La Fed baisse ses taux d'intérêt pour la première fois depuis la crise de 2008

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Jerome Powell le président de la Réserve fédérale américaine.
Jerome Powell le président de la Réserve fédérale américaine. (Crédits : FED)
La Réserve fédérale américaine a décidé d'abaisser d'un quart de point les taux d'intérêt au jour le jour, comme anticipé par les marchés. Pas assez pour Donald Trump mais d'autres baisses devraient suivre, malgré la vigueur de l'économie américaine.

[Article mis à jour à 22h50]

Pas de bonne ni de mauvaise surprise. Le Comité de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine a décidé ce mercredi 31 juillet de baisser d'un quart de point les taux d'intérêt pour tenter de stimuler l'inflation jugée trop basse. Les investisseurs s'attendaient à cette baisse de 25 points de base des taux au jour le jour, tout en espérant davantage, 50 points de base. Tout comme Donald Trump qui avait déclaré la veille qu'il aimerait "voir une forte baisse" des taux, estimant dans un tweet qu'une "petite baisse ne serait pas assez".

"Nous ne prenons jamais en compte les considérations politiques. Nous ne menons pas une politique monétaire en vue de prouver notre indépendance", a déclaré Jerome Powell, le président de la Fed, lors de la conférence de presse qui a suivi la publication du communiqué ce mercredi.

La décision de la Fed n'a pas été prise à l'unanimité : deux membres du Comité (le président de la Fed de Boston Eric Rosengren, et celle de la Fed de Kansas City Esther George), se sont prononcés contre. Elle avait été largement anticipée par les marchés. "La baisse des taux est tellement intégrée que le statu quo engendrerait une correction boursière" relevait Axel Botte, stratégiste international chez Ostrum AM (Natixis), avant l'annonce. Les indices à Wall Street ont commencé à virer dans le rouge, juste après la publication du communiqué.

Le Dow Jones a terminé mercredi la séance en baisse de 1,23%, à 26.864,27 points, le S&P 500 de 1,09% à 2.980,38 points, et le Nasdaq Composite a cédé 1,19% à 8.175,42 points.

"Comme d'habitude, Powell nous a déçus, mais au moins il met fin au resserrement quantitatif qui n'aurait pas dû commencer - pas d'inflation" a commenté sur Twitter Donald Trump.

La Fed va également arrêter la réduction de son bilan à partir du 1er août, deux mois plus tôt que prévu.

Cette première baisse des taux américains depuis onze ans, depuis la crise financière de 2008, après neuf hausses en trois ans, pourrait être suivie par d'autres. Un nouvel abaissement du même ordre pourrait intervenir dès septembre selon de nombreux experts. Le marché anticipe même trois baisses consécutives après celle-ci d'ici à la fin de 2020.

"Conformément à son mandat, le Comité [de politique monétaire] cherche à promouvoir un niveau d'emploi maximum et la stabilité des prix. Compte tenu des implications des évolutions mondiales sur les perspectives économiques ainsi que des pressions inflationnistes atténuées, le Comité a décidé de ramener la fourchette cible du taux des fonds fédéraux à 2-2,25%" explique le FOMC de la Fed dans un communiqué.

L'inflation annuelle aux Etats-Unis est en effet encore loin de la cible de 2% de la Fed, demeurant à 1,4% en juin comme en mai, selon l'indice PCE publié mardi.

Cependant, les commentaires de Jerome Powell pendant la conférence ont semé le trouble, en affirmant que ce n'était "pas le début d'un long cycle de baisses", mais plutôt des "ajustements de milieu de cycle", sans pour autant exclure d'autres baisses des taux.

Cycle d'assouplissement monétaire mondial

De nombreux économistes faisaient valoir que les fondamentaux de l'économie américaine restaient solides.

"[Cette baisse des taux] n'apparait pas justifiée par le niveau de la croissance (+2,3% au 2ème trimestre 2019), le chômage (3,7%) ou la baisse transitoire de l'inflation sous 2%. Ce geste s'inscrit cependant dans un cycle d'assouplissement monétaire mondial. La Fed veut probablement éviter que le dollar (que le protectionnisme de Donald Trump renchérit déjà) soit la seule variable d'ajustement du cycle mondial" analyse Axel Botte, stratégiste international chez Ostrum AM (Natixis).

La Banque centrale européenne (BCE) a parlé ouvertement la semaine dernière d'une baisse des taux, qui pourrait intervenir dès septembre selon les experts. La Banque du Japon a reconduit ce mardi sa politique monétaire ultra-accommodante.

