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Défense : les industriels israéliens invités à exporter plus "proprement"

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Pascal Lacorie, à Jérusalem  |   -  504  mots
Le ministère de la Défense israélien exige de ses industriels le respect du code de bonne conduite de l'OCDE en matière d'exportation. Plusieurs scandales ont éclaté ces derniers mois, notamment en Inde, un de leurs meilleurs clients

Les exportateurs d'armes israéliennes proclament qu'ils vont désormais respecter un "code de bonne conduite". Sous la pression du ministère de la Défense, 40 groupes de ce secteur stratégique, qui rapporte plus de 7 milliards de dollars par an à l'exportation, se sont engagés à ne plus verser de pots-de-vin à des fonctionnaires étrangers pour faire "avancer" des contrats.

Détail important : ce besoin nouveau de moraliser la profession a été annoncé peu après un scandale. Israel Military Industries (IMI), un groupe public spécialisé dans les pièces d'artillerie soupçonné d'avoir "arrosé" des responsables indiens pour une série de contrats vient de se voir interdire toute participation à des appels d'offres en Inde pendant dix ans. Seule et maigre consolation pour IMI, qui a rejeté ces accusations : cinq firmes indiennes et plusieurs sociétés étrangères ont été placées sur la même liste noire, selon un communiqué publié début mars par le ministère de la Défense indien.

L'Inde, un bon client pour Israël

Pour les entreprises israéliennes, cette affaire est d'autant plus grave que l'Inde, le plus important importateur d'armes l'an dernier, est devenue ces dernières années une terre promise avec des achats annuels estimées à un milliard de dollars. Histoire de limiter les dégâts, le ministère de la Défense a ordonné aux groupes du secteur de se soumettre aux procédures préconisées par l'OCDE , un organisme qu'Israël a rejoint l'an dernier. Udi Shani, le directeur général du ministère de la Défense a ainsi interdit la délivrance de licences d'exportation aux entreprises, qui n'adopteront pas ces nouvelles procédures censées "promouvoir des règles éthiques ainsi que la transparence" dans les transactions.

Reste à savoir si ces garde-fous anti-corruption seront efficaces. En privé, des industriels de l'armement israélien ne manquent pas de souligner qu'il est pratiquement impossible de "se faire son chemin dans la jungle bureaucratique indienne sans mettre la main au portefeuille". Selon eux, tous les autres pays exportateurs ont recours à des pratiques "limites" pour remporter des contrats aussi bien en Inde que dans les pays du tiers monde. Seule certitude en tout cas : les professionnels israéliens ont eu dans le passé quelques "problèmes déontologiques".

Des entreprises déjà dans le collimateur

L'an dernier Soltam une société spécialisée elle aussi dans l'artillerie a été soupçonnée de corruption et exclue d'appels d'offres aux Philippines. Un scandale avait également éclaté avec la même entreprise au Kazhakstan. De plus, des marchands d'armes israéliens, anciens officiers supérieurs ayant leurs entrées au ministère de la Défense, concluent parfois des contrats "suspects". Au moins sept d'entre eux ont été détenus ces dernières années aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en Russie notamment pour trafic d'armes. Selon les autorités israéliennes, les contrôles exercés sur ces "privés" auraient également été sérieusement renforcés.

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Commentaires

Mecatroid  a écrit le 12/04/2012 à 1:39 :

Si j'ai bien compris, l'idée, c'est de demander à des marchands d'arme de bien se conduire ? Ok... Et bien bon courage alors :)

Et nous  a écrit le 11/04/2012 à 14:26 :

Notre ministre de la défense n'aurait-il pas privilégié récemment le drone israélien mal equipé, peu autonome et fait pour la surveillance par rapport à un drone de combat comme l'armée estime en avoir besoin?

ovate  a écrit le 11/04/2012 à 9:47 :

et l espionnage dans nos industries avec cette double nationalité

mica  a répondu le 16/04/2012 à 14:08:

pouvez vous citer des cas concrets ?