• La Tribune
  • La Tribune Dimanche
  • La Tribune Afrique
  • Air&Cosmos
  • |
  • Événements
  • L'instant Sélection
Une du journal La Tribune

Dernière édition

Flèche menu déroulant
Newsletters
Logo La Tribune
  • Économie
  • Finance
  • Tech & IA
  • Énergie & industrie
  • Transports
  • Défense & aérospatiale
  • Climat
Logo La Tribune
  • Économie
  • Finance
  • Tech & IA
  • Énergie & industrie
  • Transports
  • Défense & aérospatiale
  • Climat

Sélectionnez votre région

Logo La Tribune

RECHERCHER

Loupe

LTD
La Tribune Dimanche
Ouvrir dans une nouvelle fenêtre
Air&Cosmos icon
Air&Cosmos
Ouvrir dans une nouvelle fenêtre

À la une
  • Finances publiques
  • Fiscalité
  • Immobilier
  • Consommation
  • Distribution
  • Politique internationale
  • Finances personnelles
  • Banque & assurances
  • Marchés financiers
  • Intelligence artificielle
  • High tech
  • Télécoms
  • Start-up
  • Énergie
  • Politique industrielle
  • Chimie & pharmacie
  • Automobile
  • Mobilités
  • Aéronautique
  • Défense
  • Spatial
  • Environnement
  • Agriculture & agroalimentaire
Idées & débats
Kiosque numériqueNewsletters
La Tribune DimancheLa Tribune AfriqueAir&Cosmos
  • La Tribune Now
  • Votre argent avec Finance Héros
  • Construire les mobilités de demain
  • Fonction Finance 2.0 avec Cegid
  • Transformations durables avec Forvis Mazars
  • Accélérer avec le Cloud par AWS
  • Fisher Investments
  • Au coeur du business
  • VisionAir avec Bpifrance
  • Adaptabilité permanente : Le pouvoir d’agir avec IBM Consulting
  • Succès d'entreprises avec Deloitte
  • L'Œil sur vos Finances
  • Les Rencontres de Roissy Meaux Aéropôle
  • France Travail accompagne le Salon des Maires
  • La CCI Paris Ile-de-France, le réflexe des entrepreneurs
  • #La Tribune Business Interviews
  • #La Tribune Business Dossiers
  • #La Tribune Business TV
  • Instant Sélection
Événements
Entreprises & FinanceAéronautique & Défense

Plus d’avions, moins de pollution, l’incroyable pari de l’aéronautique

Photo de Fabrice Gliszczynski

Fabrice Gliszczynski

Publié le 18 juin 2015 à 05:16 - Mis à jour le 18 juin 2015 à 16:02

Le Quotidien Numérique

11 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
LireS'abonner

Les plus lus

  • 1

    La future plus grande centrale thermique du Burkina Faso obtient un soutien de 52 millions d'euros

  • 2

    Présidentielle : alerte aux extrêmes. L’édito de Bruno Jeudy

  • 3

    Pourquoi Xavier Niel continue d’étendre son empire télécom dans le monde

  • 4

    SONDAGE PRÉSIDENTIELLE. Le Pen en tête, Mélenchon progresse

  • 5

    Pourquoi l’industrie automobile française procède à une saignée sociale chez ses ingénieurs

  • 6

    Raphaël Glucksmann coprésident de place publique : « Les militants socialistes ont choisi la bonne voie »

Régions

  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne-Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur

La Tribune +

  • Espace abonné
  • Kiosque numérique
  • Annonces légales
  • Déposer vos annonces légales

Services

  • Supplément
  • La Tribune now

Evénements

  • ACT50
  • Aéroforum
  • AIM
  • Bordeaux Solar Summit
  • Family & Business Forum
  • Forum Europe Afrique
  • Impacts Santé
  • Les Lauréates
  • Paris Air Forum
  • Sommet Aéronautique & Spatial de Bordeaux
  • Sommet Économique de la Corse
  • Tech For Future
  • World News Media Congress
  • Tous nos événements en régions

