Pour fabriquer du béton, rien de moins simple. Il faut du sable - une matière première qui n'est pas inépuisable comme l'eau - et des cailloux (80% du total), mais aussi des adjuvants - en très petite quantité, mais encore d'origine pétrolière le plus souvent - et du ciment (12%) . Ce dernier est fabriqué à partir d'un mélange de calcaire, d'argile - des matières minérales naturelles - chauffé dans un four jusqu'à 1.400°C. Sous l'effet de la chaleur, la farine issue de ce mix se transforme en clinker.
C'est avec ce clinker refroidi, puis finement broyé, qu'est produite la poudre appelée ciment. Sauf que ce dernier est responsable à lui tout seul de 98% des émissions de CO2 du béton. C'est pourquoi, dès mai 2021, l'industrie cimentière française s'est engagée auprès du gouvernement à baisser de 24% ses émissions à horizon 2030 et de 80% d'ici à 2050 ses émissions de gaz à effet de serre. Objectif final, rien de moins que la neutralité carbone dans vingt-huit ans.
Les industriels, et en particulier les cimentiers, doivent désormais mettre les bouchées doubles dans le cadre de la planification écologique de l'industrie. En novembre 2022, sous les dorures de l'Elysée, le président Macron avait convié les représentants des 50 sites les plus émetteurs de dioxyde de carbone, dont dix-neuf sont des cimenteries. Le chef de l'Etat y avait alors annoncé que l'Etat apporterait 10 milliards d'euros d'aides publiques sur la période 2022-2027, et non plus 5, si les entreprises en question arrivaient à éviter, non plus 10, mais 20 millions de tonnes de CO2 d'ici à 2030.