LA TRIBUNE DIMANCHE - L'objectif fixé pour 2030 mise sur 20 à 30 % du chiffre d'affaires réalisé avec d'autres activités que le pneu. Celui-ci reste-t-il au cœur de votre modèle ?
FLORENT MENEGAUX - Bien sûr, et il le restera encore longtemps. Nous souhaitons conserver le savoir-faire technologique unique développé dans le pneu depuis des décennies. Mais aussi le valoriser dans d'autres domaines au-delà de la mobilité, notamment dans les matériaux composites.
Des joints pour l'aérospatiale ou la construction, des courroies pour une chaîne d'approvisionnement, des tissus techniques pour le maritime, des colles pour l'ameublement... Tous font appel aux mêmes expertises technologiques de pointe développées dans le pneu, un produit incroyable, qui se rapproche de la Deep Tech. C'est un « composite critique », capable de performances contradictoires, rond et plat à la fois, souple mais rigide, soumis à des mauvais traitements quotidiens et très résistant. Sa conception, sa composition et son assemblage relèvent d'une extrême technicité, avec 200 matériaux qui cohabitent pour remplir des fonctions apparemment incompatibles.
Quels sont les points clés de votre stratégie ?
Notre objectif est de construire un leader mondial des composites qui transforment le quotidien des gens. Bien sûr, continuer à croître dans le pneu. Mais aussi nous développer dans les matériaux composites dans des domaines en forte croissance. En ayant confiance en notre capacité d'innover et en accentuant encore notre attention aux personnes qui travaillent dans le groupe, dont le taux d'engagement est déjà très élevé, à 84 %. Être heureux au travail est à mes yeux fondamental. Notre conscience environnementale y participe : elle est un puissant facteur de motivation. Michelin a une architecture particulière, fondée sur un système de valeurs que nous faisons vivre au quotidien. Notre modèle de leadership interne fonctionne en cohérence avec ce système.