Pour gérer vos consentements,

Suivez-nous sur les réseaux sociaux

YouTube
LinkedIn
Facebook
Instagram
X

Application mobile

App Store
Google Play

  • Nous Contacter
  • Charte d'indépendance et de déontologie
  • Mentions Légales
  • CGU
  • CGU Pro
  • Gestion des cookies
  • Exercez vos droits
  • Politique de confidentialité

Droits de reproduction et de diffusion réservés @LaTribune

Partenaire digital de confiance - Certification de qualité
  • La Tribune
  • La Tribune Dimanche
  • La Tribune Afrique
  • Air&Cosmos
  • |
  • Événements
  • L'instant Sélection
Google icon
Ajouter La Tribune à vos sources préféréesAjouter La Tribune à vos sources préférées
Ce jeudi, au Salon du Bourget, la journée sera consacrée à l'environnement. Depuis l'ouverture du Salon, de nombreuses innovations sont présentés par les industriels français à la pointe de la recherche pour une aéronautique propre et durable. Le transport aérien qui génère seulement entre 2 et 3% des émissions de dioxyde de carbone d'origine humaine n'est pas concerné par la COP21. Mais malgré l'explosion à venir du trafic et du nombre d'avions, il s'engage pourtant à réduire de moitié ses émissions...

La lutte contre le réchauffement climatique est l'un des temps forts du 51ème salon du Bourget. Alors que les industriels français de l'aéronautique présentent sur le pavillon du Corac, le conseil pour la recherche aéronautique civile, de nombreuses innovations permettant de réduire les émissions de CO2 de l'aviation,  l'ensemble de la journée de ce jeudi sera consacré au développement durable avec une réunion du Corac qui tracera sa feuille de route en termes de recherche pour les prochaines années, en présence de Laurent Fabius ministre des affaires étrangères et de Ségolène Royal ministre de l'Ecologie, du développement durable et de l'énergie.

Cop21 en France

Une présence politique destinée à mettre en lumière la conférence mondiale sur le climat COP21 qui se tiendra en décembre prochain à Paris et que présidera Laurent Fabius. Il s'agira de présenter «toutes les mesures que prend la filière aéronautique en faveur du climat », explique Marwan Lahoud, président du Gifas et directeur général délégué d'Airbus Group, qui cite l'exemple d'Airbus Group, dont « 80% de la recherche-développement est orientée vers des mesures éco-efficaces », pour illustrer la mobilisation des industriels de l'aéronautique pour la lutte contre les émissions.

2 à 3% des émissions

Pour autant, malgré ce coup de projecteur, le transport aérien n'est pas concerné par la COP21. Ce secteur qui génère entre 2 et 3% des émissions de dioxyde de carbone (CO2) d'origine humaine a en effet été exclu du protocole de Kyoto, entré en vigueur en 2005. La problématique du développement durable de l'aviation est traitée au sein de l'OACI, l'organisation internationale de l'aviation civile, qui régit le transport aérien. Aussi, pour les transporteurs, l'année cruciale pour la lutte contre les émissions de CO2 ne sera pas 2015 mais plutôt 2016 avec l'assemblée générale de l'OACI. Celle-ci va en effet tenter d'arracher un accord au niveau mondial sur des mesures à prendre pour réduire l'empreinte carbone du transport aérien, non pas par la taxation comme a tenté de le faire de manière isolée Bruxelles en intégrant en 2012 l'aviation dans son système d'échanges de quotas d'émissions (ETS ou Emissions trading scheme), mais par un système de compensations poussant, par exemple, les compagnies à financer des programmes de reforestation au prorata de leur volume d'émissions de CO2, ou à s'engager à utiliser des biocarburants Appelé MBM (Market based measures), ce système s'appliquerait à toutes les compagnies aériennes et permettrait, en cas d'accord bien, d'éviter les violentes crises diplomatiques observées lors de la mise en vigueur de l'ETS européen. Ce dernier avait en effet soulevé l'ire d'un grand nombre de pays tiers, hostiles à cette mesure unilatérale contraire aux règles internationales du transport aérien.

