La nouvelle compagnie à coûts réduits d'Air France s'appelle JOON

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(Crédits : Stephane Mahe)
Air France a annoncé que sa nouvelle compagnie à coûts réduits connue jusqu'ici sous le nom de son projet (Boost) s'appelle Joon. Elle débutera son activité à l'automne.

Joon : c'est la marque commerciale de la nouvelle compagnie aérienne à coûts réduits d'Air France, connue jusqu'ici sous le nom de projet Boost, a annoncé ce jeudi Air France, quatre jours après le feu vert des pilotes à ce projet.

"Court, percutant et international, Joon a été conçu pour s'adresser au monde entier. Son identité visuelle repose sur un code couleur bleu électrique qui symbolise le dynamisme de la compagnie, mais aussi le ciel, l'espace et le voyage. L'uniforme des hôtesses et stewards de Joon s'inspirera des nouveaux codes de la mode, simple et chic. L'univers de la marque, l'offre, les destinations et la gamme de prix seront dévoilés en septembre. Dans le portefeuille de marques du groupe Air France-KLM, Joon s'impose comme la petite soeur complémentaire d'Air France, qui donnera envie à ses clients de voyager aussi avec son aînée", explique Air France.

Le programme de vols dévoilé en septembre

Cette nouvelle compagnie, filiale à 100% d'Air France, débutera ses opérations cet automne, avec six avions moyen-courriers basés à Roissy-Charles de Gaulle positionnés sur des lignes concurrencées par les compagnies à bas coûts. Joon aura pour vocation d'alimenter en passagers les vols long-courriers d'Air France. Au cours de la saison estivale 2018, elle se lancera également sur le long-courrier avec trois ou quatre A340. Le programme de vols sera présenté en septembre.

En 2020 cette nouvelle compagnie comptera 28 appareils, 18 de la famille A320 pour assurer l'alimentation du hub de Paris-Charles de Gaulle, et 10 gros-porteurs composés d'A340 et d'A350. Au total, Joon devrait permettre d'augmenter l'offre en sièges d'Air France sur le long-courrier de 10% entre 2017 et 2020.

La cible des Millennials

Joon entend s'adresser principalement aux « Millennials », cette génération de technophiles nés entre le début des années 80 et l'an 2000 au moment de l'avènement du numérique, du low-cost ou encore de l'économie du partage. Une clientèle qu'Air France reconnaît avoir du mal à capter. Pour créer un lien avec cette clientèle, Joon proposera un produit spécifique avec une offre de divertissement "différente", "connectée" et "innovante", selon les termes utilisés en interne, qui "ne doit pas paraître moins-disante" par rapport à Air France, tout en donnant "la perception de tarifs plus avantageux". Le wifi devrait être gratuit pour tous (il serait financé par la publicité) avec dans un premier temps une "boucle wifi interne" puis, dans un second temps, une connexion avec le sol. La direction a l'intention de développer les options payantes en classe économique ("buy on board").

Joon sera dirigée par Jean-Michel Mathieu, lequel entre au comité exécutif d'Air France. Il aura autour de lui une équipe resserrée composée de Sophie Bordmann (dirigeant responsable), Bruno Duval (directeur de l'Innovation, Laurent Kerleo (directeur des ressources humaines) et  Benoît Cosse (directeur financier).

Lutter contre les compagnies du Golfe

La création de cette compagnie traduit l'incapacité d'Air France de se réformer en interne, puisque l'essentiel des gains de productivité sera réalisé par une compagnie « B ». Elle vise à avant tout à baisser les coûts par rapport à Air France dans le but d'exploiter de manière rentable des lignes sur lesquelles Air France perd de l'argent et d'en rouvrir d'autres qui ont été récemment abandonnées faute de rentabilité : 35% des lignes long-courriers d'Air France étaient encore dans le rouge il y a quelques semaines. Sur le moyen-courrier, le taux de lignes déficitaires atteint même 80%. Le principal objectif de la direction est de reprendre des couleurs face aux compagnies du Golfe, sur des lignes « mi business/mi loisirs ».

Baisse des coûts

Avec ce projet, la direction veut réduire les coûts de 18% sur le long-courrier et de 15% sur le moyen-courrier. Les sources d'économies reposent en grande partie sur le poste des hôtesses et stewards (PNC, pour personnels navigants commerciaux). Recrutés sur le marché avec des conditions de travail et de rémunération spécifiques, et non à Air France, leur coût sera 45% moins élevé que dans la maison-mère, a expliqué ce lundi Gilles Gateau, le directeur général d'Air France en charge des ressources humaines.
Les pilotes seront en revanche ceux d'Air France, lesquels voleront indifféremment d'une compagnie à l'autre. La baisse de coûts de 15% sur le poste des pilotes Joon, sera obtenue par des efforts mutualisés sur l'ensemble des pilotes d'Air France. Soit 1,5% sur l'ensemble des pilotes. Les mesures définies dans l'accord permettront de dégager 40 millions de d'euros d'efficacité économique, dont une partie provient du solde du plan Transform, c'est-à-dire les mesures que n'avaient pas faites les pilotes au cours du plan précédent 2012-2014.

