Ben Smith, le nouveau boss d'Air France-KLM annonce d'entrée la couleur

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(Crédits : Reuters)
Dans un message vidéo adressé hier aux salariés du groupe, le nouveau directeur général canadien d'Air France-KLM a tenu un discours de vérité, en rappelant la nécessité pour le groupe de se transformer, sous peine de disparaître.

Plus d'un mois après sa nomination au poste de directeur général d'Air France-KLM, Benjamin Smith est entré en fonction ce lundi 17 septembre. Dans un message vidéo, il s'est adressé aux 90.000 salariés du groupe en tenant des propos riches d'enseignement. Un discours de vérité de 8 minutes, dans lequel le Canadien a clairement défini les enjeux d'Air France-KLM, ses objectifs, les moyens pour les atteindre et les risques en cas d'échec.

A peine s'est-il présenté, en rappelant sa passion pour le secteur du transport aérien dans lequel il a fait toute sa carrière. Benjamin Smith est tout de suite entré dans le vif du sujet en insistant sur l'évolution rapide du secteur et l'obligation pour les compagnies aériennes de se transformer sous peine de disparaître.

« C'est avec beaucoup d'intérêt et beaucoup de fascination que j'ai suivi l'évolution de notre industrie et la façon dont les compagnies aériennes se sont transformées face aux changements des réalités du marché. Beaucoup ont réussi et se sont adaptées. Mais malheureusement, certaines comme Pan Am, Swissair, Sabena et Olympic ont disparu, faute d'avoir su évoluer. Alitalia n'en est pas loin. Ces compagnies ont disparu parce qu'elles n'ont pas su réagir sur un marché en constante évolution et qui connaît une concurrence très dure. Nous ne pouvons pas nous le permettre », a déclaré Benjamin Smith, dans un français maîtrisé teinté d'un accent anglais.

Autrement dit, Ben Smith explique à sa façon que, « dans un secteur qui change radicalement », Air France-KLM va devoir bouger, si le groupe « veut garder la place qu'il mérite au top des groupes aériens ». Par conséquent tranche-t-il,  « un nouveau plan est nécessaire ». « Nous devons agir, nous devons nous adapter et nous devons nous préparer à cette concurrence », a-t-il ajouté.

"Les luttes internes favorisent la concurrence"

Pour réussir, Ben Smith veut jouer sur le collectif et la force du groupe Air France-KLM, beaucoup plus importante à ses yeux que celle que chacune des deux compagnies du groupe pourrait espérer en agissant dans son coin.

« Ensemble, Air France et KLM représentent une coalition que beaucoup nous envient. Ensemble, nous formons une force dont il faut tenir compte. Avec la puissance d'Air France et KLM travaillant en tandem, nous pouvons conquérir à la fois les marchés européens, mais aussi mondiaux, a-t-il déclaré.

Cette volonté de mettre le groupe en avant n'est pas sans rappeler le projet de renforcer la holding Air France-KLM de Jean-Cyril Spinetta au cours des années 2012-2013. Mais ce projet s'est heurté à certains réflexes "nationalistes", notamment chez KLM, qui, probablement inquiète d'être trop liée à Air France et d'être tirée vers le fond par les difficultés économiques et sociales de la compagnie française, n'a que très rarement joué la carte du groupe au cours des dernières années.

Ben Smith demande donc de mettre en veilleuse les "luttes internes", à la fois entre Air France et KLM, mais aussi au sein même de chaque compagnie, en particulier à Air France, où les tensions entre la direction et les syndicats se terminent souvent par des grèves.

« Attention, les luttes internes ne font qu'une seule chose : elles offrent nos clients sur un plateau à nos concurrents. Nous ne pouvons pas nous permettre d'être arrogants et de croire que nous avons plus de droits sur nos clients que nos concurrents. Nous devons mériter leur confiance et faire en sorte qu'ils choisissent nos lignes chaque jour. Se battre contre nos concurrents et non contre nous-mêmes est la clé de notre succès », a-t-il prévenu.

Dans ce discours, pas un mot sur le poids des charges et des taxes qui pénalisent Air France comme le faisait systématiquement Jean-Marc Janaillac au début de sa prise de fonction, pour montrer aux syndicats qu'il soutenait comme eux ce combat, puis par la suite par conviction. Ben Smith a-t-il voulu montrer qu'il dirige Air France-KLM et non Air France? A-t-il tout simplement souhaité ne pas heurter d'entrée de jeu le principal actionnaire du groupe (l'Etat français détient 14,3% du capital)? Ou bien a-t-il conscience qu'il est préférable (et plus sûr pour l'avenir du groupe) de compter sur soi que sur les autres et qu'il vaut mieux se concentrer sur les actions internes plutôt que d'attendre une hypothétique aide de l'Etat?

"Ensemble, Air France-KLM peut être le numéro 1"

En attendant Ben Smith s'est voulu ambitieux.