Certains pays avaient pris des mesures de représailles à l'encontre de l'Europe. Pékin avait par exemple gelé des commandes d'Airbus. Ce système d'ETS ne convenait pas non plus aux compagnies européennes qui déploraient une distorsion de concurrence avec les transporteurs non communautaires. Au final, Bruxelles a suspendu cette mesure pour les vols internationaux le temps que l'OACI trouve une solution au niveau mondial, et ne l'a maintenu que pour les vols intra-européens.

Plafonner les émissions dès 2020

Définir des mesures de marché au niveau mondial est l'un des grands dossiers identifiés par l'industrie du transport aérien pour lutter contre le réchauffement climatique. Il n'est pas le seul. Au-delà d'un système de compensation, les compagnies aériennes veulent aller beaucoup plus loin en inversant la courbe de leurs émissions de CO2 en dépit de la spectaculaire hausse du trafic aérien.

Newsletter

Industrie et service

Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Illustration de la newsletter Industrie et service

Elles se sont engagées sur des objectifs chiffrés très ambitieux (c'est d'ailleurs le seul secteur a l'avoir fait). L'association internationale du transport aérien (Iata) entend en effet stabiliser les émissions de CO2 du secteur d'ici à 2020, puis les baisser de 50% d'ici à 2050 par rapport à 2005. Des objectifs d'autant plus ambitieux que le trafic aérien ne cesse de croître à un rythme effréné. Avec une croissance du trafic estimée par tous les acteurs du secteur à environ 5% par an, il double en effet tous les 15 ans. Il devrait s'élever à 7 milliards de passagers d'ici à 2032, et peut être 16 milliards en 2050, contre 3,4 milliards en 2014 et 1,5 milliard en 2003. De facto, le nombre d'avions dans le ciel augmente à vue d'œil. La flotte mondiale, qui comptait en 2014 plus de  23.000 appareils, et devrait atteindre près de 45.000 appareils en 2034, selon Boeing.

3 litres au 100 kilomètres par siège

De quoi annihiler l'extraordinaire baisse de la consommation des avions, qui a déjà chuté de 75% depuis les années 50-60, à trois litres aux kilomètres par passager. Du coup, les objectifs des compagnies aériennes interpellent : réduire de 50% les émissions de CO2 ne constitue-t-il pas un vœu pieux ?

« C'est un bel objectif, très ambitieux », reconnaît un industriel de l'énergie. « Sera-t-on en 2050 sur une réduction des émissions de 50, 40 ou 30%, je ne sais pas », indique-t-il. En tout cas, ce dernier reste confiant sur la capacité du secteur d'inverser de manière significative la courbe des émissions du transport aérien. Les compagnies aériennes n'ont pas le choix. Elles sont obligées de s'engager dans cette voie pour non seulement éviter de courir le risque d'une taxation à outrance qui risquerait de renchérir le prix du billet et casser la croissance du trafic, mais aussi pour rendre acceptable tous les investissements aéroportuaires dont elles ont besoin pour croître.

«La réduction des émissions constitue un peu leur droit de croître. C'est le seul moyen de rendre le transport aérien acceptable et d'éviter que les compagnies passent pour le vilain petit canard», fait remarquer un observateur.

