Hécatombe : la moitié des députés experts du numérique ne brigue pas de nouveau mandat aux élections législatives
François Manens et Sylvain Rolland
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Longtemps réduite à peau de chagrin, la compétence globale des députés sur les sujets du numérique a incontestablement progressé entre 2017 et 2022, ne serait-ce parce que la dimension numérique s'introduit dans à peu près tous les sujets. "Le niveau est incomparable avec les mandats précédents, où il y avait eu des erreurs de néophytes extrêmement lourdes de conséquences", estime Gilles Babinet, expert pour l'Institut Montaigne, un cercle de réflexion économique. "Il y a bien eu quelques absurdités aussi pendant ce quinquennat, mais globalement le niveau moyen est plus élevé et c'était la moindre des choses", ajoute-t-il.
En revanche, le nombre de députés experts qui ont fait du sujet leur mantra pendant le quinquennat n'a, lui, pas vraiment évolué. Malgré l'ampleur des enjeux autant sociétaux qu'économiques, les parlementaires maîtrisant les dossiers numériques dans toute leur complexité, leur globalité et leur technicité, se comptent toujours sur les doigts des deux mains. La Tribune en dénombre seulement une dizaine, dont quatre se distinguent nettement par l'ampleur des dossiers qu'ils ont traités et la qualité de leur travail parlementaire : Eric Bothorel (LREM), Philippe Latombe (Modem), Paula Forteza (affiliée à EELV) et Jean-Michel Mis (LREM).
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Sur le front de l'expertise pure, le mandat écoulé n'est donc pas meilleur que le précédent. Et c'est une petite surprise : en début de mandature, l'Institut Montaigne avait identifié une cinquantaine de députés "experts" sur 577 (avec des critères généreux). Soit un famélique 5,37% des effectifs, une proportion toutefois supérieure au mandat précédent. Mais parmi eux, étonnamment, peu ont finalement choisi de travailler sur leur domaine de prédilection. Bruno Bonnell (LREM, entrepreneur), Philippe Gosselin (LR, spécialiste des données personnelles), André Chassaigne (PC, qui s'était engagé sur la fracture numérique lors du quinquennat précédent), Paul Molac (LREM, partisan du logiciel libre), Sylvain Maillard (LREM, entrepreneur) ou encore Albane Gaillot (ex-LREM, ancienne cheffe de projet digital et membre de la Cnil), entre autres, ont tous préféré traiter d'autres thématiques, notamment sociétales et internationales.
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