Au final, Joon doit générer 130 millions d'euros d'économies à Air France d'ici à 2020.

Lire ici : Boost le remède qui soulage Air France mais que ne la guérit pas

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Commentaires
a écrit le 21/07/2017 à 10:43 :
Et pendant ce temps-la, LEVEL, la compagnie low-cost de British Airways a commencé ses vols de Los Angeles vers Barcelone il y a plus d'un mois déjà... Joon peut-être des longs-courriers l'été prochain! Un an de retard dans ce domaine, c'est quasiment foutu d'avance pour Joon, sauf s'ils se lancent sur des routes "monopolistes" comme Paris, auquel cas Joon raflera la clientèle Air France et provoquera la chute d'Air France. Bref, le futur n'est pas rose du côté de notre compagnie nationale. Regardez ce qui se passe sur le transatlantique avec WOW, Norwegian, Air Berlin, Level déjà bien implantés!
a écrit le 20/07/2017 à 21:05 :
Personnellement, j'aurais trouvé plus judicieux de l'appeler NUOVA ALITALIA !!!
AF-KLM proposerait ainsi de racheter la compagnie italienne, en s'engageant à proposer à TOUT le personnel navigant de les ré-embaucher dans la "nouvelle Alitalia"...
Mais , mais, mais... avec un nouveau contrat de travail avec 20% de productivité en plus, soit un alignement sur Easyjet et consoeurs: à prendre ou à laisser !
à partir de là, développer des lignes transatlantiques au départ de l'italie, mais avec des escales "techniques" pour compléter la charge, avec par exemple un Venise-Lyon-New-york ou un Milan-Lyon-Montreal !!!
JOON n'évoque rien : au moins, Boost voulait dire quelque chose de positif, avec tous les autres avantages en plus ....
a écrit le 20/07/2017 à 16:57 :
Et ils ont payé combien, les pseudo génies du marketing qui leur ont trouvé ce nom? Transavia n'était pas déjà la compagnie low cost d'air France, ce n'est pas en multipliant les noms de leurs avions qu'ils vont d'avantage les remplir.
a écrit le 20/07/2017 à 15:13 :
On continue dans les appellations stupides et ridicules, sans lien avec l'activité: après Ouigo, Hop !, Engie, ...
Réponse de le 20/07/2017 à 17:01 :
Vous avez oublié Inoui! On touche le fond.
a écrit le 20/07/2017 à 14:33 :
Et comment prononce-t-on ce nom ridicule?
a écrit le 20/07/2017 à 14:32 :
Kim Joon Un va t' être ravi....
a écrit le 20/07/2017 à 14:05 :
Et pourquoi pas un nom français? Il faut forcement un nom qui ne veut rien dire pour faire cool? Ridicule.
Réponse de le 20/07/2017 à 14:42 :
Tout simplement parce que ce sera une compagnie INTERNATIONALE.
Les noms de produit ne doivent pas forcément dire quelque chose. Ils doivent seulement être courts, prononçables dans toutes les langues et facilement mémorisables. .
Réponse de le 20/07/2017 à 17:09 :
Bref, on prend les clients pour des c..s.
a écrit le 20/07/2017 à 13:26 :
Je croyais qu'avec Transavia et Hop, Air France avait déjà ses compagnies à bas coup. Il lui en faut une 3ème pour plomber ses finances déjà désastreuses ?
a écrit le 20/07/2017 à 12:54 :
Une fois de plus, les pilotes d'Air France tirent bien leur épingle du jeu et préservent leur privilèges. Le reste du personnel fera les frais de l'opération pour avoir la chance de voler avec "ceux qui apprennent à voler aux petits oiseaux".
PS: Les résultats d'Air France en matière de sécurité sont-ils à la hauteur des autres "grandes " compagnies ?
a écrit le 20/07/2017 à 12:43 :
Si "Joon" permet de concurrencer les prix de compagnies comme EasyJet sur des vols intérieurs (par forcément que vers/depuis Paris !) je serai le premier à prendre régulièrement des billets chez eux. Car franchement, les prix des billets de Yop! sont beaucoup trop élevés.

Sinon, par pitié, arrêtez avec vos "Millennials". Je suis né dans les années 90 et pourtant je trouve franchement ce terme ridicule.
Réponse de le 20/07/2017 à 20:56 :
Joon, en France, ne desservira QUE Roissy-CDG !!!
J'aurais préféré qu' AF-KLM en profite pour développer des lignes LC depuis la province, comme LYS-RUN, LYS-PaP ou FdF, LYS-YUL ou même LYS-DME !!! Sauf que la compagnie française abandonne ces dessertes vers la réunion, les antilles, montreal ou même moscou aux concurrents !!!

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