Retraites : camouflet du patron du Medef à Macron qu'il n'estime plus légitime pour mener la réforme

C'est un véritable camouflet que Geoffroy Roux de Bézieux vient d'infliger au président de la République, lui qui juge dans une interview qu'Emmanuel Macron n'a plus le "capital politique" pour conduire et aboutir une réforme aussi importante que celle des retraites. Il estime que c'est un débat pour la présidentielle voire un sujet pour le prochain président de la République. En revanche, le dossier qu'il faudrait absolument boucler rapidement pour lui, c'est celui de la réforme de l'assurance-chômage.
Jérôme Cristiani

4 mn

Photo d'illustration: le 1er juin 2021, Geoffroy Roux de Bézieux invité à la Convention sur la souveraineté économique organisée à Paris par Les Républicains (LR), avait notamment exprimé une mise en garde: « L’État doit trouver sa juste place dans l’économie. En général, quand l’État veut être l’entrepreneur, ça se termine assez mal. »
Photo d'illustration: le 1er juin 2021, Geoffroy Roux de Bézieux invité à la Convention sur la souveraineté économique organisée à Paris par Les Républicains (LR), avait notamment exprimé une mise en garde: « L’État doit trouver sa juste place dans l’économie. En général, quand l’État veut être l’entrepreneur, ça se termine assez mal. » (Crédits : Reuters)

C'est violent pour le président de la République: ce matin, au lendemain de l'épisode de Tain, Geoffroy Roux de Bézieux a envoyé un camouflet politique à Emmanuel Macron en estimant, dans une interview donnée aux Echos, que, pour faire aboutir une réforme aussi importante que celle des retraites,  "il faut un capital politique" et que ce temps-là "est passé depuis 2017".

Alors qu'Emmanuel Macron a remis sur la table la possibilité de relancer ce chantier explosif, le patron des patrons, qui envisage une désindexation des pensions de l'inflation et un relèvement de l'âge de départ à 64 ans, estime lui ce mercredi que la question de la réforme des retraites ne doit pas être traitée dans l'urgence et qu'au contraire, il faut en faire un sujet de débat pour la présidentielle:

"Pour faire cette réforme, il faut un capital politique. Le temps est passé depuis 2017. Pour moi, c'est un débat de la présidentielle, il faut que tous les candidats se positionnent."

Non à une "réforme-rustine en trois mois", non à la précipitation

"C'est la seule réforme sociale qui touche tout le monde. Elle a donc besoin d'une légitimité démocratique. Par contre, il faudra agir dès septembre 2022, sans attendre", a encore fait valoir le patron des patrons

Surtout, ne pas se précipiter, explique Roux de Bézieux qui met en garde le président contre une "réforme-rustine en trois mois, sinon il faudra y revenir après la présidentielle. Et les Français n'y comprendront rien".

Les trois options du Medef pour équilibrer le système de retraites

Face au déficit du système des retraites, finalement moins important que prévu après la crise sanitaire mais dont le besoin de financement s'élève entre 7 et 10 milliards d'euros par an, Geoffroy Roux de Bézieux envisage trois options pour un retour à l'équilibre financier.

  • 1. HAUSSE DES COTISATIONS
    La première, c'est "la hausse des cotisations mais, là, c'est l'emploi qui va trinquer", a-t-il prévenu sur RMC.
  • 2. DÉSINDEXATION DES PENSIONS
    La deuxième, c'est "la désindexation des pensions. Je ne pense pas absurde que, alors que les retraités ont été protégés pendant cette crise et que c'est plutôt les jeunes qui ont trinqué, on leur demande un effort temporaire. Ça dépend aussi de l'inflation", a-t-il ajouté.
  • AUGMENTATION À 64 ANS DE L'ÂGE DE DÉPART
    "Et puis, il y a l'âge", a encore dit le président du Medef, précisant que "c'est probablement 64 ans".

Un défi de fin de mandat pour Emmanuel Macron

Début juin, le chef de l'État a alimenté les spéculations en réaffirmant qu'il devra prendre des décisions "difficiles" pour que la dernière année du quinquennat soit "utile".

Sur le dossier des retraites, il a souligné que "rien n'est exclu", mais que la réforme "très ambitieuse" - même si "porteuse d'inquiétudes" - qui était sur les rails avant d'être fauchée net par la crise du Covid, ne pourra pas être "reprise en l'état".

"Folie", "erreur"... les syndicats, alliés objectifs du Medef

Dans la foulée, les syndicats ont mis en garde le gouvernement contre l'adoption avant 2022 d'une réforme des retraites.

