Le commissaire européen Thierry Breton, qui était à Bourges ce lundi pour évaluer les capacités de production de Nexter et du missilier MBDA avec l'objectif de fournir des munitions à l'Ukraine, a visité deux groupes en croissance, qui profitent des tensions et des crises à l'international (MBDA et à un degré moindre Nexter). Ainsi, le groupe dirigé par Nicolas Chamussy poursuit sa trajectoire ascendante avec un chiffre d'affaires en hausse régulière depuis 2020. Après une augmentation en 2021 (1,1 milliard d'euros en 2020 puis 1,3 milliard en 2021), Nexter, spécialisé dans l'armement terrestre, a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de 1,5 milliard d'euros (3.849 salariés à fin 2022), selon des sources concordantes. Le groupe public, qui a affiché l'an dernier un EBIT supérieur à 10%, a notamment livré 18 Jaguar, 116 Griffon, 70 Serval à l'armée de terre française et 36 Caesar au Maroc.
Grâce notamment à des contrats de munitions et de soutien et au système d'artillerie autotracté Caesar, son best-seller à l'exportation, Nexter a réussi en 2022 à engranger 1,7 milliard d'euros de prises de commandes (contre 1,3 milliard en 2021). Sans encore profiter totalement du concept d'économie de guerre, le groupe a notamment vendu l'an dernier 55 Caesar toutes versions confondues à quatre clients, dont deux déjà étaient utilisateurs du système d'arme (France et République tchèque). Par ailleurs, Nexter a réussi à accrocher deux nouveaux pays : la Belgique et la Lituanie qui ont commandé respectivement 9 et 18 Caesar 6X6 MkII. Des ventes qui permettent à nouveau à Nexter d'obtenir un book-to-bill (ratio commandes sur chiffre d'affaires) supérieur à 1 et, surtout, de détenir un carnet de commandes solide à hauteur de 8 milliards d'euros.
Le groupe doit faire face à au moins quatre enjeux cruciaux pour 2023 et au-delà. Premier enjeu, assurer la montée en cadence de la production du programme Scorpion, des munitions et des Caesar. Nexter a donc des enjeux de production important comme continuer le développement et la montée en puissance des livraisons Jaguar et Serval, tout en assurant celles du Griffon. Nexter doit également donner des gages à l'État (50% de KNDS) pour produire et livrer plus vite dans le cadre de l'économie de guerre. Enfin, le groupe doit réussir la livraison du premier char de combat Leclerc rénové mais aussi de la première tourelle T40 téléopérée.