Banques : les créances douteuses restent un problème en zone euro

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Au cours des trois dernières années, le stock des créances douteuses a diminué d'un tiers, a relevé Mario Draghi. Il dépassait les 1.15 milliards d'euros en 2014.
"Au cours des trois dernières années, le stock des créances douteuses a diminué d'un tiers", a relevé Mario Draghi. Il dépassait les 1.15 milliards d'euros en 2014. (Crédits : FMI)
Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, relève que le niveau des prêts au recouvrement improbable reste élevé en Europe par rapport aux banques américaines. Il appelle à des efforts supplémentaires les pays les plus concernés, ceux du Sud notamment. Un sujet qui préoccupe l'ensemble des autorités européennes.

Dix ans après la chute de Lehman Brothers, la plus grosse faillite bancaire de l'histoire américaine, dans le sillage de la crise des subprimes, ces prêts immobiliers à risque, les créances douteuses sont-elles toujours un problème dans le bilan des banques ? C'est en tous cas encore un sujet de préoccupation pour le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, de passage à Paris le mardi 18 septembre à l'occasion d'un colloque sur la supervision financière en Europe, organisé par la Banque de France et l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).

L'ancien gouverneur de la Banque d'Italie a reconnu que « au cours des trois dernières années, le stock de NPL [non-performing loans, prêts non performants, ndlr] des banques importantes a diminué d'un tiers », passant de 7,5% début 2015 à 4,8% début 2018. En volume, le stock de NPL au bilan des banques européennes dépassait les 1.150 milliards d'euros au troisième trimestre 2014. Il est tombé à 779 milliards d'euros au premier trimestre 2018 selon les chiffres de l'Autorité bancaire européenne (ABE), soit un ratio de 3,9% (ensemble de l'UE, dont hors zone euro), au plus bas depuis l'harmonisation de la définition. Un prêt est désigné non-performant « lorsque le retard de paiement dépasse 90 jours ou lorsqu'il apparaît peu probable, à la suite d'une évaluation, que l'emprunteur rembourse son prêt. »

« Si les créances douteuses diminuent au fur et à mesure que l'économie se renforce avec le soutien de notre politique monétaire accommodante, les ratios de créances douteuses des banques de la zone euro sont encore supérieurs à ceux des banques américaines. Des efforts supplémentaires sont nécessaires de la part des banques, des superviseurs et des régulateurs pour réduire le stock restant de NPL, surtout dans les pays où ces ratios restent élevés », a-t-il déclaré, sans les citer.

Grèce et Chypre plus mauvais élèves

Selon les statistiques du Fonds monétaire international (FMI) reprises par la Banque mondiale, le ratio de NPL aux États-Unis était très faible en 2017, à seulement 1,1% (il dépassait 4,5% en 2010), et la moyenne mondiale à 3,7%.

Les pays qui font chuter la moyenne européenne sont connus : il s'agit de la Grèce et de Chypre, où le ratio avoisinait les 40% fin 2017 (44,9% pour l'une et 38,9% pour l'autre), du Portugal (plus de 15%) et de l'Italie (11%), ainsi que la Slovénie et l'Irlande, à plus de 10%. L'Espagne a nettement réduit le sien, en dessous des 5%. D'autres pays hors zone euro affichent des ratios élevés, à l'image de la Hongrie, la Croatie et la Pologne.

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NPL créances douteuses en Europe FMI

[Prêts non performants en zone euro en milliards d'euros. Crédits : FMI, Global Financial Stability Report]

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Fin août, la première banque chypriote, Bank of Cyprus, a annoncé avoir vendu un portefeuille de 2,7 milliards d'euros de créances douteuses au fonds américain Apollo Global Management. Il manque en Europe un marché secondaire pour pouvoir écouler ces créances douteuses, généralement reprises par des fonds spécialisés américains prêts à supporter les risques.

Un Plan d'action de la Commission européenne

La Commission européenne a dévoilé en mars dernier un "Plan d'action pour la lutte contre les prêts non-performants en Europe", en discussion entre les États membres.