Surtout que, comme l'explique Daniel Gaffié, spécialiste de la propulsion aéronautique à l'Onera, le centre français de R/T en aéronautique, défense et espace, « l'on s'attend à un durcissement de la réglementation vis-à-vis des particules de suie, un polluant majeur à l'origine de la formation des traînées de condensation qui contribue au réchauffement climatique global et affecte la qualité de l'air en zone aéroportuaire »

Reste que, pour atteindre les objectifs ou s'en rapprocher, il faudra que tous les astres soient alignés. Autrement dit que tous les leviers possibles soient actionnés tant sur le plan des opérations des compagnies aériennes, que sur celui de la gestion du trafic aérien et des performances des avions avec des moteurs plus sobres et des équipements plus légers, sans oublier, la substitution de tout ou partie du kérosène par une un carburant ou une énergie moins polluante.

A la recherche du « vol parfait »

En ce sens, les travaux sur le « vol parfait », que mènent Airbus et plusieurs compagnies aériennes sont très encourageants. Comme le précise l'avionneur, un «vol parfait » est un vol commercial combinant toutes les meilleures pratiques connues à ce jour, notamment « l'exploitation d'appareils économes en carburant, l'utilisation de carburants alternatifs durables et la mise en place d'un système de gestion du trafic aérien rationalisé, ainsi que des opérations au sol et en vol optimisées ». En 2012, un « vol parfait » réalisé avec un A319 en Amérique du Nord a permis en effet à Air Canada de réduire de 40% les émissions de CO2 par rapport à un vol standard.

Seulement trois ans plus tard, les résultats seraient bien plus spectaculaires avec l'avancée de la recherche. Les sources d'économies de pétrole sont en effet multiples. Qu'il s'agisse d'ipads pour contenir l'énorme documentation de vol des pilotes, d'« electric  taxiing » -ces petits moteur électrique placés sur les trains d'atterrissage pour diriger l'avion sur les taxiways des aéroports et éviter l'usage des réacteurs-, d'optimisation par les pilotes de l'emport de carburant, des descentes des vols continues et non par palier beaucoup plus consommatrices de carburant...,  le potentiel de mesures opérationnelles sont en effet nombreuses pour économiser du kérosène.

Trois sauts technologiques majeurs

Pour autant, l'essentiel des progrès passera par des sauts technologiques significatifs sur d'autres leviers structurels. Trois sont majeurs : la gestion du trafic aérien, le développement d'avions et de moteurs plus performants, et le développement de biocarburants. Des efforts qui nécessitent des investissements colossaux de la part des industriels de l'aéronautique, des pétroliers, mais aussi de la recherche, tant publique que privée.

La modernisation des services de navigation aérienne est un sujet clé pour l'ensemble des pays. Aux Etats-Unis, en Europe, en Chine, au Japon...partout dans le monde, les Etats veulent non seulement améliorer la sécurité des vols mais aussi augmenter la capacité de l'espace aérien.  Objectif : absorber la croissance du trafic et réduire les retards des vols, dont chaque minute supplémentaire gaspille des dizaines de litres de kérosène. L'idée est donc d'optimiser les routes aériennes en réalisant des trajectoires plus directes et en partageant mieux le ciel avec les militaires.

Aux Etats-Unis, c'est tout le sens du programme de modernisation du contrôle aérien Next-Gen, en cours de déploiement. En Europe, c'est  l'objectif du projet de ciel unique qui vise à harmoniser l'espace aérien européen aujourd'hui fragmenté en multitudes de centres de contrôle. Ce projet, qui s'appuie sur le volet technologique du programme Sesar, permettrait de réduire les émissions de CO2 de 10% en Europe. Pour autant, si la modernisation des outils des contrôleurs est en cours de déploiement, malgré les réticences d'une partie des contrôleurs, le projet de ciel unique européen est au point mort en raison de divergences entre pays. D'où l'appel de certains membres de la Commission de passer directement l'implémentation des nouveaux outils avant d'envisager le ciel unique.

