Pourquoi le ministère des Armées investit dans la très prometteuse start-up Kalray

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Les processeurs de Kalray équiperont les missiles de MBDA et les drones des armées françaises
Les processeurs de Kalray équiperont les missiles de MBDA et les drones des armées françaises
A travers son fonds d'investissement Definvest, le ministère des Armées est entré dans le capital de Kalray, leader européen des microprocesseurs de nouvelle génération pour systèmes embarqués critiques.

Pionnier des processeurs dédiés aux nouveaux systèmes intelligents, Kalray a annoncé mercredi l'entrée à son capital d'Alliance Ventures, le fonds de capital-risque de l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, et de Definvest, le fonds géré par Bpifrance pour le compte du Ministère des Armées. Cette opération, qui a pris un peu de retard, s'élève à un total de 10 millions d'euros, incluant les actionnaires existants et les nouveaux investisseurs. Elle constitue la deuxième tranche d'une levée de 23,6 millions d'euros initiée en juin 2017 auprès de Safran Corporate Ventures, le fonds d'investissement asiatique Pengpai et de ses actionnaires historiques ACE Management, CEA Investissement, EUREKAP! et Inocap Gestion.

Les fonds levés vont permettre à Kalray d'engager le déploiement commercial du processeur existant et de finaliser le développement de la nouvelle génération, qui devrait être lancée en 2019. Cette start-up est également entrée dans sa phase d'industrialisation, qui lui demande des investissements massifs.

Pourquoi la défense investit dans Kalray

Soutenue depuis 2010 par la Direction générale de l'armement (DGA), Kalray "figure parmi ces start-ups et PME françaises innovantes qui développent des technologies de rupture à la fois très prometteuses et stratégiques pour notre pays", a estimé le directeur général de Bpifrance, Nicolas Dufourcq, cité dans le communiqué commun de Kalray, ministère des Armées et Bpifrance. Dans l'entourage de la ministre des Armées, on confirme que Kalray a aujourd'hui un temps d'avance sur les technologies américaines et chinoises, notamment dans la miniaturisation des processeurs et la vitesse de calcul combinées à l'intelligence articifielle.

Ainsi, cette start-up, créée en 2008 par essaimage du CEA, a développé depuis presque dix ans une technologie de processeurs dont la puissance de calcul rapportée à l'énergie consommée est sans équivalent pour cette taille de composants. Pour quelles applications dans le domaine de la défense? Principalement pour les futurs systèmes embarqués critiques. A commencer dans les missiles - MBDA est d'ailleurs dans le capital de Kalray -, et plus précisément dans les autodirecteurs mais également sur les drones (traitement embarqué des images et calcul de la trajectoire).

Les processeurs dits intelligents permettent d'analyser à la volée et de manière intelligente des flux très importants d'informations, de réagir et de prendre des décisions en temps réel. Leur usage se démocratise dans des secteurs en forte croissance comme les réseaux informatiques de nouvelle génération, les véhicules autonomes, la santé ou encore les drones et robots. Kalray a choisi dans un premier temps de se focaliser sur deux marchés, les datacenters intelligents et les voitures intelligentes, qui représentent chacun un potentiel de plus d'un milliard d'euros.

Un ancrage en France

Lancé en novembre dernier et doté de 50 millions d'euros, abondés via le budget R&T du ministère des Armées (720 millions d'euros en moyenne par an), Definvest, qui a investi deux millions d'euros, signe donc sa première opération. "Le ministère des Armées se tient résolument aux côtés de l'innovation et de tous ceux qui osent, a expliqué la ministre des Armées Florence Parly, citée dans le communiqué. Ce premier investissement, c'est un signe fort pour tous les entrepreneurs, les chercheurs, les ingénieurs : la défense croit en vous, investit pour vous".

L'entrée du fonds Definvest dans le capital de Kalray permet au ministère de bien ancrer cette start-up en France dans le cadre d'un pacte d'actionnaires. Et ce au moment où cette start-up nourrit des ambitions aux États-Unis et intéresse également la Chine, via le fonds d'investissement Pengpai. Pour Kalray, il faudra trouver un équilibre entre l'accès autonome du ministère à ses technologies et son développement à l'international.

