Et si Le Drian relançait une filière de munitions de petit calibre "Made in France"

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Nous n'avons pas de fabrication française de poudre militaire pour les petites munitions, a expliqué le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. Nous allons travailler autour de cette situation anormale. C'est une question de souveraineté nationale. Nous devons agir rapidement, 2017 au plus tard
"Nous n'avons pas de fabrication française de poudre militaire pour les petites munitions", a expliqué le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. "Nous allons travailler autour de cette situation anormale. C'est une question de souveraineté nationale. Nous devons agir rapidement, 2017 au plus tard" (Crédits : Reuters)
En déplacement en Bretagne, le ministre de la Défense s'est dit prêt à relancer une filière de munitions de petit calibre. Ce qui est déjà un changement manifeste de paradigme de la France.

Le successeur du FAMAS, le fusil d'assaut de l'armée française, sera étranger mais tout ou partie de sa munition pourrait bien être de fabrication française. Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a annoncé vendredi que la production de poudre militaire allait de nouveau se faire en France, lors d'un déplacement dans le Finistère chez Nobelsport. "Nous savons fabriquer des Rafale mais nous n'avons pas de fabrication française de poudre militaire pour les petites munitions", a expliqué le ministre sur le site de la poudrerie de Pont-de-Buis-lès-Quimerch, selon des propos rapportés par les journaux régionaux "Ouest France" et "Le Télégramme".

"Nous allons travailler autour de cette situation anormale. C'est une question de souveraineté nationale. Nous devons agir rapidement, 2017 au plus tard, pour manifester cette nouvelle dimension de l'activité de l'entreprise Nobelsport", a-t-il précisé.

Le directeur de la section technique de l'armée de terre (STAT), le général Charles Beaudouin a toutefois rappelé lors de son audition à l'Assemblée nationale en février dernier qu'on "ne peut pas acheter des munitions moins bonnes sous prétexte qu'elles sont françaises. Or la concurrence est exacerbée et le niveau mondial très relevé. Si un Français peut s'aligner, tant mieux pour lui ! S'il est bon, il sera retenu. Et s'il est un peu plus cher que les autres ? Il appartiendra à la DGA de décider, puisque c'est elle qui est responsable des acquisitions. Mais dans un marché en concurrence, il faut justifier le choix d'un fournisseur plus cher que les autres".

D'autant que le futur fusil d'assaut (programme AIF-Armemennt individuel du futur) sera une arme au mécanisme plus classique que le FAMAS et au standard OTAN. "Nous aurons moins de problème de sources d'approvisionnement pour les munitions", a-t-il expliqué .

Thales prêt à se lancer dans les munitions de petit calibre?

"Cela va dans le bon sens", a estimé le président du directoire du fabricant de machine de cartoucherie Manurhin, Rémy Thannberger. Sous-entendu pour recréer une filière de munitions de petit calibre. "La réimplantation d'une usine de fabrication (de munitions de petit calibre, ndlr) pourrait nécessiter un investissement initial de 100 millions d'euros, comprenant l'achat du terrain, l'embauche du personnel et l'installation de la chaîne de production", estiment les députés Nicolas Bays (PS) et Nicolas Dhuicq (Les Républicains), auteurs d'un rapport sur les munitions.

Selon Nicolas Bays, Thales TDA Armements a "fait part d'une éventuelle volonté de recréer une filière de munitions de petit calibre par rapatriement d'une ligne de production australienne". Jean-Yves Le Drian a évoqué des questions de souveraineté pour relancer une filière de munitions de petit calibre (5,56 mm) qui garantira davantage la sécurité des approvisionnements des forces armées. "Pourquoi, si nos voisins parviennent à faire vivre une industrie de munitions de petit calibre, ne le pourrions-nous pas ?", s'interrogent les deux députés. Par ailleurs, le marché des armes de petit calibre et de leurs munitions serait en forte croissance en raison du contexte international. Ce qui peut constituer une opportunité industrielle.

