La France et huit autres pays européens poussent Bruxelles à taxer davantage l'aviation

Photo d'illustration
Infographie La Tribune / Photo: Airbus

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Nouvel appel à davantage taxer le transport aérien en Europe. Trois semaines après les propos de Bruno Le Maire en faveur d'une taxe sur le kérosène en Europe, le ministre français de l'Économie et des Finances et huit homologues européens (l'Allemagne, l'Italie, les trois pays du Benelux, la Suède, le Danemark et la Bulgarie) ont exhorté la Commission européenne à proposer de nouvelles mesures pour cibler l'aviation, sans toutefois réclamer une taxe spécifique sur la pollution.
Initiée par les Pays-Bas qui fait le forcing depuis des mois sur ce dossier, cette déclaration commune intervient un mois avant l'entrée en fonction de la nouvelle Commission européenne présidée par l'Allemande Ursula von der Leyen.
Selon eux, le prix des billets d'avion pour les vols internationaux ne reflète pas suffisamment le coût moyen des émissions de CO2 et des conséquences négatives du transport aérien. La consommation des avions par passager aux 100 kilomètres est de seulement 1,9% pour les avions les plus efficaces.
Pour rappel, le transport aérien mondial représente entre 2% et 3% des émissions de CO2 dans le monde et le secteur s'est engagé à neutraliser ses émissions à partir de 2020 (par des mécanismes de compensation) avant de les réduire de 50% d'ici à 2050.
L'adoption d'une taxe à l'échelle de l'UE sera néanmoins compliquée à mettre en œuvre. Toutes les décisions en matière fiscale doivent être validées à l'unanimité des États-membres. Or, certains pays où le poids du tourisme est très important, comme l'Espagne ou la Grèce, sont réticents. Desservis massivement par les compagnies à bas coûts qui sont les plus menacées par une augmentation des taxes, ils craignent que la hausse des prix des voyages aériens freine le trafic et les prive de recettes.
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Quoi qu'il arrive, à défaut d'une taxe européenne, les Pays-Bas la mettront en place au départ de leurs aéroports en 2021. Bruno Le Maire a visiblement oublié qu'il y a quelques mois, la ministre de la Transition écologique et solidaire Élisabeth Borne, du temps où elle était secrétaire d'État aux transports, prenait de la distance par rapport au lobbying des Pays-Bas.
La mesure ne peut que faire bondir les acteurs du transport aérien français alors que la France va déjà mettre en place une écotaxe sur les billets d'avion le 1er janvier 2020.
Et de s'interroger sur le projet de taxation européenne: si cette taxe venait à voir le jour, s'ajoutera-t-elle à la nouvelle taxe française "au risque d'aggraver encore plus les écarts de compétitivité avec nos concurrents" ?
L'association des aéroports européens (ACI Europe) s'est engagée en juin dernier à ce que tous les aéroports européens arrivent en 2050 émissions de carbone produites dans le cadre des opérations d'exploitation aéroportuaire (côté ville et côté piste) au niveau zéro émission nette («net zero carbon emissions»).
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Pour aller plus loin, notre infographie:
AVIATION ET POLLUTION: les données du problème...
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[Cliquez sur l'image pour l'agrandir plein écran et zoomer sur les détails. Cette infographie est extraite de La Tribune Hebdo n°296 Édition spéciale Salon aéronautique du Bourget "Plus d'avions, moins de pollution : c'est possible !" Crédit photo: Airbus]