Paupérisation en Europe : L'Oréal se démarque d'Unilever

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Le PDG du groupe français de cosmétiques L'Oréal, Jean-Paul Agon - Copyright Reuters
Le PDG du groupe français de cosmétiques L'Oréal, Jean-Paul Agon - Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Interrogé par Les Echos, le PDG de L'Oréal Jean-Paul Agon a indiqué qu'il ne comptait pas adapter ses produits au retour de la pauvreté en Europe. Une stratégie adoptée par le géant de l'agroalimentaire et des cosmétiques Unilever.

Comment les grandes marques doivent-elles s'adapter au retour de la pauvreté en Europe ? Le débat lancé en début de semaine par le PDG d'Unilever a encore rebondi ce mercredi. Dans une interview accordée aux Echos, le patron de L'Oréal Jean-Paul Agon indique ne pas souhaiter entrer dans une course à la baisse des prix. « Ce n'est pas notre stratégie », explique-t-il avant d'ajouter que « le changement de comportement des consommateurs que l'on aurait pu craindre en 2008 ne s'est pas produit ». Il cite ainsi l'exemple d'une des marques du groupe, Garnier, dont la « politique de prix accessibles (...) s'est avérée inutile ».

Innonvation et valeur ajoutée pour justifier les hausses de prix

Contrairement à Unilever, qui compte réduire la taille de ses conditionnements pour rendre plus accessibles ses produits, Jean-Paul Agon affirme lui que son groupe ne s'inscrit pas dans « une logique de paupérisation et de banalisation des produits». Il prône ainsi le modèle adopté par les fabricants de smartphones, « c'est-à-dire l'innovation et la valeur ajoutée ». L'Oréal continuera donc à augmenter les prix de ses produits « dans la durée, mais raisonnablement », assure le dirigeant. « Au deuxième ce trimestre, cet effet valeur a généré un tiers de la croissance du groupe », précise-t-il.

Leclerc défend l'accès universel à la qualité

Dans un entretien à La Tribune, Michel-Edouard Leclerc avait de son côté déclaré constater un "mouvement de paupérisation très nette en Europe du sud" et partager le point de vue d'Unilever d'un élargissement de l'offre pour répondre à cette clientèle. Toutefois, le patron du groupe de distribution continue de défendre un accès universel à la qualité qu'il ne considère pas comme une variable d'ajustement du prix, même en temps de crise.

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Commentaires
a écrit le 29/08/2012 à 18:21 :
Les produits Loréal sont tellement bons que les gens continueront à les acheter, ce qu'ils font déjà quand ils augmentent. L'intérêt de la qualité.
Si Unilever et autres font des doses plus faibles mais plus chères au kilo/litre, ça n'est pas trop un avantage. Payer moins à chaque achat mais payer plus pour la même quantité finale. Pauvres pauvres !! Et les lots de douze tubes de dentifrice dont trois gratuits, ça ne marche plus ? Trop d'argent à avancer ?
a écrit le 29/08/2012 à 16:43 :
L'annonce d'unilever tient de la com .relayée par les médias ce qui en fait de la pub gratuite .Sur le fond une entreprise est libre de fixer ses tarifs en fonction de ses objectifs .
Je travaille pour une grande cie d'assurance qui a choisi de reconstituer ses marges en augmentant ses primes plutot que de faire la course au chiffre d'affaires . Nous ne sommes plus sous un régime de controle des prix depuis 1983 !!! ( décision de jacques delord gouvernement fabius)
a écrit le 29/08/2012 à 16:15 :
Logique. Une société choisit soit le chiffre, soit la marge pour faire le même bénéfice. Encore faut-il être sûr de son image...
a écrit le 29/08/2012 à 15:27 :
UNILEVER aime les effets d'annonce et les bonnes vieilles recettes bien rodées. Pour masquer un prix au kilo qui augmente (seuls les consommateurs avisés vérifient ce que tout le monde devrait faire) on diminue la quantité de produit (750 ML au lieu de 1 L par exemple) ; on conserve un "packaging" sensiblement identique; on diminue un peu le prix global mais surtout et c'est cela l'arnaque on augmente sensiblement le prix au kilo. Le tour est joué et UNILEVER avec ses misérabilistes déclarations sur la supposée pauvreté de ses clients continue à grassement s'enrichir.
a écrit le 29/08/2012 à 13:50 :
C'est triste de constater que pendnat toutes ces années, Unilever et co ont vendu leurs produits beaucoup plus cher aux européens qu'au reste du monde....paupérisation? certes, avec un euro en baisse de plus de 35% par rapport aux autres devises, l'européen moyen se sent vraiment "pauvre" par rapport aux canadiesn, australiens, américains, etc.....moralité: rester en Eurozone....quant au conditionnement des produits unilever, cela fait belle lurette que l'on trouve des bouteilles de lessive Mr Propre, Ariel etc... en bouteille de 1L en Allemagne ( pays réputé pauvre, n'est-ce pas?) . ....le problème c'est que ces même Unilever ont pris l'habitude de nous vendre tout par lot ou par gros volume....il est vrai que vendre de la lessive par 3 bidons de 3 litres rapporte plus qu'un bidon de 1L....en Allemagne, on trouve toutes les lessives du groupe en 1L.... ou 1.25l autour de 2.99/3.29 la bouteille... en France, dès que le conditionnement est plus faible, le prix au litre double... étrange!
a écrit le 29/08/2012 à 13:45 :
C'est de toute façon le consommateur qui arbitrera. Ça a déjà bien commencé dans les télécoms (pour reprendre le passage sur les smartphones) et ça se poursuivra sur d'autres postes de dépenses, comme ça le fait aujourd'hui sur le carburant (baisse de la consommation...).
a écrit le 29/08/2012 à 13:38 :
c'est triste de voir qu'en 2012 la paupérisation en Europe est un enjeu industriel majeur...

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