Du champ aux podiums des défilés, le lin cherche à prendre du galon
Nathalie Jourdan
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Championne du monde de la culture du lin, la filière européenne est loin d'avoir exprimé tout son potentiel.
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Championne du monde de la culture du lin, la filière européenne est loin d'avoir exprimé tout son potentiel.
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C'est la fibre superstar des magazines de mode et de déco, qui louent son caractère écologique à longueur de pages. Bon pour la planète, car peu gourmand en eau et en intrants, le lin se pare de toutes les vertus à l'heure du changement climatique. Le monde agricole l'a bien compris. Les surfaces cultivées à travers le monde ont plus que doublé (+133 %) au cours de la décennie 2010-2020. Une hausse spectaculaire.
A ce jeu de gagne-terrain, le Vieux Continent fait la course en tête grâce à trois pays : la France, la Belgique et les Pays-Bas. Ils concentrent à eux seuls 80% de la production mondiale. En 2021, ils ont produit 240.000 tonnes de fibres, contre 170.000 dix ans plus tôt, selon une étude exhaustive publiée cette semaine par l'Alliance du lin et du chanvre européens, avec le soutien de l'Institut français de la mode et la Région Normandie. Laquelle peut s'enorgueillir de produire 40% du lin mondial.
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La filière est pourtant loin d'avoir exprimé tout son potentiel, si l'on en croit l'interprofession. Malgré le regain d'intérêt qu'elle suscite, la plante à fleur bleue demeure impuissante à détrôner le roi coton dans l'univers de la mode, de loin son premier débouché (76%) avant celui de la décoration. Et l'on ne parle même pas du polyester, champion toutes catégories des fibres textiles. « Le taux de pénétration du lin sur les marchés finaux est inférieur à 2% », nous apprend la même enquête. Un niveau epsilonesque.
Nathalie Jourdan