Pour toutes ces raisons, les rapporteurs plaident pour l'étude sérieuse des conditions de la reconstitution d'une filière de production française de munitions de petit calibre. Trois à quatre ans seraient nécessaires pour bâtir entièrement une usine et produire les premières munitions. "La rentabilité serait assurée à partir d'une production annuelle de 60 millions de cartouches sous réserve qu'un niveau de commandes constant soit assuré durant les cinq premières années", ont écrit les deux rapporteurs. Manurhin, qui ne veut pas redevenir un munitionnaire pour ne pas concurrencer ses clients, reste très intéressé par un tel projet. Il pourrait même y prendre une participation s'il se concrétisait.

Nexter très réservé sur ce projet

Le PDG de Nexter Systems, Stéphane Mayer, avait estimé quant à lui lors de son audtion à l'Assemblée nationale début mars "qu'il serait techniquement possible de recréer la filière des munitions de petit calibre mais que cela impliquerait des coûts très élevés, nous empêchant d'atteindre une compétitivité suffisante par rapport à nos concurrents qui disposent déjà d'une base industrielle et de marchés. Faute de perspectives de rentabilité satisfaisante, nous n'envisageons donc pas de nous relancer dans cette activité sur nos fonds propres".

Le général Charles Beaudouin pose les bonnes questions: "Le FAMAS était conçu avec sa munition et Nexter fabriquait les deux. L'arrêt de la filière relève d'un choix de politique industrielle qui se pose dans d'autres domaines. Peut-on maintenir toutes les filières et acheter systématiquement français ? Je ne le crois pas". D'autant que selon lui ce marché des armes de petit calibre est "assez erratique". Après des déboires avec un fournisseur des Émirats Arabes Unis (EAU), les forces armées s'approvisionnent désormais auprès du groupe américain, Alliant Techsystems Inc. (ATK), qui répond aux besoins.

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a écrit le 18/04/2016 à 12:29 :
Infos concernant les fournisseurs actuels de la France :

En 2009, le ministère de la Défense achète environ 32 millions de cartouches chez cinq fournisseurs. Ses 5,56 SS109 (dénomination américaine M855 et dénomination française F5) chez ATK (États-Unis) et Fiocchi Munizioni (en) (Italie), pour les panacher avec des traçantes fournies par Metallwerk Elisenhütte GmbH (Allemagne), chez Israel Military Industries (Israël) pour les 5,56 à balle ordinaire et les munitions à blanc. L'armée de Terre s'était fourni chez ADCOM Military Industries (Émirats arabes unis) pour les 5,56 M193 (dénomination française F3) mais avait dû abandonner ce fournisseur, à la suite de défaillances3causant une moyenne de deux incidents pour un million de cartouches tirée.

Des fabricants suisses ont également fournis les forces française et en 2014, il est prévu qu'elle devait recevoir environ 100 millions de cartouches de 5,56 de trois fournisseurs, chacun apportant un tiers du volume : Companhia Brasileira de Cartuchos (Brésil, maison mère depuis 2007 de Metallwerk Elisenhütte GmbH), BAE Systems (Royaume-Uni) et Alliant Techsystems (États-Unis).

