Sur l'A10, vous serez bientôt doublé par une Peugeot 3008 en mode "voiture autonome"

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(Crédits : DR)
"Danger, piéton à 1.000 mètres": l'alerte apparaît sur l'écran de la voiture lancée à pleine vitesse en mode autonome sur l'autoroute A10, mais le conducteur ne réagit pas. Pas de souci, l'ordinateur de bord veille.

Au volant, Vincent Abadie, chef de projet véhicule autonome du constructeur PSA, souligne l'importance d'avoir été prévenu en amont grâce à l'information transmise par Vinci Autoroutes, le gestionnaire de l'infrastructure. Après avoir ralenti, le SUV Peugeot 3008, un prototype bardé de capteurs, se range sur le côté droit et s'arrête complètement.

"Le but du jeu c'est bien que le conducteur reprenne la main, on lui donne le temps nécessaire pour le faire sans risque, mais si exceptionnellement il ne le fait pas, on va gérer et mettre le véhicule en sécurité", en cas de malaise par exemple, explique-t-il à des journalistes, lors d'une journée de tests sous un lourd soleil de juillet.

PSA, comme tous les constructeurs automobiles, prépare ses futurs modèles à pouvoir rouler partiellement de façon autonome sous certaines conditions. Pour le groupe français, "les technologies seront prêtes vers 2022-2023".

La réglementation devrait permettre de faire rouler ces véhicules dès 2021 en France. Le conducteur serait alors autorisé à lâcher le volant et même à ne plus regarder la route. La fonction sera accessible dans un premier temps sur autoroute et à "basse vitesse", "dans des situations d'embouteillage ou en trafic congestionné, jusqu'à environ 60 ou 70 km/h", explique l'ingénieur.

Ensuite, "l'idée c'est d'étendre progressivement le domaine de fonctionnement, pour couvrir toutes les vitesses sur autoroute de 0 à 130 km/h", ce qui devrait être possible à partir de 2025, prévoit M. Abadie.

Les véhicules autonomes arriveront plus tard sur "les voies rapides, et pourquoi pas des routes nationales ou départementales bien balisées". Mais, avant tout cela, il faudra faire évoluer le code de la route et les procédures d'homologation des véhicules.

Des infrastructures communicantes

 L'un des aspects clés sera l'adaptation des infrastructures qui devront à terme communiquer avec les véhicules, grâce à des solutions de télécommunications mobiles 5G qui autorisent des débits dix fois supérieurs à la 4G.

"Les constructeurs automobiles doivent pouvoir compter sur l'infrastructure", souligne Pierre Delaigue, directeur projet véhicule autonome Vinci Autoroutes. "On se prépare dès aujourd'hui à l'arrivée de véhicules autonomes et nos systèmes seront prêts avant", assure-t-il.

Le gestionnaire du réseau autoroutier du grand Ouest de la France (1.200 km de voies) centralise de nombreuses données sur les conditions de circulation.

Ses sources: les images des caméras installées aux points stratégiques, les boucles de comptage du trafic, les stations météo, ses fourgons patrouilleurs et les nombreuses informations transmises par les pompiers, les gendarmes et les automobilistes via les applications de navigation comme Waze ou Tom Tom...

Le véhicule de M. Abadie approche d'un péage alors que le conducteur a toujours ses mains loin du volant. Informée automatiquement sur des voies qui restent libres, la voiture se déporte toute seule pour franchir le barrage en évitant les files d'attente.

"Travaux dans 1.500 mètres" affiche plus tard l'écran du navigateur. Le véhicule approche de la zone à risque, ralentit à 110 km/h et se glisse sur la voie disponible pour contourner l'obstacle, avant de réaccélérer à 130 km/h.

"Il y a des choses que les capteurs d'environnement du véhicule", les caméras, radars et lasers, "vont découvrir un peu tard. Si on fait un freinage d'urgence à chaque fois qu'on a une zone de travaux, je pense que le client ne va pas aimer", concède M. Abadie en souriant. "Il faut que l'infrastructure vous donne ces éléments-là."

"L'élément clé, c'est la sécurité, et ce sont les constructeurs qui en sont garants", poursuit-il.

Pour valider et homologuer ces nouvelles technologies, ils devront respecter les normes de l'aéronautique, soit moins d'une défaillance matérielle sur un milliard d'heures de fonctionnement.

En théorie, cela signifie dix milliards d'heures de roulage, un chiffre irréaliste. Pour surmonter l'obstacle, les ingénieurs misent sur des simulations numériques, réservant les tests réels aux situations les plus complexes. Quelques millions de kilomètres seront tout de même nécessaires.

Avec ses 20 prototypes, PSA en a pour l'instant réalisé 200.000.

