La néobanque N26 dans le collimateur du régulateur allemand

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Le régulateur allemand demande à la banque mobile N26 de prendre des garanties internes appropriées pour s'assurer que les comptes qu'elle héberge soient en règle sur les questions de blanchiment d'argent et de financement du terrorisme.
Le régulateur allemand demande à la banque mobile N26 de "prendre des garanties internes appropriées" pour s'assurer que les comptes qu'elle héberge soient en règle sur les questions de blanchiment d'argent et de financement du terrorisme. (Crédits : AXEL SCHMIDT)
La BaFin exige de la banque mobile allemande qu'elle prenne des dispositions, tant sur le recrutement de personnel que sur l'équipement technique, pour s'assurer que les comptes qu'elle héberge soient en règle sur les questions de blanchiment d'argent et de financement du terrorisme.

Les néobanques dépassées par leur hyper croissance ? La BaFin, le régulateur bancaire allemand, a exigé ce mercredi 22 mai de la néobanque N26 des engagements en matière de lutte contre la criminalité financière, avec dans son viseur la question de l'ouverture de compte sous de fausses identités. La BaFin demande à la banque mobile de "prendre des garanties internes appropriées", dont le recrutement d'un personnel et l'installation d'équipements techniques appropriés pour s'assurer que les comptes qu'elle héberge soient en règle sur les questions de blanchiment d'argent et de financement du terrorisme.

"Nous allons mettre en œuvre toutes les spécifications avant la date limite fixée par la BaFin", qui n'est pas spécifiée par les deux parties, répond la banque dans un communiqué. N26, souvent accusée d'être dépassée par la rapidité de sa croissance et un modèle économique peu assuré, indique que ses "effectifs augmentent de manière régulière" et devraient atteindre 1.500 salariés d'ici la fin de l'année. Elle en employait plus de 700 fin janvier 2019, au moment où elle a officialisé une levée de fonds de 300 millions de dollars la valorisant 2,7 milliards de dollars.

Premier épisode en octobre

La BaFin s'était déjà alarmée en octobre dernier, suite à une enquête menée par plusieurs médias allemands, de la possibilité d'ouvrir un compte avec de faux papiers d'identité auprès de la banque mobile N26, qui a passé le cap des deux millions d'utilisateurs en Europe (dont 600.000 en France).

Le contrôle de l'identité des propriétaires de comptes est au centre du dispositif anti-blanchiment d'argent. Or, le gendarme financier allemand estime que la procédure d'authentification par simple photo d'une pièce d'identité, que propose N26, n'est pas conforme aux exigences anti-blanchiment.

La banque mobile, qui dispose d'une licence bancaire auprès de la Bundesbank, mise sur la facilité d'ouverture de compte (en moins de 8 minutes depuis un smartphone ou un ordinateur), pour séduire ses clients, friands d'expériences simplifiées. Elle propose ainsi d'ouvrir un compte en envoyant simplement une photo de sa pièce d'identité depuis un smartphone ou un ordinateur. Or, des tests effectués par le magazine économique "Wirtschaftswoche" ont montré qu'il est possible d'ouvrir un compte sur N26 avec des faux papiers d'identité.

Des turbulences chez son concurrent Revolut

Revolut, sa rivale britannique, est elle aussi dans le viseur de son régulateur local. En mars dernier, la Financial Conduct Authority (FCA) s'est inquiétée de la mise à l'arrêt pendant plusieurs mois, d'un mécanisme de conformité destiné à détecter les transferts d'argent qui pourraient enfreindre des obligations réglementaires.

Quelques semaines auparavant, la Fintech londonienne avait confirmé le départ de son directeur financier. Comme N26, Revolut connaît une croissance fulgurante et aurait enregistré de nombreuses démissions. Elle revendique 3,5 millions de clients en Europe, dont 550.000 dans l'Hexagone.

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