Après plusieurs échecs, le Parlement européen, la Commission et le Conseil vont tenter à nouveau de se mettre d'accord le mois prochain sur l'initiative « RefuelEU Aviation » afin de lancer enfin une véritable politique européenne en termes de carburants d'aviation durables (SAF). Mais encore faut-il que France et Allemagne s'accordent, notamment sur la taxonomie du nucléaire.L'adoption de l'initiative européenne sur les carburants d'aviation durables (SAF), baptisée RefuelEU Aviation, va-t-elle se concrétiser prochainement ? Après avoir échoué jusqu'ici à trouver un compromis, les différentes instances européennes, à savoir le Parlement, la Commission et le Conseil (qui représente les États membres), vont s'assoir de nouveau autour de la table avec un trilogue prévu le 25 avril avec l'espoir d'aboutir enfin à un accord. Ce texte, qui s'inscrit dans le cadre du Pacte vert européen (Fit for 55), est pourtant déterminant pour le développement des SAF, ces derniers étant considérés, par toutes les parties prenantes dont les compagnies aériennes, comme indispensables à la décarbonation de l'aviation.
D'après plusieurs connaisseurs du dossier, le trilogue du 25 avril pourrait être le bon. Tous ont bon espoir que celui-ci soit enfin conclusif, même si aucun d'entre eux ne se risque à être 100% affirmatif.
Les principaux points de désaccord, qui ont fait capoter les précédentes tentatives pour faire aboutir RefuelEU Aviation, portent sur les carburants synthétiques.
Le nucléaire au centre des débats
Il y a tout d'abord la question de l'utilisation de l'électricité d'origine nucléaire pour la production de ces carburants, qui nécessitera énormément d'énergie verte.
Les hostilités se situent essentiellement au niveau des États membres, avec un camp du nucléaire emmené par la France et plusieurs pays d'Europe centrale et de l'Est (Pologne, Hongrie, République tchèque...) ou encore la Finlande, face aux pays opposés à l'atome civil comme le Luxembourg, la Belgique ou l'Espagne, avec l'Allemagne en tête.
La victoire obtenue la semaine dernière sur l'interdiction des moteurs thermiques dans l'automobile - en faisant plier la Commission pour obtenir une dérogation pour les véhicules utilisant des carburants synthétiques - pourrait pousser Berlin à se montrer plus conciliant et contribuer à débloquer la situation.