Des avions plus performants

Autre levier fondamental pour réduire les émissions, l'utilisation d'avions récents. Au cours des prochaines années, la composition des flottes va profondément changer avec l'arrivée en masse d'appareils moins gourmands en kérosène. En service depuis fin 2012, le Boeing 787, qui consomme 20% de moins que les biréacteurs long-courriers de la génération précédente, est désormais produit au rythme de 120 unités par an. Un rythme que devrait atteindre en 2017 Airbus avec son dernier-né, l'A350, un biréacteur de 290 à 360 sièges. S'ajouteront les versions remotorisées de l'A330 (l'A330 Neo), dont la mise en service est prévue en 2017, puis la nouvelle génération de B777 (B7779X et 8X), à partir de 2020, et peut être un jour une version remotorisée et allongée de l'A380. Tous ces avions consommeront près de 2  litres au 100 kilomètres par passager. Sur le moyen-courrier, l'arrivée sur le marché des versions remotorisées de l'A320 et du B737 (A320neo en 2015 et B737Max en 2017), entraîneront également une réduction de la consommation de carburant d'environ 15%.

Open rotor?

Mais, si les choix technologiques à l'horizon 2030-2040 sont connus pour les gros-porteurs, rien n'est tranché sur les avions court et moyen-courriers qui commenceront à succéder aux A320neo et les B737Max quelque par dans les années 2030. Certes, l'aérodynamique sera améliorée pour réduire la trainée, les matériaux composites ou des alliages d'aluminium seront davantage utilisés, l'électricité également pour actionner les différents équipements à la place des circuits électriques, mais le choix de la voilure (aile laminaire ou pas) et de la motorisation n'est pas arrêté. Aujourd'hui, des avions équipés d'« open rotors » - deux moteurs à hélices de 4 mètres de diamètre situés à l'arrière de l'avion- constituent le choix le plus audacieux. Cette motorisation, sur laquelle travaille notamment Snecma (Safran) et General Electric, réunis au sein de leur coentreprise CFM International, permettrait de réduire la consommation de carburant de 25% par rapport au moteurs CFM56 d'aujourd'hui.

Demain, l'avion électrique ou bien les biocarburants ?

Et après ? Alors que tous les yeux sont rivés sur le le tour du monde de Solar Impulse, les chances de voir des avions solaires transporter des passagers en masse d'ici 2050 restent extrêmement faibles. Focalisant lui aussi l'attention, l'avion électrique a plus de chance de voir le jour. Pour des appareils de petite taille, il présente aujourd'hui le potentiel d'amélioration le plus important. Airbus Group, qui a effectué en 2014 le premier vol de l'E-Fan, un petit biplace mû par des batteries au lithium-ion-polymère prévu en 2017, travaille sur un projet d'avion régional électrique de 100 places pour 2030. Certains experts jugent plutôt crédible d'imaginer un tel appareil volant sur des distances de 1.000 kilomètres d'ici à 2050. On en est encore très loin. L'un des gros enjeux se situe au niveau du stockage de l'énergie et de sa distribution vers les organes propulsifs. Tout dépendra donc de la capacité des fabricants à mettre au point des batteries électriques disposant d'une capacité de stockage par kilo multipliée par dix pour faire décoller et voler un avion commercial. Très compliqué !

Aussi, comme le rappelle Philippe Boisseau, directeur général marketing & Services de Total, « sauf révolution majeure, le kérosène sera toujours le principal carburant en 2050 ». L'objectif sera donc de le rendre le bio en développant des biocarburants pour l'aviation qui respectent les mêmes spécificités que le jetfuel.

Les producteurs de pétrole ont donc un rôle fondamental à jouer dans le développement d'un biocarburant pour l'aviation. L'an prochain, lors de son assemblée générale, l'OACI devrait faire des recommandations pour la mise en place de mesures de marché de biocarburant pour 2020.

