Silvine Laguillaumie Landon, directrice des affaires juridiques, institutionnelles et fiscales chez Malakoff Humanis, et Valérie Vitter Mouradian, managing director chez HSBC, sont coprésidentes de Financi'Elles, une fédération de réseaux de promotion de la mixité intra-entreprises du secteur financier. Crée il y a dix ans dans la foulée de loi Copé -Zimmerman, elle regroupe des majors de l'assurance et de la banque - dont Axa, Malakoff Humanis, BNP, HSBC...-et a pour ambition de faire progresser la parité dans ces secteurs. Les deux femmes regrettent que la parité en entreprise se mette en...... lace si lentement. Même si "elles ne sont pas pour les quotas, par principe, elles reconnaissent que cette méthode a fait ses preuves"... Revue de détail.
LA TRIBUNE- Dix ans après la création de Financi'Elles, quel est votre bilan ?
SYLVAINE LAGUILLAUMIE LANDON- Grace à la loi Copé- Zimmerman, nous avons atteint la parité dans les conseils d'administration mais nous pensions qu'elle allait irradier toutes les strates de l'entreprise, et des instances dirigeantes de nos sociétés. En réalité, ce n'est pas le cas.
VALÉRIE VITTER MOURADIAN- Pour de nombreuses raisons, la parité n'est pas effective, hélas. Nous vous avons pu observer qu'il n'est pas toujours facile, au quotidien, d'identifier les talents qui ne sont pas toujours ceux attendus, d'accepter des parcours différents, de mettre en place des mesures coercitives...La loi Rixain votée en décembre dernier nous apporte de l'espoir car elle inscrit un nouveau cadre, elle prévoit d'instaurer un quota de représentation parmi les cadres dirigeants et les membres des instances dirigeantes des entreprises d'au moins 1. 000 salariés : au moins 30 % de femmes en 2027, et 40 % en 2030. Elle va obliger, une nouvelle fois, à dépasser dans les entreprises, le niveau des bonnes intentions.
Il faut donc toujours en passer par la loi, les quotas, sinon ça ne fonctionne pas ?
SL- La loi, les quotas, la communication aussi ... L'indice égalité hommes-femmes mis en place par Muriel Pénicaud a aussi contribué à améliorer les choses. Mais, c'est vrai, que même si nous ne sommes pas pour les quotas par principe, il faut reconnaître que cette méthode a fait ses preuves. C'est dommage. La logique aurait voulu que ce soit évident pour toutes les strates partout dans l'organisation, mais non...
Est-ce que la pandémie de Covid a changé la donne ?
SL- Il y a eu une prise de conscience de la nécessité de mieux articuler vie professionnelle et vie personnelle... Pas que pour les femmes d'ailleurs, même si cette équation concerne particulièrement les femmes, car la charge mentale était plus forte pour elles, pendant les confinements. La question de mieux prendre en compte les chemins de vie des collaborateurs s'est imposé aux entreprises ...