EXCLUSIF Sanofi-Aventis : le Multaq obtient un avis favorable au remboursement en France

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Les experts scientifiques ont approuvé le remboursement à 65% du traitement. Reste à savoir quel sera le prix négocié avec le Ministère de la Santé.

Premier soulagement pour Sanofi-Aventis. Les experts de la Commission de la Transparence viennent de concéder un avis "favorable" au remboursement à 65%, en France, de son traitement contre les troubles du c?ur Multaq. Considéré par le laboratoire tricolore comme un potentiel blockbuster, le Multaq avait essuyé un sérieux revers mi-mars.

La Commission, chargée d?évaluer l?intérêt médical des nouveaux médicaments, avait estimé que le Multaq n?apportait pas de progrès thérapeutique (lire La Tribune du 22 mars). Un avis consultatif jugé assez sévère par les dirigeants du labo tricolore pour qu?ils demandent à être auditionnés par la Commission le 2 juin dernier, comme ils en ont la possibilité en cas de désaccord avec celle-ci. "Nous avons réexpliqué l?ensemble des éléments du dossier issus de nos développements cliniques" explique Philippe Tcheng, directeur des affaires publiques de Sanofi en France.

Au final, le "service médical rendu" (SMR) du Multaq a été jugé "important " contre un premier avis "modéré" en mars, ce qui garantit en principe au médicament un remboursement à 65%.

En revanche, la Commission n?est pas revenue sur son second critère d?évaluation, l?amélioration du service médical rendu (ASMR), qui note le progrès thérapeutique apporté par rapport aux traitements existants : le Multaq a obtenu la note 5, courante mais la plus mauvaise. "Multaq n?apporte pas d?amélioration du service médical rendu [...] mais représente un moyen thérapeutique supplémentaire utile" par rapport à son prédécesseur, l?amiodarone, indique la Commission dans son avis.

Seul hic : une ASMR 5 débouche généralement sur un prix inférieur à celui des produits similaires déjà commercialisés. "Or le prédecesseur du Multaq, l?amiodarone, est génériquée depuis longtemps et ne vaut donc presque plus rien", indiquait en mars un expert.

Les efforts du laboratoire vont donc se focaliser sur les négociations de prix avec le Ministère de la Santé, second interlocuteurs des labos lors de leur demande de commercialisation. "Sanofi va vraisemblablement mettre en avant la réduction des hospitalisations et des décès obtenue avec le Multaq [24%, ndlr]" souligne un proche du dossier. Un argument financier non négligeable en période de contrôle accru des dépenses de santé.

"Notre objectif est désormais de commercialiser Multaq d?ici la fin de l?année" a indiqué Philippe Tcheng à latribune.fr. Le laboratoire ne donne pas d?objectif de ventes mais rappelle que certains analystes attendent jusqu?à 900 millions d?euros de chiffre d?affaires pour le Multaq à l?horizon 2013.

 

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