Les commerces de proximité s'unissent contre Amazon

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Au Puy-en-Velay (Haute-Loire) par exemple, des commerçants associés via l'office de commerce et d'artisanat de la ville, ont lancé leur e-boutique.
Au Puy-en-Velay (Haute-Loire) par exemple, des commerçants associés via l'office de commerce et d'artisanat de la ville, ont lancé leur e-boutique. (Crédits : DR)
En France, il n'y a peut-être pas d'Alibaba, mais il existe des milliers de commerçants de proximité.  Encore rares sur la toile, leur existence physique représente un avantage.

Et si le "petit commerce" prenait sa revanche sur les Amazon et autres Zalando... Pas question, certes, de rivaliser avec des mastodontes capables de lever des millions (voire des milliards) en Bourse. Mais les enseignes indépendantes ont peut-être une épingle à tirer dans un jeu dont la cagnotte pour 2014 est estimée à 56,5 milliards d'euros, par la Fédération du e-commerce et de la vente à distance. Soit près d'un quart du total des recettes que la vente en ligne devrait générer cette année en Europe de l'Ouest

 ENTRE 3 ET 4 FOIS PLUS DE COMMERCES PHYSIQUES QUE D'E-COMMERCES

Dès le mois de janvier, le cabinet Xerfi, dans une étude prévisionnelle sur les perspectives du marché pour 2020 constatait :

 "Jusqu'ici restés en retrait du e-commerce, les petits commences indépendants de proximité passent à l'offensive (...) Avec 36 600 communes et plus de 600.000 commerces de proximité, le potentiel est énorme."

Au salon du e-commerce qui se tient du 23 au 25 septembre, les thèmes-stars, ce sont plutôt nouvelles les solutions logistiques ou les applications mobiles qui sont à l'honneur. Pourtant, le potentiel est bien là, reconnaît Jérôme Letu-Montois, directeur du salon. Avec "150.000 sites actifs marchands d'ici la fin de l'année et une croissance de 10%, le secteur, le e-commerce se porte bien en France", et il embauche, pointe-t-il. Le responsable de ce salon constate, que, dans le même temps "la demande de magasins de proximité en centre-ville progresse comme le prouve les ouvertures de magasins d'alimentation de petite surface par les grands distributeurs."

Acheter en ligne... et compléter son panier sur place

Or, justement, taille à l'heure de l'avènement du "click & collect" (acheter en ligne, récupérer sa commande en magasin), les commerces indépendants ou de proximité bénéficient d'un atout de taille : un point de vente physique. Et il se trouve que 64% des consommateurs ayant retiré un produit acheté sur internet dans un magasin en ont profité pour acheter un produit sur place, selon le baromètre de mediametrie/NetRatings pour la  Fevad publié ce 23 septembre...

Pour se faire connaître, la solution du moment, c'est de s'offrir un stand sur l'une des "places de marché" qui pullulent chez tout les grand e-commerçants. Ces espaces ouverts aux e-commerçants par la plupart des sites marchands permet de leur faire bénéficier d'une forte visibilité, tout en générant de plus en plus de revenus pour eux. Sur Amazon par exemple, consulté au moins une fois par mois par un tiers des internautes selon Mediametrie/netRatings, près de 40% des ventes seraient réalisées par ces vendeurs tiers, indiquait le dirigeant de sa filiale française jeudi 18 septembre lors d'une conférence.

L'autre solution, par exemple afin de mutualiser les frais liés aux livraisons, consiste à se réunir entre commerçants d'une même ville ou d'un même quartier. Au Puy-en-Velay (Haute-Loire) par exemple, des commerçants associés via l'office de commerce et d'artisanat de la ville, ont lancé leur e-boutique. Ailleurs, "Les boutiques réunies" souhaitent faire la même chose pour les magasins indépendant et multimarques dans le prêt-à-porter. Leur objectif ? "Apporter à de petites structures une visibilité nationale tout en leur permettant de conserver leur indépendance vis à vis de la distribution", clament-ils sur la plateforme de prêt solidaire HelloMerci.

 Succès des produits "typiques"

Pour l'instant, le nombre de commerçants indépendants qui ont sauté le pas reste faible. "Les commerçants physiques ne représentent moins de 10%" des quelques 45.000 e-boutiques françaises ouvertes via Prestashop, indique  Benjamin Teszner, PDG de cette société qui fonde son modèle sur le développement de boutiques en ligne par des "petits" e-commerçants. Mais le "le potentiel de croissance est énorme", juge-t-il. "Sur les 100.000 cybermarchands français que nous recensons" - un peu moins que la Fevad, donc, qui en compte 150.000 d'ici fin 2014 - "98% engrangent un chiffre d'affaires inférieur à 1 million d'euros", souligne-t-il.

Grâce au web, les commerçants de quartier et les producteurs locaux pourraient même envisager de voir plus loin que le bout de leur rue.  développent rapidement les ventes transfrontalières. "Tout ce qui est typique comme certaines marques pour le prêt-à-porter et l'épicerie régionale" dans l'alimentation a du succès à l'étranger remarque Benkamin Tezsner. de citer le succès d'un producteur de foie gras du Sud-Ouest "qui est parvenu à "doubler ses ventes" en distribuant ses produits en Allemagne et en Espagne.

Même la Chine?

 Quant à aller plus loin, sur le marché chinois, qui devrait détrôner "dès 2015" les Etats-Unis comme premier marché du e-commerce au monde ? Il suffirait "de voir l'engouement des Chinois quand ils viennent sur les Champs-Elysées", s'enthousiasme Jérôme Letu-Montois, qui cite chiffre de 500 millions d'internautes "dotés d'un pouvoir d'achat souvent équivalent aux cadres occidentaux", pour comprendre que "nous avons une carte à jouer". En l'occurrence, dans le luxe. Pour aller les chercher, commerçant indépendant ou pas, ce sera bien sûr sur Alibaba, site qui rappelons-le - a fondé son succès sur l'ouverture du marché chinois aux commerçants étrangers, qu'il faudra compter.

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Commentaires
a écrit le 17/03/2015 à 12:04 :
Allibaba ne détrônera jamais Ebay et encore moins Amazon , pour la simple raison que ces groupes proposent beaucoup plus de services de qualités et sont implantés d'une manière internationale. De même, ils innovent pour le futur dans d'autres domaines (pareillement pour facebook) ; La chine ne dépassera jamais les Usa pour cause de démographie non maitrisée et de dépendance au marché mondial, surtout au niveau PIB/habitant (delta ultra conséquent) .
a écrit le 26/09/2014 à 14:41 :
@LucM,The Dude : "En France, il n'y a peut-être pas d'Alibaba, mais il existe des milliers de commerçants de proximité."
La première phrase témoigne déjà de l'amateurisme de la pigiste. Alibaba livre internationalement et est en train d'écraser eBay et Amazon.
a écrit le 26/09/2014 à 11:36 :
Vous pourriez vous relire quand même les gars!
a écrit le 26/09/2014 à 10:32 :
Article mal rédigé !

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