EasyJet : "Le rebond du trafic aérien sera exceptionnel et fort" (Johan Lundgren, CEO)
Fabrice Gliszczynski
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Johan Lundgren, directeur général d'EasyJet.
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Johan Lundgren, directeur général d'EasyJet.
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LA TRIBUNE - Le 17 novembre prochain, EasyJet va présenter ses résultats financiers 2019-2020, clos fin septembre. Le 8 octobre, vous indiquiez que le résultat avant impôts serait négatif pour la première fois depuis la création de la compagnie en 1996, avec une perte avant impôt qui se situera entre 815 et 845 millions de livres. Vous avez également annoncé que seules 25% de vos capacités en sièges seront mis en ligne au cours du trimestre en cours (octobre-décembre). Sur quelles hypothèses de trafic avez-vous défini ce programme?
JOHAN LUNDGREN - Nous ne pouvons donner d'autres éléments que ceux que nous avons déjà communiqués aux marchés. Ce que je peux dire, c'est que la situation est très incertaine et que nous manquons de visibilité comme l'ensemble du secteur. Il y a une grande incertitude sur les prises de réservations en raison de l'impact sur la demande du renforcement des restrictions de voyages qui accompagnent la propagation du Covid-19 en Europe. Le problème aujourd'hui n'est pas tant un problème de manque de demande que de restrictions de voyages. Lorsque celles-ci se lèvent, les gens voyagent.
Comment appréhendez-vous la saison hiver qui, dans le transport aérien, va débuter fin octobre pour s'achever fin mars?
Ce sera un hiver très très difficile. Pour rappel, nous avons cloué notre flotte au sol pendant 11 semaines entre fin mars et juin, avant de redémarrer notre activité au début de l'été pour assurer près de 40% de notre capacité en juillet et août. Cela n'a évidemment pas suffi pour compenser les pertes. C'est avec ce passif que nous allons entrer dans la saison hivernale, laquelle, traditionnellement, est déficitaire pour l'ensemble du secteur. Cette année, l'hiver sera encore plus difficile. Ce sera un défi pour toutes les compagnies.
Une guerre des prix est-elle à prévoir cet hiver ?
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En temps normal, les prix sont très très agressifs pendant cette période. Mais, quel que soit le prix des billets d'avion aujourd'hui, les gens ne voyageront pas car ils craignent d'être mis en quarantaine à leur arrivée à destination ou à leur retour. La baisse du trafic n'est pas liée à des tarifs trop élevés mais à l'incertitude qui pèse sur les passagers sur le bon déroulement de leur voyage. On aura beau baisser les prix, les gens ne partiront pas s'ils n'ont pas la certitude qu'ils ne seront pas placés en quarantaine à leur retour.
Fabrice Gliszczynski