[Article mis à jour à 18h45]
La procédure de séparation est enclenchée, un divorce à la bretonne que l'on pourrait appeler Brexit, en clin d'œil à la sortie des Britanniques de l'UE. Après l'approbation par le conseil d'administration du Crédit Mutuel Arkéa du projet des dirigeants visant à le transformer en « un groupe bancaire coopératif et mutualiste indépendant, entièrement distinct du reste du Crédit Mutuel », les fédérations de Bretagne et du Sud-Ouest ont approuvé ce vendredi le principe de la consultation de leurs 300 caisses locales et de leurs administrateurs au cours du premier semestre.
L'indépendance signifierait renoncer à l'usage de la marque Crédit Mutuel, ce qui suscite des craintes exprimées par l'intersyndicale.
Jeudi soir, la fédération du Massif Central avait fait savoir que ses élus, représentant 30 caisses locales, avaient « voté à une très large majorité pour son maintien au sein du Crédit Mutuel et contre le projet de sécession du Crédit Mutuel Arkéa.»
La fédération de Clermont-Ferrand avait en effet adopté en juin un projet visant à « mener à bien la convergence vers le groupe Crédit Mutuel CM11 au 1er janvier 2019. » Autrement dit, rejoindre le plus grand ensemble de la banque mutualiste (onze fédérations : Centre-Est, Sud-Est, Ile-de-France, Savoie, Midi Atlantique, Centre, Dauphiné Vivarais, Loire Atlantique Centre Ouest, Méditerranée, Normandie, Anjou; le réseau CIC et de nombreuses filiales dans les télécoms, la presse), dirigé par Nicolas Théry, également président de la Confédération nationale du Crédit mutuel (CNCM), avec laquelle Arkéa est en conflit depuis quatre ans. Le Massif Central ne représente que 30 caisses sur 334 et 3% des fonds propres d'Arkéa, souligne-t-on dans l'entourage de la direction.
La confédération a indiqué de son côté jeudi soir dans un communiqué qu'elle réunirait ses différentes instances pour examiner en détail « le projet de sécession » des dirigeants du Crédit Mutuel Arkéa, « conformément à son rôle d'organe central. »
Ces votes ne sont cependant que des expressions d'intention et ne changent en rien la situation juridique, le fonctionnement du Crédit Mutuel étant régi par un article du Code monétaire et financier.
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À Bercy, l'affaire embarrasse. L'État « appelle à la paix et souhaite un règlement amiable » mais il n'est pas favorable à cette scission du Crédit Mutuel, qui nécessiterait des modifications législatives, ce qu'il ne veut pas « pour des raisons de stabilité financière » explique-t-on au ministère.
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Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a déclaré mercredi lors d'une audition devant la commission des finances du Sénat qu'il suivait ce dossier de près, ajoutant « s'il devait y avoir une évolution de cette approche consolidée du groupe Crédit Mutuel, il serait préférable que cela se fasse par accord et plutôt que par déclaration unilatérale. »
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