"Malgré un taux de chômage bien en dessous de 4%, la croissance annuelle du coût de l'emploi est tombée à 2,7% au lieu de 2,8% au 1er trimestre et 2,9%, son pic, à la fin 2018" faisait valoir de son côté Paul Ashworth, économiste en chef pour Capital Economics, considérant qu'il s'agissait d'un "argument supplémentaire" pour la Fed en vue d'une baisse "à titre de précaution".

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a écrit le 01/08/2019 à 19:29 :
Une des solutions les plus simples et les plus lucratives pour l’état serait de taxer fortement les bulles spéculatives au lieu de taxer les salariés

=> immobilier x3 dans paris depuis 20 ans
=> taxe immobilière à 2% de la valeur du bien réel à New York vs. 0,2% a paris...
=> pas de taxe sur la plus value immobilière résidence principale en France même si montant pas réinvesti dans une résidence principale suivante ...

Il faut taxer immobilier et libérer d’autant les salariés (60-70% de prélèvement en prenant compte des charges patronales, salariales + impôt)
Réponse de le 02/08/2019 à 7:15 :
Bonne idée mais irréalisable en France . Ça reviendrait a taxer les vieux (souvent multi propriétaire) pour detaxer les jeunes. Suicide electoral
a écrit le 01/08/2019 à 18:41 :
Le taux , supplétif de l inflation .
Meme résultat , mais ce n est pas le travail qui en profite ( on n augmente pas les smic ).
Mais qui profite donc ?
Ceux pour qui on travaille ? , c est même pas sur . Reste les bulles et le marché !
a écrit le 01/08/2019 à 13:08 :
C'est marrant, il y a 3 ans quand les taux d'intérêts ont commencés à être augmenter, j'avais le sentiment que ça n'irait pas loin et que ça ne durerait pas longtemps !
Finalement, même si ça a duré un peu plus que je le pensais, j'avais quand même raison (bon d'accord, c'était facile à voir, mais quand même !).

Ah oui : ça n'est pas près de s'arrêter ! Vu le montant des dettes publiques et privées à travers le monde et la faible croissance prévue, désormais on est piégé, la moindre remontée des taux une peu significative provoquerait des catastrophes en chaîne dans tous les pays, à commencer par les USA, la Chine etc ... (et la France aussi) !
Réponse de le 01/08/2019 à 20:23 :
Plus on émet de piles de dettes,plus les taux vont baisser.Dans tous les pays occidentaux,le crédit et la dette explosent
a écrit le 01/08/2019 à 11:02 :
Après le Dumping social compétitif imposé aux autres pays par les reformes Agenda 2010 et Hartz IV de Schröder, réformes qui ont fait des pauvres des encore plus pauvres, voici maintenant le dumping compétitif des taux d'intérêts.
Je dois avouer que je préfère ce dumping-là, les grands perdants ce sont aussi bien sur ceux qui ont de l'argent sur leur compte courant et compte épargne mais ce sont surtout les banques et les banquiers.
Alors permettez-moi (gönnen Sie mir) un peu de Schadenfreude
a écrit le 01/08/2019 à 10:55 :
C'est le début de la fin, ceux qui hésitaient jusqu’à maintenant vont enclenché la vitesse supérieure engendrant une création monétaire excessive! Si la monnaie n’accélère pas sa circulation, la dé-dollarisation prendra le dessus par manque de confiance!
a écrit le 01/08/2019 à 8:40 :
Cocasserie que cet argent qui a de moins en moins de valeur tout en détruisant de plus en plus le monde. Les historiens du futur concluront que... ha mais non pardon, il n'y aura pas d'historiens du futur parce qu'il n'y a pas de futur possible guidé par des aveugles.

"Cette baisse des taux] n'apparait pas justifiée par le niveau de la croissance"

Ben oui ma pauvre vieille UERSS, empire prévu pour durer mille ans, je comprends que tu sois contrariée mais face à ces taux négatifs mondiaux, du fait de la nullité des dirigeants de ceux-ci, ou plus sûrement de leur vassalité, les états unis ne pouvaient pas continuer de laisser faire cette concurrence déloyale, il fallait bien s'en douter quand même... mais tu n'es même plus capable de regarder ton doigt, tu n'es plus que fixée sur le bout de ton nez.

"Quand un virus attaque le corps humain soit celui-ci change soit il meure." Michel Serres

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