"C'est juste une folie", a ainsi estimé le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, tandis que son homologue de la CGT Philippe Martinez a estimé qu'il s'agirait "d'une erreur".

Ce que veut vraiment le Medef

En réalité, le patron du Medef estime qu'il y a d'autres urgences : si la réforme des retraites peut attendre, ce n'est, entres autres, pas du tout le cas de la réforme de l'assurance-chômage:

"La réforme de l'assurance-chômage est plus urgente que celle des retraites", a notamment plaidé Geoffroy Roux de Bézieux dans Les Echos.

"Parmi les difficultés de la reprise, il y a le recrutement. Il faut aussi régler le problème de la gouvernance du régime avant la présidentielle."

Quelques jours auparavant, Geoffroy Roux de Bézieux, lors de la Convention sur la souveraineté économique organisée par Les Républicains (LR), le 1er juin 2021 à Paris, avait notamment exprimé une mise en garde:

« L'État doit trouver sa juste place dans l'économie. En général, quand l'État veut être l'entrepreneur, ça se termine assez mal. »

(avec AFP)

Jérôme Cristiani

4 mn

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Commentaires 31
à écrit le 11/06/2021 à 20:51
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A quand le plafonnement de la durée du versement des allocations retraites? En effet, quoi qu'en pensent nos gérontocrates le système pyramidal des retraites est une allocation chômage pour vieux gaillards! Inutile d'augmenter jusqu'à la mort...

à écrit le 10/06/2021 à 10:32
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Une réforme nécessaire parmi d'autres, c'est de passer progressivement vers la création d'un fond de pension qui nous permettra de reprendre possession de notre industrie au lieu de laisser les bénéfices aux fonds de pension étrangers. Ce sera l'outi...

le 10/06/2021 à 11:59
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Vous pensez toujours que les États vont reprendre leur souveraineté au dépend des multinationales?

à écrit le 10/06/2021 à 10:31
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Une réforme nécessaire parmi d'autres, c'est de passer progressivement vers la création d'un fond de pension qui nous permettra de reprendre possession de notre industrie au lieu de laisser les bénéfices aux fonds de pension étrangers. Ce sera l'outi...

à écrit le 10/06/2021 à 10:06
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Je n'ai jamais compris pourquoi les chômeurs n'avaient pas accès à la base de donnée des personnes qui comme eux se trouvaient au chômage ! Ex : Un électricien au chômage, qui veut monter une société d'électricité avec d'autres chômeurs électricien...

à écrit le 10/06/2021 à 9:46
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"légitimité démocratique" Étant toujours marrant à entendre de la bouche venant de gens qui ont validé le putsch du traité de Lisbonne ! "Ah oui mais là c'est pas pareil hein !" ^^

à écrit le 10/06/2021 à 9:16
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"Non c'est moi le meilleur serviteur des multimilliardaires !" "Nan c'est moi !" Mais qu'est-ce qu'ils sont nuls pas étonnant que la France coule... -_- Vite un frexit il serait temps de retrouver des dirigeants un minimum compétents.

à écrit le 10/06/2021 à 0:05
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On peut avoir une autre lecture sur la réaction du patron des patrons. Le climat des affaires semble être bien réparti ( IDE bien orientés en dépit de la crise, relocalisations en cours, accroissement des cadences pour Airbus, regain d'optimisme ds l...

à écrit le 09/06/2021 à 19:35
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L’UMP a donné carte blanche au Médef depuis plus de 15 ans maintenant ça suffit , il faut revenir à des réalités et des vrais valeurs ancré autour des valeurs du travail et du respect des salariés . Déjà cette crise a fortement déstabiliser le monde...

à écrit le 09/06/2021 à 19:13
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Quelle est la légitimité du politique pour régler les problèmes des retraites, de l'assurance maladie et de l'assurance chômage? Il n'y en a pas: seule le guide la perspective de l'élection et les avantages qu'il peut en tirer; d'ailleurs, il n'a pas...

à écrit le 09/06/2021 à 18:44
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Le Medef n'est pas à l'aise entre des positions irréconciliables.. Je crois qu'ils ont montré leurs accords sur la politique du "quoi qu'il en coute", et que la plupart de leurs adhérents ne sont pas en faveur de conserver les vieux bien payés jusqu'...

à écrit le 09/06/2021 à 17:51
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Il y a une quatrième solution : augmenter le nombre de cotisants en réduisant le chômage. Ca fera plus de cotisations. Embauchez car ceux qui ont du travail en ont trop et il y a trop de chômeurs.

le 09/06/2021 à 22:57
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Et si vous montiez une boîte et que vous embauchiez ! Cela vous apprendra au moins les rudiments de l'économie en mettant en oeuvre votre quatrième solution.

