Airbus Helicopters : le super-commercial Norbert Ducrot tire sa révérence

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Norbert Ducrot, l'homme qui a sorti les Américains du marché des hélicoptères militaires en Corée du Sud
Norbert Ducrot, l'homme qui a sorti les Américains du marché des hélicoptères militaires en Corée du Sud (Crédits : Airbus Helicopters)
Passé par Thomson CSF (devenu Thales), Matra Bae Dynamics puis MBDA, ce super-commercial a vendu pendant treize ans aux quatre coins de l'Asie de très nombreux hélicoptères au Japon, en Chine, à Singapour, en Corée du Sud. Il prend sa retraite à la fin de l'année.

C'est un nouveau coup dur pour Airbus Helicopters, qui perd l'un de ses meilleurs commerciaux. Surnommé au siège social du constructeur à Marignane "Norbertcopter", Norbert Ducrot est le Français qui a mis sur la touche les Américains du marché des hélicoptères militaires en Corée du Sud. Entre autre. Un exploit qu'il signera d'ailleurs deux fois à dix ans d'intervalle (2005 et 2015). Passé par Thomson CSF (devenu Thales), Matra Bae Dynamics puis MBDA, ce super-commercial à l'ancienne mais terriblement efficace a vendu pendant treize ans aux quatre coins de l'Asie de très nombreux hélicoptères au Japon, en Chine, à Singapour, en Corée du Sud. Il prend sa retraite à la fin de l'année.

Il est remplacé depuis le 1er septembre par la directrice du programme Super Puma (H225), Marie-Agnès Veve, qui s'est installée à Hong-Kong. Abonnée aux missions délicates au sein d'Airbus Helicopters où elle est entrée en 1982, elle est nommée présidente d'Airbus Helicopters en Asie du Nord (Chine, Corée du Sud et Japon) ainsi que présidente d'Airbus Helicopters China, un pays clé pour le développement du constructeur européen. Une zone géographique jusqu'ici lucrative pour Airbus Helicopters, qui a réalisé un milliard d'euros de chiffre d'affaires en Asie du Nord.

De l'Australie à la Chine en passant par la Corée

Depuis 2003, date de son arrivée chez le constructeur de Marignane, Norbert Ducrot est l'homme des méga-contrats et des coups d'éclat retentissants. Dès 2004, il participe à la vente de douze hélicoptères de transport NH90 à l'Australie, puis de 34 en 2006. Mais ses plus beaux coups commerciaux, il les réalise principalement dans deux pays, qui lui sont très chers : Corée du Sud et Chine.

Grâce à lui, le PDG d'Eurocopter d'alors (devenu Airbus Helicopters), Fabrice Brégier, noue un partenariat stratégique avec la Chine. Il signe en décembre 2005 un contrat de développement avec des partenaires chinois, notamment avec le groupe AVIC II, pour la conception d'un hélicoptère civil de 7 tonnes. Puis en 2006, le constructeur de Marignane remporte au nez et à la barbe des Américains et en partenariat avec KAI (Korean Aerospace Industries), la principale entreprise aéronautique sud-coréenne, un contrat pour le développement et la fabrication de 245 hélicoptères de transport (Surion) en Corée du Sud. Lancé en juin 2006, le Surion a volé pour la première fois en mars 2010 et est entré en service en mai 2013 dans l'armée sud-coréenne.

La Chine, l'eldorado d'Airbus Helicopters

Entre 2014 et aujourd'hui, Norbert Ducrot concrétise plusieurs accords majeurs pour Airbus Helicopters en Chine. En mars 2014, le constructeur signe avec la Chine un accord pour construire 1.000 hélicoptères EC175 (500 en Chine et 500 à Marignane) durant une période de vingt ans avec Avic, son partenaire chinois depuis 2004, pour un montant total estimé entre 13 et 15 milliards d'euros. Chine. Puis en juillet 2014, Airbus Helicopters remporte un nouveau contrat portant sur la vente de 123 appareils civils à trois opérateurs chinois pour un montant estimé à 600 millions de dollars (440 millions d'euros), à l'occasion d'une visite à Pékin de la chancelière allemande Angela Merkel. Les contrats portent à la fois sur des appareils légers de la famille Ecureuil fabriqués en France et sur des bimoteurs EC135 et EC145 fabriqués en Allemagne, qui obtient 60 % du contrat en valeur.

En septembre 2015, le constructeur a signé un accord avec la société chinoise de location CMIFL, filiale du 7ème fonds d'investissement chinois China Minsheng Investment, qui s'est engagé à commander 100 appareils de la famille Ecureuil (H125 et H130), dont 10 ferme, lors des cinq prochaines années pour un montant évalué à 400 millions d'euros. Un mois plus tard, en octobre, à l'occasion d'une nouvelle visite d'Angela Merkel en Chine, Airbus Helicopters et Pékin ont signé une lettre d'intention (LoI) pour installer une chaîne d'assemblage (FAL) de H135 à Qingdao (sud de Pékin).

Ce document incluait également un engagement de la part de Pékin d'assembler lors des dix prochaines années 100 H135 dans la future FAL chinoise. Le montant de cet accord s'élève à 700 millions d'euros. Plus de huit mois après avoir signé cette lettre d'intention, le constructeur Marignane finalise en juin 2016 un contrat ferme auprès d'un consortium chinois - China Aviation Supplies Holding Company, Qingdao United General Aviation Industrial Development Company (Qingdao United) et CITIC Offshore Helicopter Co. Comme initialement convenu, il porte sur la fabrication de 100 hélicoptères H135.

Bis repetita en Corée du Sud

Dix ans après avoir fait "le casse du siècle" en Corée du Sud, Norbert Ducrot récidive. Il signe en mars 2015 un nouveau contrat pour le développement et la fabrication en Corée du Sud d'un programme de plus de 300 hélicoptères légers militaires et civils. KAI est à nouveau séduit par le constructeur de Marignane, qui va l'aider à développer et fabriquer deux appareils, l'un civils et l'autre un hélicoptère d'attaque, de la classe des 5 tonnes. Ce contrat est évalué à 3 milliards de dollars (2,8 milliards d'euros), dont 1,4 milliard d'euros pour le constructeur de Marignane.

Seul échec notoire récent pour Norbert Ducrot, le Japon. Alors qu'Airbus Helicopters proposait à Tokyo de codévelopper et de cofabriquer le programme X9, un hélicoptère de 4 à 5 tonnes, le ministère de la Défense japonais s'est tourné en août 2015 contre toute attente vers "une plate-forme existante et ancienne", le Bell 412, un appareil qui aura plus de 60 ans au moment de l'entrée en service du programme UH-X. Ce dernier vise à remplacer pendant 20 ans à partir de 2021 la flotte vieillissante de 150 hélicoptères de transport de troupes Huey (Bell). Un contrat qui est estimé à 3 milliards de dollars (2,6 milliards d'euros). Mais pour Norbert Ducrot, ce n'est pas encore terminé...

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Commentaires
a écrit le 07/11/2016 à 10:42 :
félicitation pour cette brillante carrière !

Norbert Duvignau

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