« Le volume total de [prêts non-performants] dans l'UE reste nettement supérieur à son niveau d'avant la crise (910 milliards d'euros). Les différences de ratios au sein de l'UE - ces ratios s'échelonnant entre 0,7 % et 46,7 % - et la lenteur de leur réduction dans certains États membres sont une source de préoccupation », soulignait alors la Commission.

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Créances douteuses banques Europe UE

[Ratios de NPL dans une sélection de pays européens. Crédits : Commission européenne/BCE]

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« Par le passé, des taux élevés de [prêts non-performants] ont plongé certains États membres dans des situations particulièrement difficiles, avec des incidences négatives sur la stabilité financière », rappelait en mars la Commission, en référence notamment à la crise irlandaise.

Cet été, l'Allemagne et la France se sont mises d'accord sur l'idée d'imposer un plafond de prêts non-performants bruts de 5% et de prêts non performants nets de 2,5% « pour toutes les banques suivies par le Conseil de résolution unique ainsi que toutes les autres banques ». En contraignant certaines banques à se débarrasser au plus vite de ces créances douteuses, le risque est cependant de les obliger à essuyer des pertes encore plus importantes en vendant dans de mauvaises conditions, donc potentiellement de les affaiblir davantage.

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a écrit le 19/09/2018 à 11:58 :
Ils sont gentils les USA mais eux ils ne détectent les créances douteuses que quand il est trop tard, on le sait tous puisqu'ils nous ont fait le coup il y a 10 ans.
Donc 1.1% de créances douteuses aux usa, pour être prudent, on peut multiplier par 20.
Réponse de le 19/09/2018 à 14:58 :
Effectivement,
je suis surpris que cela ne soit que 1,1%, surtout lorsque nous regardons certains domaines comme l'asset management, les prets à la consommation, la dette étudiante... De plus la dé-régularisation de prêts aux USA par Trump n'a probablement pas améliorer la situation et ouvre de nouveau la porte aux prêts immobiliers douteux.
Au USA, il existe des comptes bancaires avec des prêts revolving (renouvelables). Si les prêst sont remboursés avant terme, c'est à dire avant la fin du mois, l'empruntant gagne de l'argent, c'est a dire qu'il rembourse moins que ce qu'il a emprunté (un peu comme une retro-commission finalement). J'ai trouvé cela surprenant et je me suis posé la question du modèle économique derrière : le but est de mettre dans le rouge uniquement ceux qui ne peuvent pas rembourser (car les agios sont plus important), ce qui est classique; mais surtout de récupérer de la trésorerie de ceux qui peuvent rembourser pour pouvoir prêter encore plus à ce qui ne le peuvent pas...
Les entreprises de crédit personnel prête tellement aux pauvres qu'ils n'ont même plus l'assise pour assurer d'autres prêts... C'est surement la marque d'une industrie du crédit qui se porte bien....
a écrit le 19/09/2018 à 11:35 :
j'crois que l'on peut compter sur les ricains pour dissimuler leurs créances douteuses. :-)
Réponse de le 19/09/2018 à 14:04 :
Elles sont même pas aussi dissimulées que ça, c'est le gouvernement federal qui les a mis dans sa besace

• La dette étudiante détenue directement par le gouvernement fédéral avoisine 1,2 billion de dollars (ce chiffre n'inclut pas la dette étudiante détenue par les banques que le gouvernement fédéral garantit). En raison de ses avoirs en prêts étudiants, le gouvernement détient désormais plus de 30% de la dette de consommation américaine (deuxième graphique ci-dessous).

http://si.wsj.net/public/resources/images/B3-BR111_Dshot_NS_20180911030412.png
a écrit le 19/09/2018 à 8:09 :
"les ratios de créances douteuses des banques de la zone euro sont encore supérieurs à ceux des banques américaines."

Nos politiciens européens adorent conspuer le manque de règlementation américaine en ce qui concerne la finance alors qu'il y a plus de créances douteuses en UE qu'aux états unis.

Vite un frexit.

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