« Ensemble, nous pouvons atteindre la position de numéro un de l'industrie, pas seulement en Europe, mais dans le monde. Mais n'oublions pas que nous évoluons dans un marché mondial extrêmement concurrentiel. »

L'objectif n'est pas sans rappeler celui d'Alexandre de Juniac, lors de son arrivée à Air France fin 2011, quand il voulait faire d'Air France le numéro un mondial.

Une formule à l'emporte-pièce qui vise souvent à redonner de l'allant aux équipes et à les fédérer dans un projet ambitieux. Car, aujourd'hui, on ne voit pas comment Air France-KLM pourrait être un jour le numéro un mondial. Par sa rentabilité ? Il faudrait multiplier le bénéfice d'exploitation par 6 pour imaginer rivaliser avec les compagnies américaines (et que, pendant ce temps, celles-ci fassent du sur-place). Par son trafic ? Même chose, il faudrait acheter des avions ou des compagnies à tout-va pour rattraper les compagnies américaines. Par la qualité de service, comme l'avait, en son temps, expliqué Alexandre de Juniac ? Dans ce domaine, pourquoi pas, du moins pour Air France, même si la concurrence de certaines compagnies asiatiques et du Golfe est redoutable. Encore faudrait-il relancer la stratégie de montée en gamme, laissée de côté ces dernières années.

La moitié de sa rémunération fixe placée dans l'action Air France-KLM

Enfin, pour prouver sa confiance dans le groupe, Ben Smith a indiqué qu'il avait investi la moitié de sa rémunération fixe annuelle (soit 450.000 euros) en achetant des actions d'Air France-KLM.

Ce placement vise aussi à redorer son image, laquelle avait été écornée par la polémique qui a vu le jour au moment de l'annonce du triplement de sa rémunération potentielle par rapport à celle de son prédécesseur (4,25 millions d'euros) et de la négociation d'un parachute doré du même montant.

"Ainsi, 80% de sa rémunération, fixe et variable, seront directement liés à la performance du groupe", a indiqué un porte-parole du groupe.

La rémunération de Benjamin Smith pourra atteindre un montant maximal de 4,25 millions d'euros par an, dont 900.000 euros de rémunération fixe, et sera accompagnée d'une part variable d'au maximum 150% du fixe (1,35 million) - liée à des conditions de performances - et d'un plan d'investissement à long terme.

Evidemment, vu la faiblesse du cours de Bourse d'Air France-KLM (plus de 8 euros), qui a chuté de près de 35%, certains esprits retors verront dans ce geste le moyen pour Ben Smith de faire une belle opération financière. L'action ayant grimpé de 2,11% lundi en Bourse, Ben Smith a déjà gagné 9.450 euros.

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Commentaires
a écrit le 20/09/2018 à 8:26 :
il est est annoncé 24 commetaires: je n'en ai que 14 affichés ... où sont passés les autres ??
Réponse de le 21/09/2018 à 2:39 :
Bonjour

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Cdlt
a écrit le 19/09/2018 à 19:05 :
On verra bien, mais cela va être probablement assez sanglant, sinon ce sera la faillite et la disparition. On veut bien d'Air France, mais pas d'Air Planque.
a écrit le 19/09/2018 à 9:51 :
@cousin hub
Af n'a fait appel à la recapitalisation qu'une fois en 1993 .
Par contre l'état S'est beaucoup servi au long des années depuis sa création , et continue de le faire par le truchement de taxes insensées redevables à ADP.
a écrit le 19/09/2018 à 7:54 :
Le bon sens finit toujours par resurgir
Le personnel d’Air France C’est beaucoup servi au long des années dans la poche des contribuables
Cela ne pouvait pas être éternel
Réponse de le 19/09/2018 à 13:58 :
AFKLM est privée, pas d'argent public récemment injecté.
Réponse de le 25/09/2018 à 7:42 :
Avec 14% du capital mais 28% des droits de vote, l’état impose l’achat de 380 qui coûtent un bras à exploiter et impose des augmentations de charges adp allucinantes. Des milliards au total
a écrit le 19/09/2018 à 6:08 :
Comme les syndicats maintiendront leurs exigences d'augmentation de salaire et que la compagnie ne peut se le permettre, il y aura grève et poursuite de la chute.