Pour autant, la route est longue. L'histoire des biocarburants n'en est qu'à ses débuts. « Il n'y a pas de marché aujourd'hui, nous sommes dans une phase de démonstration d'un carburant alternatif au jet-fuel », explique un expert du secteur. L'objectif est donc de créer ce marché et démontrer que cela fonctionne. «Pour l'heure, explique Mickaël Sicard, chimiste expert carburants aéronautique à l'Onera, seuls trois biocarburants certifiés par l'organisme international ASTM (valable sur tous les avions et partout dans le monde), ont un impact favorable sur les émissions de CO2 : les BtL (pour biomass to liquid) qui vise à transformer de la biomasse en carburant par le procédé Fischer-Tropsch ; les HEFA  obtenus à partir d'huiles d'origines végétale ou animale ; et le Farnesane de Total et de la société Amyris qui se base sur l'utilisation du sucre ».

Tous ces biocarburants sont mélangés à du kérosène Jet A-1 à hauteur de 50% pour les BtL et les HEFA, et à 10% pour le Farnesane, mais le taux d'incorporation de ce dernier peut grimper à 20% dit-on chez Total. Surtout, en le mélangeant à un autre biocarburant sur lequel travaille le groupe français pour la prochaine décennie, à base de sucre cellulosique, le taux d'incorporation pourrait grimper à 40%. « L'objectif de toutes ces filières n'est pas de remplacer entièrement le kérosène », explique un expert. Selon lui, les biocarburants pourraient représenter 45% de la consommation en 2050.  Un bio-kérosène émettant 70% d'émissions en moins qu'un carburant d'origine fossile, les économies seraient en effet déjà spectaculaires.

Pour autant, pour imposer les biocarburants, les industriels doivent en réduire le coût. Ce dernier reste le principal obstacle au développement des bio-fuels. Les  coûts de production seraient aujourd'hui entre trois et dix fois supérieurs (voire plus) que le kérosène. Mais une production de masse réduirait cet écart. Total par exemple espère afficher d'ici une dizaine d'années un prix de son bio-jet proche de celui du kérosène.

Mais avant de produire en masse, les pétroliers doivent au préalable convaincre que leur produit fonctionne en toute sécurité. D'où la multiplication d'expérience de vol avec des bio-jet-fuel, comme le fait Air France dont un A320 effectue chaque semaine entre Paris et Toulouse un vol avec du farnesane.

______

>>> RETROUVEZ TOUTES LES VIDEOS DU PARIS AIR FORUM 2015

DEBAT Réduire les émission de CO2 : un voeu pieux ?

Trois questions à Alexandre de Juniac, Pdg d'Airbus Group / 
Propos recueillis par Laurent Lequien



Trois questions à Marwan Lahoud, Pdg d'Airbus Group / 

Propos recueillis par Laurent Lequien

DEBAT Les secrets de l'avion électrique

À lire également

  • Aérien: les profits des compagnies US, l'arbre qui cache la forêt ? (Iata)
  • Statistiquement, en volant tous les jours, il faudrait 6.500 ans pour qu'un voyageur ait un accident d'avion (Iata)
  • Airbus, Boeing..., portrait robot des avions du futur!
  • Les Airbus auront-ils demain une autre silhouette que les Boeing ?

 >>> TOUTE LA SEMAINE, RETROUVEZ LES VIDEOS DU PARIS AIR SHOW 2015

Fabrice Gliszczynski

Sur le même sujet

Les débits enregistrés en juin 2026 sur le Rhône seraient "parmi les plus bas enregistrés sur un mois de juin depuis 1920", indique CNR.

Hydroélectricté : face aux canicules à répétition, la Compagnie Nationale du Rhône planche sur l'adaptation

Quatre ans après la sécheresse historique de 2022, qui avait déjà impacté les débits des cours d'eau (dont celui du Rhône), les canicules à répétition ont également un impact sur la Compagnie nationale du Rhône (CNR), qui exploite plusieurs barrages sur le fleuve.

Premium
Energie
Les trois éoliennes de la ferme-pilote EFGL, le 8 juillet 2026.

Éolien flottant : les géants des mers à l’épreuve des premiers électrons

REPORTAGE - Les trois éoliennes flottantes du golfe du Lion vont être mises officiellement en service dans les prochains jours. Cette ferme-pilote produit déjà des électrons et subit les derniers tests. La Tribune s’est rendue au pied de ces géants des mer.

