La banque américaine Wells Fargo veut supprimer 26.500 emplois

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La quatrième banque américaine compte sur des départs naturels et des déplacements de personnels pour réduire ses effectifs sur trois ans.
La quatrième banque américaine compte sur des départs naturels et des déplacements de personnels pour réduire ses effectifs sur trois ans. (Crédits : © Robert Galbraith / Reuters)
Affectée par une série de scandales, Wells Fargo a annoncé, jeudi 19 septembre, qu’elle allait réduire, en trois ans, de 5 % à 10 % de ses effectifs soit 26.500 postes sur les 264.500 pourvus au sein de la banque américaine. Selon son directeur général de l'entreprise Tim Sloan, cette vaste restructuration doit permettre d’accélérer la transition numérique de l'établissement bancaire.

La banque Wells Fargo n'est pas au bout de ses peines. Après l'affaire des comptes fictifs et la lourde amende du fait d'agissements dans la crise des subprimes, le quatrième plus grand établissement bancaire américain s'apprête à subir une sérieuse cure d'amaigrissement. En effet, Wells Fargo a annoncé dans un communiqué daté du jeudi 20 septembre un plan de suppression de postes.

Lire aussi : Amende de 2 milliards de dollars pour Wells Fargo, dix ans après la crise des subprimes

Ce dernier vise 5 % à 10% de ses effectifs d'ici à trois (soit jusqu'à 26.500 postes). Pour justifier cette décision, l'établissement de San Francisco a invoqué « les changements de préférence des consommateurs, y compris l'adoption accélérée des moyens digitaux en self-service » : applications ou guichets automatiques par exemple.

« Nous continuons à transformer Wells Fargo pour fournir aux clients ce qu'ils souhaitent. Cela comprend des produits et services novateurs et conviviaux. Nous faisons également évoluer notre modèle économique pour répondre à ces besoins d'une façon plus rationnelle et efficace », a commenté le directeur général de l'entreprise Tim Sloan dans un communiqué.

La banque, qui emploie actuellement environ 264.500 personnes, n'a pas précisé quels métiers ou régions vont être touchés par ces coupes mais elle a dit compter sur des déplacements d'effectifs ainsi que des départs naturels pour atteindre ces objectifs. Elle a déjà annoncé son intention de fermer ou céder 800 agences d'ici à 2020. Le mois dernier, elle a licencié plus de 600 employés de son activité de prêts hypothécaires.

De son côté JP Morgan embauche

Lors de la publication des résultats trimestriels en juillet dernier, la banque américaine avait souligné deux choses : une baisse de 5 % sur un an du nombre d'opérations effectuées à ses guichets et à ses distributeurs de billets automatiques et, dans le même temps, une hausse de 17 % de la consultation par ses clients de leurs comptes bancaires en ligne. Une évolution qui pousse Wells Fargo à fermer 300 agences cette année.

Avec ce vaste plan de restructuration, la banque semble avancer à contre-courant de ses homologues américaines alors qu'elles ont toutes bénéficié du cadeau fiscal de l'administration Trump. En début d'année, JPMorgan Chase, qui devrait économiser 4 milliards de dollars d'impôts par an grâce à la réforme, avait annoncé un plan d'investissement de 20 milliards de dollars sur cinq ans, avec le recrutement de 4.000 personnes et l'ouverture de plusieurs centaines de nouvelles agences aux Etats-Unis.

Plan d'économies

Affecté par la montée en puissance des services en ligne et frappé par plusieurs scandales, Wells Fargo, qui avait pourtant réussi à traverser la crise sans trop de dégâts, semble également vouloir trouver un moyen de redresser ses comptes. La banque américaine avait notamment été lourdement sanctionnée par les autorités américaines après l'affaire des comptes fictifs. Pour gonfler ses revenus de banque de détail, Wells Fargo avait ouvert 3,5 millions de comptes à l'insu de ses clients. En avril dernier, elle avait accepté de payer une amende d'un milliard de dollars pour mettre fin à une partie des poursuites et s'est vu interdire par la banque centrale américaine toute expansion jusqu'à ce qu'elle prenne des mesures pour corriger ses erreurs.

Lire aussi : Comptes fictifs: la Fed inflige une importante sanction à Wells Fargo

Cette annonce de suppression de postes vient s'ajouter à son plan d'économies de la semaine dernière. Lors d'une conférence organisée par Barclays, le directeur financier de la banque californienne, John Shrewsberry, avait indiqué viser une réduction des dépenses d'environ 3 milliards de dollars d'ici à 2020. Les annonces de jeudi sont plutôt bien accueillies à Wall Street : l'action Wells Fargo, qui pèse quelque 267 milliards de dollars, s'adjuge 0,6 % en début de séance ce vendredi 21 septembre.

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a écrit le 23/09/2018 à 18:19 :
Ce qui est étonnant c'est un détail dans toutes les suppressions d'emplois qui visiblement ne saute aux yeux de personne..
Ca ne vous étonne pas ces chiffres ronds ? 5%, 10%, 26500 précisemment.
En fait ca ne répond pas à un besoin, mais à une envie. Les mecs du service "stratégie" et RH ont calculé combien de % de masse salariale correspondant à tel bénéfice voulu et hop.
C'est beau l'ultralibéralisme
a écrit le 22/09/2018 à 22:23 :
Il y a deux catégories de banques aux usa:
catégorie 1: celles qui annoncent vouloir supprimer des emplois .
catégorie 2: les banques qui annoncent vouloir en créer grâce à la baisse d’impôt d'ici 5 ans.
En période de croissance: la catégorie 1 licencie et la catégorie 2 prévoit des création d'emplois dans 5 ans.
En période de crise (dans 5 ans) , la catégorie 1 licencie, la catégorie 2 également.
Finalement les deux arriveront au même résultat: pas d'employé, que des robots et des actionnaires.
a écrit le 21/09/2018 à 16:00 :
Aux états unis on puni même les gros même si cela doit les couler alors qu'en UE on fait tout pour que les gros grossissent le plus possible le plus longtemps possible, fraudeurs ou pas.

Bon il est évident que les gros américains étant bien plus nombreux que les gros européens cela reste plus facile pour eux maintenant la stratégie européenne est en train de se refermer sur elle-même, car cette volonté de tenir les gros à tout prix même ceux qui sont truffés de scandales, gangrénés par la magouille et la corruption affichée ne peut inciter à une concurrence saine et équilibrée mentalement. Mais une véritable mine d'or pour la première puissance d'espionnage au monde...

Dégénérescence oligarchique européenne obligée du fait de cette compromission imposée entre politiciens et hommes d'affaires européens pendant qu'aux états unis on a largement le choix de composer ceux qui font l'Etat profond américain.

Le résultat au final fait mal, très mal.

"L'Amérique a fait payer cher la crise aux banques de la planète" https://www.lesechos.fr/28/02/2018/lesechos.fr/0301356722599_l-amerique-a-fait-payer-cher-la-crise-aux-banques-de-la-planete.htm

Intro: "Les grandes banques américaines et européennes ont déboursé pas moins de 345 milliards de pénalités financières entre 2009 et 2017.Une somme très largement captée par les autorités américaines, et seulement à 6 % par les régulateurs européens."

Vite un frexit.

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