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Tesla : un tribunal annule 56 milliards de dollars de rémunération accordés à Musk

latribune.fr

Publié le 31 janvier 2024 à 06:27 - Mis à jour le 31 janvier 2024 à 06:28

Le plan de rémunération prévoyait de remettre à Elon Musk des actions Tesla en fonction de l'atteinte de plusieurs objectifs sur dix ans.

Le plan de rémunération prévoyait de remettre à Elon Musk des actions Tesla en fonction de l'atteinte de plusieurs objectifs sur dix ans.

POOL

Le Quotidien Numérique

05 juin 2026

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La justice américaine a tranché en faveur d'un actionnaire de Tesla qui demandait l'annulation d'un plan de rémunération accordé en 2018 au patron Elon Musk, estimé à 56 milliards de dollars. Les deux parties devront maintenant « discuter entre elles pour établir une décision finale destinée à mettre en œuvre ce jugement » et « à mettre un terme à cette affaire au niveau du procès ».

« L'homme le plus riche du monde a-t-il été trop payé ? » C'est la question à laquelle la juge d'un tribunal de l'Etat du Delaware a répondu après une plainte d'un actionnaire de Tesla qui demandait l'annulation d'un plan de rémunération accordé en 2018 à Elon Musk, estimé à 56 milliards de dollars. C'est 250 fois la rémunération moyenne de ses pairs.

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Sa réponse, étayée dans un document de plus de 200 pages, n'a pas plus au milliardaire : elle a en effet tranché en faveur du plaignant, « fondé à avoir une annulation ». « N'installez jamais le siège de votre société dans l'Etat du Delaware » a réagi dans la foulée sur X, qui lui appartient, Elon Musk.

Les actionnaires ont reçu des informations «erronées» et «trompeuses»

La magistrate précise que les parties doivent désormais « discuter entre elles pour établir une décision finale destinée à mettre en œuvre ce jugement » et « à mettre un terme à cette affaire au niveau du procès ». Surnommé  par la juge le « Superstar CEO » (patron superstar), Elon Musk détenait à l'époque 21,9% du capital de Tesla mais était celui qui en avait vraiment le contrôle. La juge considère que les actionnaires ont reçu des informations « erronées » et « trompeuses » au sujet du conseil d'administration et du comité de rémunération - dont plusieurs membres étaient des proches du milliardaire depuis 15 à 20 ans - en amont de l'assemblée générale au cours de laquelle le plan a été approuvé.

Le plan de rémunération prévoyait de remettre à Elon Musk des actions Tesla en fonction de l'atteinte de plusieurs objectifs sur dix ans. Selon le plaignant, l'homme d'affaires a dicté ses termes aux administrateurs qui, au vu de leurs relations avec lui ou de leurs intérêts personnels, n'étaient pas suffisamment indépendants pour s'y opposer. Et ce alors qu'il ne travaillait pas à temps plein pour Tesla dans la mesure où il était aussi à la tête de la société spatiale SpaceX et des startup Neuralink et The Boring Company. Il a également racheté le réseau social Twitter, qu'il a rebaptisé X.

«Nous sommes extrêmement reconnaissants de la décision minutieuse et extrêmement bien raisonnée du tribunal de renverser le plan de rémunération ridiculement surdimensionné de Tesla», a commenté Greg Varallo, l'un des avocats principaux des plaignants, cité dans la déclaration du cabinet. Cela se fera «au profit des investisseurs de Tesla, qui vont voir la dilution générée par ce gargantuesque plan être effacée», a-t-il poursuivi.

Des audiences se sont déroulées en novembre 2022, au cours desquelles Elon Musk est allé défendre cet énorme plan de rémunération. « La probabilité de survie (du groupe) était extrêmement basse », avait alors rappelé le multi-entrepreneur, assurant que le constructeur était en 2018 tout près de la faillite. Il avait assuré ne pas avoir participé à l'élaboration du plan, même si des documents montrés en audience ont suggéré qu'il en avait parlé avec des membres du conseil d'administration et avec des cadres. Vers 01H30 heure de Paris mercredi, l'action Tesla perdait 2,89% dans les échanges électroniques après la clôture de la Bourse de New York.

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De nouvelles zones de turbulences pour Tesla

Voilà donc une nouvelle prise négativement pour les investisseurs de Tesla et ce, alors que le constructeur traverse déjà des turbulences. Le groupe a prévenu la semaine dernière que le rythme de croissance des volumes allait ralentir en 2024, dans l'attente du lancement « le plus tôt possible » de la prochaine génération de ses véhicules. Tesla a annoncé le 3 janvier avoir livré dans le monde 484.507 véhicules électriques au quatrième trimestre 2023, et 1,81 million sur l'ensemble de l'année (+38% sur un an). Si l'entreprise a conservé sa première place mondiale sur l'année, l'entreprise américaine a été doublée par le chinois BYD sur le dernier trimestre (526.409 véhicules électriques livrés entre octobre et décembre, et 1,57 million en 2023).

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Avec Neuralink, Elon Musk veut « rendre la vue aux aveugles », un premier implant cérébral posé sur un patient

L'actualité n'est cependant pas que négative pour Elon Musk. Ce dernier a annoncé lundi que la start-up Neuralink, dont il est cofondateur, avait posé dimanche son premier implant cérébral sur un patient. Son implant, de la taille d'une pièce de monnaie, a déjà été placé dans le cerveau d'un macaque, qui a réussi à jouer au jeu vidéo « Pong » sans manette ni clavier. « Les premiers résultats montrent une activité neuronale prometteuse », a écrit Elon Musk sur X (ex-Twitter), au sujet de l'implant sur un patient.

Fondée en 2016, Neuralink est loin d'être la première à installer un implant cérébral, aussi appelé interface cerveau-machine (ICM), sur un humain. En septembre, l'entreprise néerlandaise Onward avait annoncé qu'elle testait le couplage d'un implant cérébral à un autre stimulant la moelle épinière, dans le but de permettre à un patient tétraplégique de retrouver de la mobilité. Dès 2019, des chercheurs de l'institut grenoblois Clinatec avaient présenté un implant permettant, une fois posé, à une personne tétraplégique d'animer un exosquelette et de remuer les bras ou de se déplacer. Neuralink dit vouloir, elle aussi, faire remarcher les patients paralysés, mais aussi rendre la vue aux aveugles et même guérir des maladies psychiatriques comme la dépression. Elon Musk ambitionne aussi de proposer son implant à tous, afin de permettre de mieux communiquer avec les ordinateurs et de contenir, selon lui, le « risque pour notre civilisation » que fait peser l'intelligence artificielle.

(Avec AFP)

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