Auchan fait les yeux doux aux PME

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Auchan prévoit de réaliser 30% de son chiffre d'affaires avec des produits fournis par des PME.
Auchan prévoit de réaliser 30% de son chiffre d'affaires avec des produits fournis par des PME. (Crédits : © Pascal Rossignol / Reuters)
Le groupe de distribution réalise en France plus d’un quart de son chiffre d’affaires grâce aux produits fournis par des PME. Il est le premier à avoir signé une convention avec une fédération de fournisseurs représentant les PME.

Auchan, nouveau champion des PME? Quelque 28% du chiffre d'affaires du groupe de distribution en France l'an dernier était réalisé grâce aux ventes de produits fabriqués par des entreprises enregistrant moins de 250 millions d'euros de volume d'affaires annuel. Un chiffre divulgué par Emmanuel Zeller, directeur de la communication en charge de la coopération du groupe.

Ce poids des PME (françaises ou non) dans les résultats du groupe en France serait même plus important que chez ses rivaux. Du moins c'est ce qu'indique le cabinet Nielsen qui dévoile un "podium" des distributeurs qui vendent le plus de produits de PME (marques de distributeurs compris). Sur celui-ci, Auchan est suivi de Monoprix puis du groupe Provera (Cora et Match) qui accordent le plus de place à ces produits et en tirent le plus de recettes.

"C'est la première fois que nous sommes sur le podium du chiffre d'affaires PME. Nous ne savons pas vraiment pourquoi, hormis le fait qu'Auchan, en tant qu'entreprise décentralisée, laisse donc la possibilité de référencer des fournisseurs de façon très locale, donc par définition ce mécanisme doit aider à référencer des TPE et des PME mais c'était la seule chose que nous avions organisé", précise Emmanuel Zeller.

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Forte progression chez Carrefour

"En terme de dynamique, l'évolution du poids des PME dans le chiffre d'affaires, c'est Carrefour hypermarché et Carrefour Market qui se retrouvent sur les premières marches suivi par Système U", indique de son côté Sébastien Monard, directeur marketing chez Nielsen. Ni le poids réel des PME pour chacun de ces autres acteurs, ni leur évolution ne sont précisés.

Globalement, sur les 100 milliards d'euros de chiffre d'affaires total cumulé au cours des douze derniers mois - générés par la vente de produits de grande distribution - 21,6 milliards reviennent à des petites et moyennes entreprises.

Minoritaires, elles participent à tirer la croissance du secteur.  Ainsi dans les catégories alimentaires, la croissance du marché des produits de grande consommation est générée à plus de 80% par des PME. En valeur, la progression totale du marché des produits de grande consommation dans les grandes surfaces reste modérée (+1%).

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Elle s'explique d'abord mécaniquement par la croissance démographique qui contribue à une augmentation des volumes vendus. Ensuite, les prix eux-mêmes ont légèrement augmenté au cours des douze derniers mois par rapport à l'année précédente (+0,4%). Certes, la guerre des prix a encore produit ses effets: les prix sur l'étiquette pour les mêmes produits dans les mêmes magasins se sont réduit de 1,8%, surtout sur les marques dites nationales (Coca-Cola, Danone etc.) qui ont par ailleurs pratiqué davantage de promotions.  Mais les arbitrages des consommateurs compensent cette déflation (+2,2% en 2014). Ils ont en effet choisi de placer dans leur panier de courses davantage de produits plus onéreux (nouveautés, produits locaux, bio etc).

Prochain round de négociations

Ces données étaient dévoilées à l'occasion d'une conférence organisée le 6 octobre par la FEEF, (Fédération française des entreprises et entrepreneurs de France), qui espère signer des conventions avec les grands distributeurs pour organiser les négociations commerciales à venir. Toujours musclées, ces négociations sont marquées depuis l'année dernières par des alliances entre grands distributeurs visant à peser plus lourd face aux fournisseurs. Auchan vient justement de signer un nouveau rapprochement avec l'allemand Metro, mais pour les achats de marques nationales.

Les PME quant à elles devraient être exclues de son rapprochement avec Système U. Malgré la surprise apparente que représente sa première place sur le podium pour le groupe, des objectifs stratégiques les concernant sont bel et bien définies. Ainsi, le groupe compte même faire grimper à 30% leur poids dans ses recettes.

Trésorerie et variation des cours

Il est également le premier a avoir signé une convention avec la FEEF qui espère éviter que les petites entreprises soient soumises aux mêmes conditions que les grandes marques lors des négociations. Cet accord comporte sept engagements qualifiés de "pragmatiques" par les signataires, comme celui de réduire les délais de paiement afin qu'ils soient encore plus rapides que le minimum légal et s'adaptent aux problématiques de trésorerie tendues des fournisseurs.

Dans l'alimentaire, il est en outre question de prévoir de nouvelles négociations en cas d'évolution des cours des matières premières. "Quand les cours varient à la hausse comme à la baisse on se revoit", détaille Emmanuel Zeller. Une option déjà prévue par la loi Hamon. Ce point s'est révélé particulièrement crucial cet été quand les turbulences sur les cours du porc et du lait ont provoqués des mouvements de colère chez les agriculteurs.

Opérations de communication?

Ces mouvements ont été l'occasion pour les distributeurs d'afficher leurs efforts en matière de mise en avant des productions alimentaires locales, par conséquent de celles de petites entreprises locales. Efforts, qui, aux dires de certains fournisseurs, se bornent à de simples opérations de communication.

Pour l'heure, une seule enseigne a signé une convention avec la Feef. Cette dernière dit être en passe de signer des conventions qui concerneront la moitié des centrales d'achat. "Il y a aussi des enseignes qui vont aller moins vite parce qu'elles ont des organisations plus lourdes.", confie Dominique Amirault, le président de cette fédération.  Mais quelle garanties que ces engagements non contraignants soient suivis d'effet? "Si ce n'est qu'un exercice de communication on ne signera pas", affirme le responsable, qui se dit prêt à "attendre un an s'il le faut" et compte sur l'émulation dans un secteur très compétitif pour convaincre les autres.

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Commentaires
a écrit le 11/11/2015 à 17:57 :
Il faut revoir vos sources, Cora appartient au groupe carrefour si'l sont dan sle top il faut donc parler du groupe carreour et pas de Cora qui n'est qu'une de leurs enseignes, non ?

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