Les shadoks étaient-ils partisans de la sobriété heureuse ?
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
> CHAQUE SAMEDI, à 8 heures, recevez « Votre Tribune de la semaine » dans votre boîte e-mail en la sélectionnant ici.
___________________
« On a perdu le mode d'emploi ! » Dans la macronie, on commence tout juste à comprendre toutes les implications de l'absence de majorité à l'Assemblée nationale. A défaut d'un accord de coalition à l'allemande - pour rappel, il a fallu deux mois pour construire un pacte de gouvernement outre-Rhin -, on devrait connaître, sinon ce dimanche, du moins en début de semaine prochaine, la composition du cabinet Borne 2. On l'attend plus politique, et représentatif de cette majorité, non pas plurielle, mais "mouvante", que la cheffe du gouvernement va devoir tenter de piloter, au cas par cas, projet par projet.
C'est que ce quinquennat Macron 2 n'en finit pas de commencer et les Français surtout les plus modestes s'impatientent de voir voter le « paquet pouvoir d'achat » alors que les juillettistes entament la grande migration des vacances d'été. Bonne nouvelle, la ristourne de 18 centimes sur les carburants sera prolongée, sans doute même au-delà du 1er septembre, Bruno Le Maire ayant évoqué la fin de l'année. Dans un bras de fer avec TotalEnergies, menacé par la Nupes et le RN - qui parle de « profiteurs de guerre », expression reprise par le chef de l'Etat lui-même ! - du bâton d'une taxation de ses « surprofits » encore majoritairement pétroliers, l'Etat a obtenu que le groupe présidé par Patrick Pouyanné fasse un geste de 12 centimes cet été pour amplifier la baisse des prix à la pompe. Que sur les autoroutes...
Si Macron cherche coûte que coûte à faire baisser les prix des carburants, il n'est pas prêt à céder à la demande de ses oppositions multiples : ni baisse de la TVA sur l'essence et le diesel à 5,5% comme réclamée par le RN, ni plafonnement à 1,50 euro le litre d'essence comme l'exige le communiste Fabien Roussel. C'est que tout cela va coûter un « pognon de dingue », comme l'a dit un certain Emmanuel Macron (à l'époque à propos de la politique de lutte contre la pauvreté, jugée inefficace). Et, à Bercy, BLM, le numéro 2, peut-être futur numéro 1 d'un futur gouvernement, flanqué d'un Gabriel Attal droit dans ses bottes de ministre des comptes publics, renvoie dos à dos LFI ou le RN en les sommant de dire comment ils financent leurs surenchères lors de l'examen à venir, mi-juillet, de la loi sur le soutien au pouvoir d'achat. Ces mesures, qui vont porter à plus de 50 milliards le total des dépenses consacrées depuis cet hiver pour contenir l'inflation, vont d'ores et déjà absorber la quasi-totalité de la cagnotte fiscale de 55 milliards d'euros que va encaisser l'Etat grâce à la forte croissance de 2021. Mais cette manne inespérée apportée par de meilleures recettes fiscales (impôt sur les sociétés et TVA) et sociale (hausse des embauches) est un fusil à un coup qui n'aura qu'un temps. Elle ne permet pas de pérenniser un quoi qu'il en coûte généralisé consacré à compenser la flambée des prix en France. Bien que celle-ci soit inférieure de moitié à l'inflation moyenne de la zone euro, la peur d'un retour des Gilets Jaunes « puissance n » impose d'agir vite et fort. Macron n'a qu'une seule exigence : ni hausse des impôts, ni augmentation de la dette. Pour le reste, tout reste ouvert.