Fin 2014, avec le remplacement du Famas prévu pour la fin de la decennie, on prévoyait une commande de l'ordre de 38 millions de cartouches de 5,56 x 45 mm d'exercice, chiffre qui être en augmentation avec l'arrêt des suppressions de postes dans la Défense.
a écrit le 13/04/2016 à 18:24 :
c'est surtout dommage de ne pas avoir trouvé à remplacer le FAMAS qui a été un échec cuisant :pas fiable, pas adapté au combat en milieu difficile et d'ailleurs jamais utilisé en opérations: c'était notre "Concorde" : trop cher( 10 fois la kalach) , trop fragile, car trop technique , encore un produit français lancé sans études marketing et donc sans acheteur potentiel ! les Israéliens nous proposaient une fabrication sous licence de leur arme de combat ! Eux ce sont les champions de l'efficacité et de la performance et ils ont une large expérience du métier ! on aurait pu relancer une production à St Etienne ! berceau de l'armement français
Réponse de le 20/04/2016 à 22:47 :
Les FAMAS est une très bonne armes, fiable, précise, de petite taille, mais différence problème n'on jamais réglées, chargeur trops fragile, pas de lunette de tir jour-nuit, develloper avec une munition qui n'ete pas selle standard de l'OTAN et surtout beaucoup trops chère ( il faut bien pays les fonctionnaires) . voilà la réalité....
a écrit le 12/04/2016 à 20:36 :
Pour les petits calibres, je dirais même les très petits calibres, il suffit de chercher au sein du parti socialiste :-)
Réponse de le 13/04/2016 à 14:42 :
plus petit et véreux qu'un ancien président à talonnettes, c'est difficile. mais peut-être est-ce là votre pitoyable référence, vous qui vous vous terrez dans un pays que vous méprisez, que vous ne connaissez pas et dont vous ne pouvez plus sortir (pauvre immigré !) et qui n'avez pas le courage de retourner dans votre pays d'origine... fut-ce pour y faire face, comme il se doit, à la justice. Quand rentrez-vous en france, cher patrickb ???? Votre "courage" s'arrêterait-il à vos propos mensongers, partisans et ridicules ?
Réponse de le 18/04/2016 à 1:31 :
Si vous chercher quelque chose de bouffi de promesses ridicules et qui foire à chaque fois vous ne serez jamais déçu par les munitions du PS
a écrit le 12/04/2016 à 18:52 :
Si la France avait une activité de tir (voire de chasse) plus sérieuse, l'industrie suivrait. C'est le cas des USA, où l'on trouve des armes et des munitions très diverses à des prix très bas. L'industrie des armes et des munitions y est florissante.
Réponse de le 13/04/2016 à 14:39 :
... et les tueries - qui font beaucoup plus de victimes réelles que n'importe quel acte soi-disant "terroriste - y sont tout aussi florissantes. bel exemple à suivre, vraiment !
a écrit le 12/04/2016 à 17:27 :
Le ministre de la défense/président de Bretagne aura t'il la gentillesse de ne pas arroser sa propre région et de créer cette filière ailleurs ?
Réponse de le 18/04/2016 à 1:46 :
Ne vous inquiétez pas cela servira à arroser la clientèle d'un politocard ou un autre...
a écrit le 12/04/2016 à 16:36 :
"Si un Français peut s'aligner....Et s'il est plus cher?" Voilà une bonne question!
Avec un peu de bon sens il faudrait comparer le prix français déduction faite des taxes et cotisations sociales qui retournent dans les caisses de l'Etat, au prix déboursé pour une importation qui est une sortie nette de devises. Comparer la dernière ligne de la facture revient à jouer au bonneteau et (Dieu) sait à quel point nous nous faisons avoir à ce petit jeu.
a écrit le 12/04/2016 à 16:00 :
Le "petit" calibre en question, le 5.56, (223 US militaire) naguère coqueluche de l'OTAN, n'est guère plus utilisé que par les pays en retard, comme la France, alors que tous les autres reviennent au 7.62, plus lourd et beaucoup plus efficace pour neutraliser des adversaires, selon nos propres troupes en OPEX. Mais voilà, changer les culasses et les canons cela coute cher, alors nos armées continuerons vraisemblablement à utiliser ce calibre fait pour les gibiers légers, qui n'arrête pas un homme, mais fait d'horrible zig zag dans son corps, en raison de sa vitesse et de son petit poids (3 à 5 grammes). Une hérésie (balistique) de plus.
Réponse de le 18/04/2016 à 12:15 :
Pardon ??? Le 5,56 reste le calibre standard de TOUTE les armées de l'OTAN. Le 7,62 est revenu pour les armes d'appui jusqu'au groupe de combat, les tireurs de précisions, etc, mais le fantassin de base garde le 5,56 dont les propriétés sont très nettement améliorés cette dernière décennie. La M855A1 à tout simplement le double de puissance par rapport au M855.
a écrit le 12/04/2016 à 15:31 :
A défaut d'une industrie nationale, il est impératif d'avoir plusieurs sources d'approvisionnement politiquement indépendantes, et de faire des stocks.
a écrit le 12/04/2016 à 13:34 :
Le problème s'est quand France tous se que nous fabriquons militairement parlent n'est pas au norme OTAN... Les Famas avec nos munitions de 5,56mm, les canons de 90 et 105mm et le plus drôle les obus de 155 mm de notre artillerie.... Comme cela nous ne pouvons exporter et nous gardons la vente de nos munitions sur l'exportation de nos materiel....Mais bon comme cette politique est peux performance, tous nos industries de munition sont complètement sinistrée... Encore un choix trops réfléchie par nos grands fonctionnaires....
a écrit le 12/04/2016 à 10:58 :
À voir si le besoin, le marché et la rentabilité sont là.

