En raflant Bolloré Logistics, CMA CGM va réaliser la plus grosse acquisition de son histoire
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Depuis quatre ans, l'activité logistique de CMA CGM n'a cessé de monter en puissance
Yves Herman
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Depuis quatre ans, l'activité logistique de CMA CGM n'a cessé de monter en puissance
Yves Herman
Les discussions n'ont pas relevé de mauvaise surprise. Trois semaines après être entré en discussions exclusives avec le groupe Bolloré pour le rachat de Bolloré Logistics, le géant du maritime et de la logistique CMA CGM a remis ce lundi une promesse d'achat sur la base d'une valeur d'entreprise de 5 milliards d'euros. « Le prix de cession s'établirait à 4,650 milliards d'euros avant calcul de la dette et de la trésorerie à la date de réalisation », précise Bolloré. Il s'agit pour le groupe présidé par Rodolphe Saadé de la plus grosse opération capitalistique depuis sa création en 1978.
Soumise à l'approbation des autorités de la concurrence, cette acquisition renforcera considérablement l'activité logistique de l'armateur marseillais, son deuxième pilier stratégique après le transport maritime. Et pour cause, elle placerait sa filiale CEVA Logistics parmi les cinq premières entreprises mondiales du secteur du transport et de la logistique.
Depuis quatre ans, l'activité logistique n'a cessé de monter en puissance avec les acquisitions de Ceva Logistics en 2019, Ingram Micro CLS en 2021 puis Colis Privé et Gefco en 2022. Un atout de poids sur le plan commercial. La combinaison du transport maritime et de la logistique permet en effet de proposer des « solutions complètes pour soutenir les chaînes d'approvisionnement de des clients », rappelle CMA CGM. C'est d'ailleurs pour cette raison que le groupe s'est lancé dans l'aérien en créant sa propre compagnie cargo et en s'alliant avec Air France-KLM. Dans le droit fil de cette stratégie, l'acquisition de Bolloré est considérée comme « structurante ».
Outre l'Asie-Pacifique, mettre la main sur Bolloré Logistics lui apporterait également de solides positions sur certaines verticales à forte valeur ajoutée comme l'industrie pharmaceutique, du luxe ou l'aéronautique et la défense.
En tout cas, même si le marché du fret maritime a commencé à fortement ralentir depuis quelques mois, CMA CGM a les reins suffisamment solides pour financer cette acquisition. Porté par l'envolée des prix qui a suivi la pandémie, le groupe a enregistré en 2021 et 2022 plus de 40 milliards de dollars de bénéfice net cumulé. Au point même de devenir, l'an dernier, l'entreprise française qui a dégagé le bénéfice net le plus élevé : 23 milliards d'euros, surpassant TotalEnergies, Stellantis et LVMH.
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Des investissements tous azimuts
Outre les investissements dans des bateaux et terminaux portuaires (à New York et en Inde notamment), le groupe marseillais négocie le rachat de la compagnie La Méridionale, qui relie Marseille à la Corse et au Maroc. L'armateur est entré en 2022 au capital d'Air France-KLM et d'Eutelsat et a acquis le transporteur de véhicules Gefco ainsi que des sociétés dans la logistique de l'e-commerce. Cette année, CMA CGM a également pris 12% de la compagnie Brittany Ferries. Le groupe a racheté le pilier de la presse locale La Provence, pris une part minoritaire du groupe M6 et du média en ligne Brut. Il deviendra cet été le sponsor principal de l'Olympique de Marseille. Le groupe va par ailleurs investir 1,5 milliard d'euros sur 5 ans pour créer un fonds chargé d'accélérer la transition énergétique dans l'ensemble des activités de transport. 726 millions d'euros ont aussi été redistribués en 2022 aux 155.000 collaborateurs du groupe.
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