Etats-Unis : Foxconn et Sharp pourraient implanter une usine de télévisions

Le géant de l'industrie électronique et Sharp étudient la possibilité d'implanter une usine d'écrans de télévisions LCD aux Etats-Unis. Si peu de précisions ont été apportées sur ce projet, cet intérêt s'ajoute à celui d'autres groupes asiatiques de développer leurs outils de production sur le sol américain.
Grégoire Normand
Le patron et fondateur de Foxconn Terry Gou après la prise de contrôle de Sharp.
Le patron et fondateur de Foxconn Terry Gou après la prise de contrôle de Sharp. (Crédits : Reuters/Tyrone Siu)

L'industrie asiatique se rapproche des Etats-Unis. Foxconn et Sharp s'intéressent de près au territoire américain pour implanter une usine d'écrans à cristaux liquide (LCD) selon un cadre de Sharp cité par le journal économique Nikkei ce vendredi 13 janvier et repris par Reuters. Le projet est "sur la table [...] Nous prendrons une décision avec prudence", a-t-il déclaré. A quelques jours de l'arrivée officielle de Donald Trump à la Maison Blanche, les discussions entre Foxconn et les autorités américaines devraient être cruciales. En effet, Donald Trump qui voudrait réindustrialiser le pays, avait proposé de mettre en place une taxe de 45% sur les produits importés de Chine et Foxconn possède plusieurs usines de produits électroniques dans l'Empire du Milieu.

Des emplois prévus aux Etats-Unis

Si peu de détails sur le projet ont été apportés, cette décision s'inscrit dans un plan plus vaste d'investissements sur le sol américain prévu par Foxconn et son partenaire financier Sofbank. Lors d'une rencontre avec Donald Trump au mois de décembre dernier, le PDG de Softbank  Masayoshi Son a annoncé qu'avec Foxconn, "il allaient faire des investissements significatifs pouvant créer de nouveaux emplois aux Etats-Unis" comme le souligne Nikkei. Le patron de Softbank s'était rendu en personne dans la Trump Tower pour annoncer "un accord" pour investir 50 milliards de dollars aux Etats-Unis avec 50.000 emplois à la clé.

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Le PDG de Softbank  Masayoshi Son avec Donald Trump lors de leur rencontre à New-York en décembre dernier. Crédits : Reuters.

Des investissements à plusieurs milliards

Le montant des investissements et la date de lancement des opérations n'ont pas encore été décidés pour l'usine. Mais des sources citées par Nikkei expliquent que ces aspects pourraient être similaires à ceux annoncés pour un projet d'usine qui doit s'implanter à Canton en Chine. Le géant taïwanais avait annoncé il y a quelques semaines, un investissement d'environ 8,3 milliards d'euros pour fabriquer l'une des plus grandes usines de téléviseurs et écrans au monde. Elle devrait entrer en fonctionnement à l'automne 2018. Le patron et fondateur de Foxconn Terry Gou avait d'ailleurs "vanter l'environnement industriel en Chine". Il s'était montré beaucoup moins élogieux à l'égard des Etats-Unis comme le rappelle La Tribune de Genève :

"Quant à savoir si nous investirons à l'avenir aux Etats-Unis, je n'en ai aucune idée. A vrai dire, la nouvelle administration n'est pas encore entrée en fonction, ses nouvelles politiques ne sont pas arrêtées."

Depuis cette annonce, les ambitions américaines de Terry Gou semblent avoir quelque peu changées. Et elles pourraient se préciser après la prise de pouvoir de Trump.

>> Lire aussi : Le patron de Foxconn tient à produire en Chine, malgré les promesses de Trump

Une bonne nouvelle pour Sharp

Après plusieurs années de difficultés, cette nouvelle usine pourrait apporter un second souffle à Sharp. L'ancien groupe nippon spécialisé dans les technologies de pointe a été racheté par Foxconn il y a moins d'un an, passant ainsi sous pavillon Taïwanais. Le choix du géant industriel d'implanter cette usine de télévisions aux Etats-Unis ferait ainsi écho à Apple qui songe à rapatrier une partie de sa production sur le sol américain.

>> Lire aussi : Apple songe à rapatrier une partie de la production d'iPhone aux Etats-Unis

Grégoire Normand

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Commentaires 3
à écrit le 14/01/2017 à 19:47
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Le patron de foxconn qui faisait semblant de s'opposer à trump est vite rentré dans le rang. Impressionnant comme l'oligarchie semble attendre un chef. L'empire des faibles.

à écrit le 14/01/2017 à 11:59
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Cela ressemble bien à la recolonisation de l'Amérique. Importation de capitaux aujourd'hui entraîne exportation de dividendes sur une longue période. Sauf nationalisation...

le 14/01/2017 à 17:25
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nationalisation d'une entreprise rentable car distribuant des dividendes=>forte indemnisation. Si l'entreprise appartient à un groupe étranger, indemnisation=> exportation d'argent.

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