S'il ne s'agit que de flatter l'ego de quelques nationalistes, ils peuvent le faire sur leurs propres deniers.
a écrit le 12/04/2016 à 10:44 :
Nous etions fier d'apprendre à utliser le FAMAS en faisant son service militaire. Le fusil d'assaut multi usage francais. Maintenant, nous allons fabriquer des munitions. Espérons qu'elles seront compatibles avec le fusil etranger acheté, nos enarques seraient capable de se tromper. Mais quelle honte dans cette classe politique vendue aux lobbies et qui ne respectent meme plus ce que représentent la France. Honte à eux, à Le Drian qui met les avions Rafale sur les portes avions américains. J'ai honte. De Gaulle et Miterrand ne l'auraient jamais acceptés. Ne meme plus fabriquer un fusil et vendre notre force aux américains. Je ne suis plus fier d'etre francais à l'étranger avec ces politiques.
Réponse de le 12/04/2016 à 16:07 :
il n'y a aucune "fierté" à manipuler une arme et à apprendre à être un criminel de guerre. Les armes ne sont jamais que la force des faibles, des lâches, des dictateurs et de leurs nervis. Où vous situez-vous ?
Réponse de le 15/04/2016 à 14:33 :
Pour la petite histoire, un FAMAS coûte 10 000 francs dans les année 85 , actuellement il coûte 3000 euros , soit le double.... Il faut m'expliquer avec de bon argument pourquoi le prix n'a pas baisser après les 500 000 construits.... Donc nous ne pouvons compter sur un système publique, ou les valeurs des articles dépende de la dette social de notre pays.... Ensuite parlons d'un établissement priver, le but d'une entreprise est de gagner de l'argent et de faire pression sur la clientèle pour que cela perdure....voilà comment l'on perds encore un peut de notre indépendante.... Honte à nos politiques.
a écrit le 12/04/2016 à 10:14 :
c'est l'évidence il faut des gens courageux , quant aux défaitistes , ils trouveront toujours des raisons pour justifier leu choix..
Réponse de le 12/04/2016 à 16:05 :
des "gens courageux", ceux qui se terrent et qui entretiennent sciemment les petites rouilles mesquines du populo ? Ceux qui, par peur de l'"autre" et surtout par peur de perdre leurs plantureuses fonctions (et le soutien des petits copains industriels dont ils font la richesse à coups de marchés véreux), transforment le soi-disant pays des libertés en état policier et totalitaire, en état de non,-droit et en prison à ciel ouvert ? Quel "courage" y a-t-il à terroriser ses cons-citoyens et à paniquer dès que quelqu'un manifeste ? "Courage" ? Allons donc ! La fabrication d'armes et de munitions, c'est pour les lâches, les dictateurs et leurs nervis
Réponse de le 18/04/2016 à 1:52 :
Il faut rester un peut lucide, la France pays de liberté est une fable inventé en 1789 qui à perduré jusqu'à nos jour on ne sait comment. La fRance à toujours été une dictature plus ou moins prononcé ou la liberté n'existait que sur les fronton de maries.
a écrit le 12/04/2016 à 9:22 :
Le ministre a mille fois raison, et les autres sont là à répéter comme des perroquets une belle c.... de l'idéologie pseudo-libérale : acheter ailleurs si c'est moins cher, çà ne veut plus rien dire quand il s'agit de l'indépendance nationale.
a écrit le 12/04/2016 à 7:23 :
encore un fiasco en vue pour ' l'etat stratege' cher au x neo-keynesiens qui va mener des projets ' payes par personne'
ca me rappelle le minitel qui avait ete developpe pour ne pas etre compatible avec le bxt allemand, les largeurs des voies de chemin de fer qui sont volontairement differentes, etc......
au moins le general, il a la tete pret du bonnet! si ca munition ne marche pas correct, c'est lui et ses hommes qui sont morts, pas des ultra neo keynesiens dans des bureaux feutres
Réponse de le 12/04/2016 à 19:29 :
@Churchill
Quand les généraux ont la tête près du bonnet, ça donne la défaite en quelques semaines en 40.

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