Novo Nordisk est un cas unique. Le 4 septembre 2023, ce laboratoire pharmaceutique danois fondé un siècle plus tôt est devenu la première capitalisation boursière d'Europe. Avec une valorisation de 400 milliards d'euros, cette entreprise relativement méconnue hors de son secteur a remplacé le champion mondial du luxe LVMH à la tête du classement. Cette capitalisation a doublé en moins de deux ans. Quadruplé depuis quatre ans. Plus incroyable encore, elle dépasse désormais le produit intérieur brut du Danemark. Un pays qui serait aujourd'hui en récession sans le chiffre d'affaires réalisé par cette pépite nationale : au premier semestre, la croissance a atteint 1,7 %. Sans Novo Nordisk, elle aurait été négative, à -0,3 %.
Une performance hors norme, d'autant plus que ce géant de la pharmacie, qui emploie 59 000 personnes dans 80 pays, a un profil et un passé très éloignés de ceux des multinationales du « Big Pharma », habituées des méga-fusions, des changements abrupts de stratégie et des valses de dirigeants. Fondé par un couple de médecins, August et Marie Krogh (lui a obtenu le prix Nobel de médecine en 1920, elle a été la quatrième Danoise à être diplômée de médecine), le laboratoire s'est consacré depuis ses origines au traitement du diabète en produisant et en commercialisant de l'insuline. Autre originalité, Novo Nordisk appartient à une fondation à but non lucratif (comme Ikea, Bertelsmann ou le conglomérat indien Tata Group), qui détient la majorité des droits de vote. Et n'a connu qu'une poignée de PDG en cent ans d'existence.