LA TRIBUNE- Quel lien faut-il faire entre inclusion et urbanisme ?
BENJAMIN PRADEL - L'inclusion c'est l'inverse de l'exclusion. Cela consiste à penser la participation de l'ensemble des personnes qui composent la société de manière égalitaire. Certaines personnes ou groupes de personnes ont plus de difficultés que d'autres à accéder aux ressources sociales, économiques, culturelles, éducatives, qui permettent de répondre à leurs besoins et à construire leur vie comme elles le désirent. Et cette question de l'inclusion par l'accès s'adresse en partie à l'urbanisme entendu de manière large en tant que manière d'aménager et d'organiser les agglomérations humaines et de disposer l'espace urbain ou rural, bâtiments, rues, infrastructures, etc. pour obtenir un meilleur fonctionnement et améliorer les rapports sociaux. L'urbanisme doit s'adresser aux inégalités d'accès car il construit notre environnement de vie, mais aussi au sentiment de légitimité à être dans des villes qui sont à la fois de formidables machines à inclure mais aussi à exclure. C'est à la fois une discipline professionnelle et une action politique qui doit se saisir de cette question des exclusions pour préserver le vivre-ensemble.