Icade se met en ordre de marche pour investir le Grand Paris et les régions

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Le leader français et européen de l'immobilier tertiaire compte sortir de son pré carré, le Grand Paris, pour développer des programmes de construction de logements dans les métropoles régionales comme Lyon (photo), Marseille, Toulouse, Bordeaux et Lille.
Le leader français et européen de l'immobilier tertiaire compte sortir de son pré carré, le Grand Paris, pour développer des programmes de construction de logements dans les métropoles régionales comme Lyon (photo), Marseille, Toulouse, Bordeaux et Lille. (Crédits : Fotolia.com - beatrice prève)
La société immobilière d'investissement cotée du Groupe Caisse des Dépôts s'appuie sur trois piliers pour assurer son développement : foncier tertiaire, foncier santé et promotion.

Quand le bâtiment va, tout va, dit l'adage populaire. Et pour Icade, opérateur immobilier intégré, ça ne va pas mal du tout si on en croit ses dirigeants, réunis ce lundi 28 novembre pour leur journée investisseurs à Issy-les-Moulineaux, dans l'immeuble rénové qui sera le nouveau siège du groupe en septembre prochain.

« Un an après le lancement de notre plan stratégique, nous sommes en ordre de marche, avec un actionnariat simplifié (39% pour la Caisse des dépôts et 13% pour Groupama), une gouvernance améliorée et un comité exécutif parmi les plus féminisés de France », se félicite André Martinez, président du conseil d'administration.

A l'assaut de Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux et Lille

Leader français et européen de l'immobilier tertiaire avec 9,54 milliards d'euros de patrimoine (au 30 juin 2016), dont 80% de bureaux et 20% de murs de cliniques, et une réserve foncière de 1,2 millions de mètres carrés constructibles en Ile-de-France, leader également pour le foncier santé, Icade n'est en revanche que quatrième pour la promotion immobilière à destination des particuliers. Mais le groupe compte bien améliorer ce classement en sortant de son pré carré, le Grand Paris, pour développer des programmes de construction de logements dans les métropoles régionales comme Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux et Lille.

« Il existe un potentiel de développement important en région, à la fois pour la promotion immobilière comme pour l'investissement. Nous sommes en retard sur le volet logement et nous pouvons faire mieux sur un marché qui bénéficie de la baisse des taux et de la défiscalisation permise par la loi Pinel (jusqu'à 63.000 euros de réduction d'impôt Ndlr) », confirme André Martinez.

La feuille de route qui mène à l'horizon 2019 est déjà en partie remplie, « et nous pouvons envisager son accélération grâce à un marché porteur », ajoute Olivier Wigniolle, directeur général d'Icade. Ce plan ambitieux prévoit une augmentation de 30% du chiffre d'affaires de la promotion immobilière et un patrimoine de 11,4 milliards d'euros en 2019.

« Notre volonté est de devenir un opérateur intégré, à la fois société financière mais aussi promoteur, en nous recentrant sur les activités où nous sommes leader. Pour 2016, nos six priorités ont toutes été réalisées », estime Olivier Wigniolle.

Une reprise des investissements

Ces six priorités étant le désengagement des services, effectué avec la cession effective depuis le 30 septembre dernier du pôle services ; la mise en place de rémunérations alignées pour le management ; le recentrage sur certains parcs d'affaires - cinq parcs non stratégiques sont en passe d'être vendus d'ici fin décembre - ; le développement de synergies entre la foncière et la promotion, avec les premières réponses conjointes sur des appels d'offres ; la diversification en région, commencée à Toulouse et Lille, et enfin le repositionnement marketing pour les parcs d'affaires, engagé via le déploiement du plan Coach your growth with Icade ("Pilotez votre croissance avec Icade") visant à créer des parcs d'excellence en matière de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) et une « communauté business » pour les utilisateurs, fort d'un investissement de l'ordre de 30 millions d'euros sur 2016 et 2017. « Nous avons fait grimper la hausse du taux d'occupation financier à 95 % pour les bureaux et près de 87 % pour les parcs d'affaires, avec plus de 120.000 m2 commercialisés sur les dix premiers mois de cette année », précise le directeur général d'Icade, qui met aussi l'accent sur une reprise des investissements : « Nous avons investi 400 millions d'euros dans le tertiaire et 107 millions dans la santé depuis notre dernier achat en 2008. » Soit près de 40% des acquisitions prévues au plan 2016/2019 d'ores et déjà réalisées.

Indicateurs au vert et opportunités dues au Brexit

Après avoir loupé le redémarrage du marché du logement, Icade a « poussé les feux » avec un backlog (partie restant à encaisser des contrats en cours de réalisation) à 1,62 milliard d'euros au troisième trimestre 2016. Pour les trois marchés d'Icade, tous les indicateurs sont au vert : un immobilier professionnel en croissance (+3% sur les neuf premiers mois de 2016), un marché locatif de bureaux qui s'améliore avec un taux de vacance de 6,4 %, le plus bas depuis 2009, et un marché du foncier santé dynamique.  Quant à l'immobilier résidentiel, les perspectives ouvertes par le Grand Paris Express et ses 60 nouvelles gares, et les nouveaux quartiers qui vont surgir à proximité, devrait booster la demande.

« Nous avons déjà gagné deux appels d'offres à Issy-les-Moulineaux et Clamart (Hauts de Seine). Nous commençons à vraiment ressentir les effets positifs de cet énorme projet » se réjouit Olivier Wigniolle.

« Nous connaissons une phase favorable pour nos métiers, d'autant que le Brexit pourrait créer de nouvelles opportunités en Ile de France et en région, comme le retour sur le continent de l'Agence européenne pour le médicament » conclut André Martinez.

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