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Commentaires
a écrit le 20/07/2019 à 10:57 :
Le jour où des voitures "autonomes" et irresponsables, seront autorisée à circuler sur des voies publiques, empruntées par des automobilistes en chair et en ose, responsables de leur vie et de celles des autres, famille ou proches dans l'espace de circulation, je n'utiliserai plus ma voiture. Etre victime d'un être humain est une chose difficile mais faisant partie des risques acceptables, par contre, être victime d'un robot défectueux, est tout à fait horrible et inacceptable. C'est une question d'éthique et je ne comprends pas que ce ne soit pas évident pour tout le monde. Le progrès doit servir l'humanité et non pas l'asservir.
a écrit le 20/07/2019 à 10:50 :
Le véritable terme ne serait-il pas plutôt "voitures assistées" ? Vu les aménagements à effectuer sur les infrastructures. N'y a-t-il pas là un lobby à fort profit qui se profile ?...
a écrit le 20/07/2019 à 7:46 :
On aligne aujourd'hui le code de la route Français sur celui des américains. On aura alors plus de chance de voir des véhicules autonomes made in USA sur nos routes que des voitures françaises. On commence déjà a voir dans nos villes des courses-poursuites mortelles entre les forces de l'ordre et des délinquants routiers dignent des meilleurs séries TV américaine...
a écrit le 20/07/2019 à 2:17 :
C'est tres bien tout ca, mais pourra t- il telephoner sans etre verbalise ?
a écrit le 19/07/2019 à 22:25 :
Pour cela, il faudrait qu’il y ait des routes, entre les voie réservées bus qui empiète sur la BAU, puis celle pour les véhicules propres, plus les ZFE, puis vidéo verbalisation, puis les 37milliards d’impôts du carburant qui tombera plus, mais les gens ne rendent pas compte qu’il s’agit pour les banques ou le gouvernement de changer de paradigmes financier ( plus de propriétaires mobilité as à service) et la facilité d’interrompre et de stopper les véhicules à distance, il y aura plus d’embouteillages car le VA devra sans cesse tourner pour être rentable, le parking et le stationnement tue le bénéfices.
a écrit le 19/07/2019 à 22:16 :
Ces messieurs ont au moins 5 ans de retard sur tesla. Tesla fait déjà rouler des voitures en autonomie limitée mais qui lui permettent de couvrir des millions de km par jour et de tester ses logiciels.
Ces voitures sont déjà équipées de ce qu’il faut pour la conduite autonome, elles sont mêmes en vente libre.
Et tesla améliore ses logiciels régulièrement.
a écrit le 19/07/2019 à 17:39 :
De simple drone sans intérêt, a quand une bicyclette de ce type?
a écrit le 19/07/2019 à 13:40 :
""Les constructeurs automobiles doivent pouvoir compter sur l'infrastructure" : rien qu'à lire cette phrase, on sent tout de suite la fragilité de cette usine à gaz (un gilet jaune qui passe par là et hop, bonjour l'état de l'infrastructure !) !!
a écrit le 19/07/2019 à 10:30 :
Se faire doubler par une 3008, en excès de vitesse ? Les gens sont souvent au plafond, voire plus, de la vitesse maxi autorisée, on imagine qu'un tel véhicule respecte à la lettre les règles... 130 réels (GPS, et non compteur qui surestime(2-3km/h), par construction) pour 130 maxi.
Avoir des informations à distance peut être utile, j'ai souvent pesté en Suède sur les tronçons 100 (voie unique) qui passent à 70 d'un coup, j'aime décélérer pas freiner (usure, particules fines, anti-mécanique de dissiper l'énergie bêtement).
On peut imaginer une 3008 électrique autonome. J'ai lu que la mienne, 208, en électrique serait vers 31 000€, bigre, batterie vendue. Les systêmes embarqués réduiront l'autonomie du véhicule (de combien ?).
a écrit le 19/07/2019 à 10:24 :
Merci de prévenir quand et où se trouveront ces trucs qui en sont à deux morts qui n'ont rien demandé pour l'instant hein... Vous avez tous perdus la raison.

"Le commerce est l'école de la tromperie." Machiavel
Réponse de le 19/07/2019 à 13:16 :
Quels 2 morts ?
Ça ne concerne pas ce véhicule et ce système en particulier donc non cette voiture n'a pas fait de mort.
Avec une IA efficace, il n'y a aucune raison pour qu'un véhicule comme les Tesla avec 8 caméras et un radar soient moins efficace qu'un humain qui n'a que deux yeux et un temps de réaction nettement plus long.
Le risque d'accident existera toujours évidemment mais sera fortement diminué.
Réponse de le 20/07/2019 à 11:10 :
réponse 2

Les tests aux états unis ont fait deux morts les autorités américaines les ayant de ce fait régulé.

Si je ne peux pas répondre à ce commentaire vous supprimez celui de base vous ne l'instrumentalisez pas, merci.

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