Premium
Energie
Sous la pression de la crise énergétique et des industriels, Bruxelles s'apprête à réformer en juillet le marché du carbone européen, au cœur d'une bataille sur l'avenir des quotas gratuits et le coût du CO2.

Réforme du marché carbone européen : Bruxelles temporise, Paris cherche sa ligne, industriels et ONG s’affrontent

Face à la concurrence industrielle internationale, Bruxelles promet de réformer son marché carbone européen (ETS) et d’en présenter une première monture dans les jours à venir. Le dossier est qualifié de « sensible », au point que Paris cherche encore la position à tenir dans ce dossier. Les industriels menacent de fermeture d’usines en Europe s’ils n’obtiennent pas gain de cause, tandis que les ONG mettent la pression pour ne pas reculer.

Premium
Politique industrielle
Maud Bregeon, ministre de l’Énergie et porte-parole du gouvernement, a dressé hier un point d’étape du plan d’électrification.

« 100 territoires d’électrification » : les nombreuses inconnues d’un chantier clé du gouvernement

Mesure phare du plan d’électrification, le dispositif visant à accélérer la sortie du gaz, du fioul et le déploiement de la mobilité électrique dans 100 territoires reste entouré de nombreuses zones d’ombre. Règles du jeu peu lisibles, financement incertain, couac de communication et arbitrages encore en cours… Plongée dans les coulisses d’un chantier gouvernemental loin d’être achevé.

Premium
Energie
Dans le port de Port-la-Nouvelle, les premières éoliennes des fermes-pilotes avant leur départ pour la haute mer.

Le toulousain Bohr Énergie lève 10 millions d'euros pour accélérer son déploiement européen

La plateforme d'agrégation et d'optimisation des énergies renouvelables a bouclé un nouveau tour de table. Elle compte doubler de taille en un an.

Premium
Energie
Olivier Tainturier est chargé de mener à bien les 150 projets industriels inscrits dans la méthode "Notre-Dame".

Stratégie « Notre-Dame » : un coordinateur nommé pour accélérer la construction de 150 usines stratégiques en France

Afin de mettre en œuvre la stratégie « Notre-Dame », qui consiste à accélérer fortement l’implantation de 150 usines stratégiques en France, le ministre de l’Industrie sera désormais épaulé par une personnalité qu’il connaît bien. L’ancien sous-préfet de Chalon-sur-Saône Olivier Tainturier va ainsi être nommé coordinateur de cette stratégie, selon des informations de La Tribune.

Premium
Politique industrielle
Pascal Portelli est président d’Ignes depuis 2025.

Pascal Portelli (Ignes) : pour électrifier le territoire, « il ne suffira pas de prononcer des discours depuis Paris »

Alors que la ministre de l’Énergie, Maud Bregeon, s’apprête à réunir « l’équipe de France de l’électrification », le président de l’alliance des industriels des solutions électriques et numériques du bâtiment (Ignes), Pascal Portelli, sort de son silence et dévoile, à La Tribune, l’ancrage territorial de ses adhérents. Au-delà des annonces, la filière réclame des critères de souveraineté et un soutien accru aux équipements produits localement.

Premium
Energie
Pour les véhicules électriques, "l’électrification convainc davantage que quand elle est vécue que lorsqu’elle est seulement décrite".

Pompes à chaleur, radiateurs, véhicules électriques… Près de deux Français sur trois voient l'électrification d'un bon œil

La Tribune révèle un sondage de l’Ifop sur l’électrification des usages, « perceptions, équipements et acceptabilité » commandé par la Fédération des industries électriques, électroniques et de communication (Fieec). La ministre de l’Énergie, Maud Bregeon, reçoit, ce mardi, « l’équipe de France de l’électrification ».

Premium
Energie