Trente lancements en 2030 (contre trois cette année). C'est le slogan personnel de la directrice du Centre spatial guyanais (CSG) Marie-Anne Clair pour conjurer le mauvais sort qui s'acharne sur le port spatial européen. Un objectif qu'elle rabâche sans cesse à ses équipes pour les motiver après les terribles coups du sort endurés par le CSG depuis quatre ans : crise du Covid avec fermeture de la base, arrêt des tirs Soyuz à la suite de l'invasion russe en Ukraine et baisse drastique de la cadence de lancements en 2022, 2023 et 2024 en raison des retards répétés d'Ariane 6 et des défaillances techniques de Vega-C. « Nous sommes dans une période compliquée, cela ne fait pas l'ombre d'un doute, n'élude-t-elle pas. Et on ne savait pas que cela allait durer quatre ans ».
Elle entrevoit le bout du tunnel à la fin de l'année 2024 avec le retour en vol de Vega-C conjugué à la montée en puissance d'Ariane 6. Résultat, la première femme à diriger le CSG est donc en train de configurer la base spatiale pour effectuer six à sept tirs Ariane 6 par an et trois à quatre vols Vega à partir de 2024/2025. A l'horizon 2030, elle vise pour le CSG 10 à 12 lancements Ariane 6, cinq à six lancements Vega plus les vols effectués par les quatre micro-lanceurs installés sur le site historique du Diamant au CSG d'où décollaient les lanceurs Diamant B, puis Diamant BP4 entre 1970 et 1976. Et « si la montée en cadence se confirme, y compris du côté d'Ariane 6 avec le lancement de la constellation Kuiper, on pourrait passer à 12 ou 13 lancements Ariane 6 par an ».