Carrefour libre d'absorber Dia... deux ans après l’avoir cédé

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Le groupe dirigé par Georges Plassat devra céder 56 magasins en France afin de pouvoir acheter les 800 de Dia qu'il convoite. Rien n'a encore filtré sur les éventuels repreneurs de ces enseignes.
Le groupe dirigé par Georges Plassat devra céder 56 magasins en France afin de pouvoir acheter les 800 de Dia qu'il convoite. Rien n'a encore filtré sur les éventuels repreneurs de ces enseignes. (Crédits : reuters.com)
L'Autorité de la concurrence a autorisé ce vendredi le géant de la distribution Carrefour à reprendre plus de 800 magasins français détenus par le spécialiste du hard discount Dia… lui-même issu d’une scission de l’entreprise décidée en 2011.

Un petit tour... et puis revient. Deux ans après s'être séparée de sa chaîne de hard discount, le numéro un français de la distribution est autorisé à racheter Dia. Il a reçu ce vendredi l'approbation de l'Autorité de la concurrence pour "continuer son expansion multiformat sur le marché intérieur".

Carrefour doit céder 50 magasins

Mais cette dernière a fixé des conditions:  parce que l'opération "renforcera significativement la présence de Carrefour sur le marché de la distribution alimentaire dans 56 zones de chalandise" dont 12 à Paris, Carrefour "s'est engagé en contrepartie à se séparer de 56 magasins", précise l'Autorité.

Carrefour cédera ainsi 50 magasins intégrés et résiliera 6 contrats de franchise. Egalement; "pendant dix ans, Carrefour ne pourra pas acquérir ou franchiser les magasins dont il s'est séparé". Pour l'heure, la direction du groupe ne dit pas à qui seront cédés ces enseignes. Elle devra toutefois les vendre à d'autres distributeurs, indique-t-on au sein du groupe.

"Il nous faudra être extrêmement vigilant car il ne faudrait pas que les salariés concernés se retrouvent sans emploi", explique Franck Mérouze, représentant de la CGT au sein du groupe.

Carte magasins que Carrefour doit céder

(Cartes des zones de chalandise concernées par l'obligation de cession des magasins  imposée par l'Autorité de la Concurrence à Carrefour.)

Autre sujet d'inquiétude pour les syndicats: l'avenir des employés du siège ainsi que ceux travaillant dans les plateformes logistiques si le groupe décide de "rationaliser" les opérations. Les représentants des salariés se montrent "d'autant plus vigilants à cet égard que Carrefour a lancé le plan Caravelle qui vise la restriction de sa base logistique", explique Thierry Coquin, délégué central CGT. Au total, ce dernier chiffre à "un millier" le nombre d'emplois potentiellement concernés. Les représentants syndicaux ont demandé à être reçus dans les plus brefs délais pour en savoir plus sur ce que deviendront les quelques 800 magasins repris, notamment le nombre de magasins qui passeront en "gérance-location", autrement dit sous le régime de la franchise.

Bernard Arnault et Colony Capital doublement actionnaires

Pour rappel, deux ans plus tôt, l'entreprise aujourd'hui dirigée par Georges Plassat a cédé la filiale Dia, à laquelle appartiennent également les enseignes Ed. La Distribuidora Inter de alimentacion, de son nom complet, est cotée à la Bourse de Madrid. Le fonds écossais Baillie Gifford & Co en détient 8,06%, tandis que la holding de la famille Arnault en possède 5,01% et le fonds californien Colony Capital 3,99%. Ces deux derniers sont également deux des principaux actionnaires de Carrefour.

Côté syndical, ce revirement est perçu "comme du capitalisme à l'état pur, c'est un jeu de chaises musicales: on prend dans la poche de droite pour mettre dans la poche de gauche et, parallèlement, l'action monte."

Depuis deux ans, le titre Dia est passé de 3,57 euros à 6,93 euros fin juin 2014. Il a chuté à la fin de l'été avant de remonter pour attendre 5,69 euros ce vendredi en fin d'après-midi, en hausse de 1,96% par rapport à la veille. Un rythme un peu moins soutenu que l'index Ibex 35 (+3,20%), qui fait référence  à Madrid.

Celui de Carrefour, quant à lui, avait fortement chuté entre octobre 2010 et juin 2012, avant de repartir à la hausse. Depuis, il a grimpé de près de 80% pour atteindre 25,16 euros à la clôture ce vendredi (en hausse de 2,36%). D'autres éléments ont pu entrer en jeu pour expliquer ce rebond comme des résultats trimestriels en ligne avec les attentes des analystes, notamment grâce aux ventes soutenues au Brésil.

 Fermetures chez Dia

Reste que, entre la cession de Dia annoncée en 2011 l'année suivante, et l'annonce de ce rachat, des magasins ont fermé leurs portes. Sur son site internet, le groupe indique encore détenir en France 900 magasins, un chiffre obsolète puisque que ce sont 800 magasins qui ont été cédés. Et la surface reste confidentielle.

Les effectifs de Dia seraient passés "de 10.000 à 7.500", affirme Franck Mérouze qui déplore "des choix stratégiques désastreux, comme les points chauds qui n'ont pas eue les retombées économiques escomptées". Contactée, la direction de Dia n'a pas répondu aux sollicitations de La Tribune.

CCE le 1er décembre

En mai, celui qui était alors ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, avait reçu des responsables de l'entreprise afin " d'analyser les raisons ayant motivé la décision du groupe espagnol de céder ses activités en France."

Pour l'heure, alors que les négociations pour cette cession ne sont pas terminées, Carrefour n'en dit pas plus sur sa stratégie pour cette enseigne. Un comité central d'entreprise doit avoir lieu le 1er décembre.

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Commentaires
a écrit le 22/11/2014 à 10:31 :
Un nombre important de magasins non rentables en Dia ne le seront pas plus sous une autre enseigne . Ne nous leurrons des fermetures vont avoir lieu malheureusement
a écrit le 21/11/2014 à 19:03 :
"aborber" vous vouliez sans doute écrire "absorber"
a écrit le 21/11/2014 à 19:02 :
le conditionnement des produits chez "DIA et autres HD" n'est pas le même que dans la GMS classique "plus petit" .. les prix au KG sont bien-sur comme chez les autres écrit en tout petit ... bizarrement en achetant des "cubes cuisine, croquettes pour chat etc ..." .... à priori moins cher .... la taille des mêmes produits n’est pas la même dans la GMS classique .... ça sent l'arnaque à plein nez !!!!!!
Réponse de le 21/11/2014 à 19:28 :
C'est pas bien grave, 'est Carrefour qui les rachète et comme Carrefour n'arrive pas à vendre des produits frais qui le sont... Ils couleront ensemble.

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