Dommage
Réponse de le 19/09/2018 à 7:49 :
Je crains, hélasse, que vous ayez raison
C’est un personnel qui a été biberonner à l’argent public c’est-à-dire à l’argent des contribuables
Réponse de le 20/09/2018 à 9:56 :
C’est l’état qui s’engraisse sur AF, pas le contraire ! Renseignez vous avant d’écrire !
a écrit le 18/09/2018 à 19:22 :
n est il pas temps de réduire la voilure ?
tout, autour de nous se transforme et nous continuons ?
limitons nos déplacements en avion à l'essentiel, stoppons cette course absurde à la vitesse, à l'ailleurs, au lointain mirifique.
car bientôt, très bientôt, de marcher il nous sera impossible car nous suffoquerons sous la chaleur et la qualité de l'air dégradée vers l'irrespirable
stop ou encore ?? fric ou vie ???
Réponse de le 19/09/2018 à 7:50 :
Réflexion totalement hors sujet
Merci quand même d’être venu
a écrit le 18/09/2018 à 14:38 :
pour devenir la première compagnie . les pilotes doivent cautionner ou partir. le barometre est l action air France
Réponse de le 18/09/2018 à 15:21 :
Quand un analphabète donne une leçon d'économie, qui plus est en plaçant la bourse comme juge de paix, je me méfie à double titre.
Réponse de le 19/09/2018 à 15:42 :
Que vous le vouliez ou non, le baromètre est en effet l'action Air France. Vous n'avez qu'à aller déblatérer vos connaissances économiques avec vos potes zadistes
a écrit le 18/09/2018 à 13:21 :
Le rendement de ses actions AF lui fera gagner des sous si et seulement si il maintien la paix sociale. Quoique soit son résultat opérationnel futur, il pourra toujours se refaire très largement avec son golden parachute de 4,5M€ au minimum. Risque ?...
Réponse de le 18/09/2018 à 19:42 :
Vous rêvez, il gagnera des sous comme vous dites s'il arrive à baisser les coûts et améliorer la productivité.
Réponse de le 19/09/2018 à 10:52 :
si gérer cette entreprise revenait à baisser les coûts et notamment les salaires, alors nul besoin de qqu’un qui aurait une expérience aéronautique, un simple financier suffirait, or Mr Gagey n’a pas sû ! Ce dernier sera d’ailleurs très certainement écarté de la gouvernance. Ce n’est donc pas aussi simple que vous le dites, à moins que ce ne soit vous qui « rêviez »...
Réponse de le 19/09/2018 à 15:43 :
Baisser les coûts chez AF? Très très compliqué... ça me paraît proche de l'impossible.
Réponse de le 20/09/2018 à 21:33 :
Pour baisser les coûts, compte tenu du sureffectif administratif chronique (héritage français) il suffirait de virer encore 10000 personnes. Pas socialement correct mais efficace...
a écrit le 18/09/2018 à 13:14 :
Discours attendu et terriblement convenu, pouvait t'il en tenir un autre?

On sait maintenant ce qu'il va faire de son modeste salaire, ce qui fait une belle jambe aux salariés et aux clients d'AF-KLM.

Une chose est sure, s'il rentre comme un bourrin dans les négociations avec le personnel ou pire, contre le personnel, il va très vite toucher son golden parachute.
a écrit le 18/09/2018 à 12:45 :
Perso, j'ai une mauvaise image d'Air France.
Après, pour mes vacances en vol long-courrier cet été, j'ai été surpris de voir qu'en recherchant un compromis entre le prix et les horaires convenables (genre : pas un départ à 7h30, ni une arrivée à 23h00) je suis tombé sur Air France.

J'ai pris mon billet chez eux, inquiet quand même du risque de grève, j'ai trouvé la prestation (classe économique) moyenne à l'aller, mais plutôt correcte au retour.

Comme on dit, il y a surement mieux, mais c'est plus cher...

Et bien sûr, il y a moins cher : mais avec 1 ou 2 escales, une arrivée quasi de nuit, et un départ qui oblige à prendre l'hôtel à l'aéroport

Donc niveau prestation, je pense que c'est jouable.

Après niveau social et économique, ce serais un miracle comparable au redressement de Renault qui était en faillite dans les années 80.
a écrit le 18/09/2018 à 11:59 :
Franchement, si il pense, comme les précédents que c’est sur le salaire des employés qu’il va pérenniser l’entreprise, nul d’avoir une grande expérience aéronautique, l’Ena suffit amplement...
Réponse de le 19/09/2018 à 15:45 :
Les salaires chez AF sont au dessus du marché et c'est la raison principale qui explique leur décrochement en termes de compétitivité par rapport à la concurrence.
Réponse de le 25/09/2018 à 7:48 :
Les salaires CHARGÉS sont .... En net salarié, c’est loin d’être le cas comparé aux compagnies équivalentes
a écrit le 18/09/2018 à 11:17 :
La lutte interne favorise la concurrence, l'accalmie interne favorise le capital. Et les salariés là-dedans ?
a écrit le 18/09/2018 à 9:56 :
La fin de cet article est sordide.
C'est dommage, ça commençait plutôt bien.
Réponse de le 19/09/2018 à 15:46 :
Pourquoi? Aucun mention de la potentielle faillite d'AF. Vous le côté sordide c'est d'apprendre qu'un mec prend 4,5M€? Va falloir vous y faire, c'est loin d'être le seul.
a écrit le 18/09/2018 à 9:28 :
Il rêve M BS, AF KLM n°1 mondial 🤣
Il n'y a plus qu'à attendre la réponse des syndicats qui promet d'être violente
Pour ma part je ne suis pas prêt de remonter dans un de leurs avions
Vive Turkish Airlines
Jason
a écrit le 18/09/2018 à 8:59 :
Pas très impartial votre article .
Réponse de le 19/09/2018 à 3:26 :
Vous lisez la Tribune.

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