à écrit le 09/06/2021 à 16:53
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Et puis, il y a l'âge", a encore dit le président du Medef, précisant que "c'est probablement 64 ans". N'oublions pas le nombre de trimestre qui progresse aussi régulièrement mais plus discrètement : Année de naissance : 1955 - 1957 166 trimestr...

à écrit le 09/06/2021 à 16:21
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Légalement élue, il n'a pas été réellement reconnue comme légitime par les GJ entre autre, mais il n'est pas trop tard, pour ceux qui attendaient "un résultat" de le reconnaître!

à écrit le 09/06/2021 à 14:19
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le seul légitime c'est celui qui est élu par le peuple de France, personne d'autre M. de..... !

le 09/06/2021 à 15:46
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La légitimité de celui qui est élu par le peuple, c'est de respecter sa parole, et il ne me semble pas que cela soit le cas !!! Et puis lorsque l'on est désigné a la fonction présidentielle, ce n'est pas pour servir des groupements économiques ou de...

le 10/06/2021 à 3:04
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Le seul pouvoir, c'est celui de l'argent. Il achete tout.

à écrit le 09/06/2021 à 13:45
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il faut une réforme, certes, mais pour plus de justice et moins d'inégalité. Les pensions versées doivent permettre de vivre, non de survivre, surtout pour les ceux des classes populaires qui ont bossé dur et ont été très mal rémunérés ces 30 derniè...

à écrit le 09/06/2021 à 13:11
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Le sketch de la baffe est un coup de maître ! Plan n°1: Il sort d'une voiture en courant comme une rock star (bande son: les chariots de feu) , poursuivi par les gardes du corps qui jurent dans leurs micros... Plan n°2: arrivé à la barrière, il joi...

à écrit le 09/06/2021 à 12:48
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Quel aveu. Le boss du medef qui enfonce le freluquet de l'elisier. Le pays va tres mal.

à écrit le 09/06/2021 à 12:41
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A été magistralement résumé pour le magazine "Challenges" par un ancien dirigeant de ce qui s'appelait à l'époque le CNPF: « Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. […] Il est grand temps de le réformer. ...

à écrit le 09/06/2021 à 11:21
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Geoffroy Roux de Bézieux comme Macron et son gouvernement tremblent de se frotter à la caste des syndicats du public/territoriale et aux fonctionnaires pour réformer leur retraite très inégalitaire avec la société civile dont les départs sont en moye...

le 09/06/2021 à 13:06
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Pour rappel 1 : Pour la police, c'est 52 ans, contre 65 ans en Allemagne. Pour rappel 2 : ce ne sont pas les syndicats qui sont responsables de la crise des subprimes , de la crise de la COVID19, de la crise internet de 2020, de la privatisation ca...

le 09/06/2021 à 13:07
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Pour rappel 1 : Pour la police, c'est 52 ans, contre 65 ans en Allemagne. Pour rappel 2 : ce ne sont pas les syndicats qui sont responsables de la crise des subprimes , de la crise de la COVID19, de la crise internet de 2002 (correction), de la pri...

le 09/06/2021 à 19:07
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Faut arrêter de raconter des conneries sur les fonctionnaires, même age de départ 62 ans et même nombre de trimestre. Un calcul basé sur les 6 derniers mois car les primes qui représentent 30 pour cent de la rémunération ne sont pas prises en compte ...

à écrit le 09/06/2021 à 10:52
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Quand les héritiers des entrepreneurs du siècle passé veulent être l'État ça se termine assez mal aussi. Trump en est un bon exemple et son parti n'a probablement pas le même nom que celui des membres du Medef pour rien

à écrit le 09/06/2021 à 10:38
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Cela fait 20 ans qu il y a toujours de bonne raison de repousser la réforme... La gestion paritaire a été inneficace comme pour l assurance chômage..... La France est une perdante de la mondialisation ( cf déficit commercial) plus aucune entreprise...

à écrit le 09/06/2021 à 10:21
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le job 1er du president et du ministre des finances et la reindustrialisation de la france. le sabordage de la reforme des retraites est a leur actif reformer sans preparation sans etude sans meme calculer les degats est un scandale un travail d'am...

à écrit le 09/06/2021 à 9:59
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En France on prend toujours les sujets à l envers : comment demandez aux salariés de travailler plus quand sur le n marché de l emploi on vous éjecte des 55-60 ans .. mR Béziers de roux pouvez vous nos expliquer cette anomalie? La réforme doit conce...

à écrit le 09/06/2021 à 9:39
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Ca ça s'appelle un pandanlag. Alors Juju, toujours aussi fiérot.

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