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Commentaires
a écrit le 04/05/2018 à 0:49 :
"Rhone Dauphine Developpement ( qui a pour actionnaires des institutionnels français, type Caisse d'Epargne,Banque Populaire, crédit coopératif...)
ET Expansinvest (qui appartient à la banque populaire des auvergne rhone alpes)"... Soit, du Français PRIVE qui n'a RIEN de NATIONAL. D'ailleurs, il serait gênant de voir leur actionnariat REEL, car trop d'étrangers. A VOUS de vérifier vos pseudo-révélations.
Réponse de le 04/05/2018 à 10:55 :
Oui, les banques citées sont des banques nationales, de type mutualiste. Aucune OPA possible dessus, c'est la force de notre systeme bancaire, de fait national.
Enfin, vous parlez d'actionnaires "réels", les actionnaires sont parfaitement connus et publics.
C'est vous qui fait des rélévations stupides, complotistes, affligeants.
a écrit le 04/05/2018 à 0:42 :
"technologies de rupture"... N'importe quel utilisateur de Linux SAIT qu'il suffit d'écouter les signaux émis, analyser, décrypter, et maîtriser... Chiche que ce soit un 32 bits issu des influences microsoft... Soit, une belle daube virussable...
a écrit le 03/05/2018 à 11:08 :
Investir de l'argent public dans une entreprise stratégique est tout a fait louable mais quand un pays n'est plus souverain où se trouve sa stratégie?
a écrit le 03/05/2018 à 7:07 :
Deux question: qui est actionnaire majoritaire de cette entreprise et qui est effectivement le patron ,?,,,
Voila se qui me semble important de définir avant d'investir de l'argent publique dans une entreprise....
Réponse de le 03/05/2018 à 11:25 :
Au lieu des faires commentaires creux, vous allez sur societe.com, vous regardez qui sont les actionnaires.
Et vous verrez aussi qui sont les actionnaires des actionnaires.
Donc vu votre fainéantise intellectuelle, qui se limite à faire des commentaires sans rien savoir, je vous livre ce qu'il en est.
Cette société a 3 actionnaires (avant cette augmentation de capital)
Le CEA (bref, l'Etat Français)
Rhone Dauphine Developpement ( qui a pour actionnaires des institutionnels français, type Caisse d'Epargne,Banque Populaire, crédit coopératif...)
ET Expansinvest (qui appartient à la banque populaire des auvergne rhone alpes)
Voilà, donc les choses sont claires, tout l'actionnariat est français.
Quant au PDG, il est nommé par les actionnaires,
a écrit le 02/05/2018 à 18:05 :
Texas (pays des bush) instrumentation, peut-on mieux signifier qui tiens la laisse du chien?
a écrit le 02/05/2018 à 18:03 :
Ce sont tous des anciens de Texas Instrument... des membres du complexe militaro industriel gallo anglo ricain ? Tant vanté par Nixon.
Remarquez faut bien ça face à l'allemagne.
Réponse de le 02/05/2018 à 22:46 :
Tous des membres de la secte des "skull & bones"
Réponse de le 03/05/2018 à 11:26 :
Regardez ci dessus, c''est une boite française de capitaux français.
a écrit le 02/05/2018 à 17:40 :
Je ne paye pas des impôts pour qu'un gouvernement fasse des INVESTISSEMENTS mais pour qu'il fasse des DEPENSES utiles dans l'intérêt des français. Le passé montre que nos ministres sont incapables d'investir car ce ne sont pas des entrepreneurs mais des arrivistes plus préoccupés d'assurer leur carrière que par l'intérêt de la France.
Réponse de le 02/05/2018 à 18:12 :
Cher monsieur, un investissement n'est il pas tout simplement une dépense utile ?
Réponse de le 03/05/2018 à 11:27 :
Manifestement, l'argent mobilisée pour financer votre éducation était ni un investissement ni une dépense utile.
a écrit le 02/05/2018 à 13:42 :
le désarmement c’est bien aussi : pour toute la planète.
pourquoi ne pas charger les drones d’oxygenes ? pour ameliorer la qualite de l’air , reparer l’écosystème ( oiseaux , abeilles...)
a écrit le 02/05/2018 à 13:25 :
Et surtout , le but n'est pas de créer des robots tueurs mais un prototype de dispositif intelligent létal augmenté ce qui n'a absolument rien à voir!

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