » (Jean-Dominique Senard, Renault)

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Les constructeurs automobiles sont-ils prêts à amorcer la transition écologique ? Fin mars, les 27 États membres de l'Union européenne ont validé la fin des moteurs thermiques dans les voitures neuves à partir de 2035. A cette échéance, les véhicules neufs ne pourront plus émettre aucun CO2 en roulant. De fait, le texte interdit ainsi les véhicules essence, diesel et hybride, au profit du 100% électrique. Ce texte s'inscrit dans l'objectif européen de neutralité carbone en 2050. Les constructeurs n'ont d'autre choix que de s'adapter.
Invité de La Tribune ce samedi, à l'occasion des Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, Jean-Dominique Senard, président du conseil d'administration du groupe Renault, reconnaît que la transition écologique est, à de nombreux égards, « extraordinaire ».
De là à abandonner le moteur thermique de manière définitive dans les années à venir ? Jean-Dominique Senard n'anticipe pas la disparition de celui-ci de sitôt.
Le président du conseil d'administration du groupe Renault explique ainsi avoir conservé l'hybride et le thermique, et amorcer une phase de recherche et développement « sur les carburants alternatifs » avec des partenaires, sur l'hydrogène notamment, afin de répondre aux consommateurs qui seront encore équipés de véhicules hybrides ou à moteur thermique. Jean-Dominique Senard s'est, d'ores et déjà montré, très optimiste sur le sujet.
Soit donc en 2027 ou 2028.
De quoi relativiser la transition du secteur automobile vers le tout-électrique ? « Cela signifie qu'en 2035, ce ne sera pas la voiture électrique en Europe », a aussitôt réagi l'économiste Jean Pisani-Ferry, également présent ce samedi au micro de La Tribune.
Pour Jean-Dominique Senard, les conditions permettant d'aller pleinement vers le 100% électrique ne sont pas réunies à ce stade. De fait, les défis permettant le passage au 100% électrique sont nombreux et conséquents : technologique, financier, énergétique, mais aussi et surtout, en termes d'approvisionnement des matières premières. Pékin a annoncé, lundi, que les exportations de gallium et germanium seront soumises à l'aval du gouvernement.
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De quoi faire frissonner l'Europe, et ses industriels, puisque la Chine produit l'essentiel des métaux précieux et des terres rares, des minerais cruciaux pour le développement de nombreuses technologies. « Je ne suis pas absolument certain qu'on ait anticipé les crises géopolitiques : je pense qu'on ne les a pas anticipées du tout, assène Jean-Dominique Senard auprès de La Tribune. Cela demande une diplomatie de la matière première. Les guerres du futur sont des guerres de matières premières. »
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