C'est le sujet tabou qui agite les fabricants de la ville depuis le début de la crise économique et sanitaire : les promoteurs immobiliers peuvent-ils encore construire des habitats ou n'ont-ils pas d'autre choix que de rénover les bâtiments existants ?
Si, selon les statistiques officielles, 468.000 logements neufs ont été mis en chantier entre novembre 2020 et octobre 2021, ce ne sera pas suffisant pour rattraper les 381.600 permis de construire purgés de tout recours en 2020, et bien maigre par rapport aux années 2019 (410.000), 2018 (414.100) et au record de 2017 (497.000 logements).
Tout porte à croire que la réhabilitation a supplanté la production, entre la Covid-19 qui bouscule l'immobilier de bureaux, les 6,7 milliards d'euros du plan France Relance alloués à la rénovation des bâtiments publics et privés contre 1 milliard pour le recyclage des friches et les aides aux maires bâtisseurs, la loi Climat et Résilience qui impose de diviser par deux l'artificialisation des sols d'ici à 2030 et la vague verte aux dernières élections municipales.
« Nous sommes devant un alignement de planètes : augmentation dela vacance des bureaux(4 millions de m² en région parisienne selon les dernières estimations de l'Institut de l'épargne immobilière et financière, Ndlr)et du télétravail, pénurie de logements, prise de conscience écologique des élus et des investisseurs particuliers »,confirme Joachim Azan, président de Novaxia.
Capital-investisseur spécialisé dans le recyclage urbain, ce dernier a lancé, en janvier 2021, un produit d'assurance-vie dédié à la transformation de bureaux en logements. « Partir d'un bâtiment existant de 15.000 m² coûte trois plus cher qu'un terrain de 5.000 m². L'objectif de zéro artificialisation nette des sols (en 2050, Ndlr) alourdit les besoins en financement des promoteurs et amène une concurrence plus forte sur l'achat de foncier sans conditions suspensives », ajoute le président de Novaxia.