Île-de-France : la concurrence se concrétise dans les transports

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La mise en service samedi d'une nouvelle ligne de tramway au sud-est de Paris marque une nouvelle étape dans l'ouverture à la concurrence des transports d'Île-de-France. Il s'agit de la première ligne de tram mise en concurrence. C'est en effet l'opérateur Keolis qui va l'exploiter, après avoir gagné un appel d'offres.

La mise en service samedi d'une nouvelle ligne de tramway au sud-est de Paris marque une nouvelle étape dans l'ouverture à la concurrence des transports d'Ile-de-France: c'est l'opérateur Keolis qui va exploiter le T9, après avoir gagné un appel d'offres.

Ce tram va relier sur 10 kilomètres la Porte de Choisy, à Paris, à Orly-Ville (Val-de-Marne), remplaçant sur l'essentiel de son parcours l'autobus le plus chargé de la RATP en banlieue, le 183. Il a coûté 404 millions d'euros, auxquels s'ajoutent 75 millions pour les rames, fournies par Alstom.

"Ca sera la première ligne de tram mise en concurrence!", se félicite la présidente d'Ile-de-France Mobilités (IDFM), Valérie Pécresse.

Les autres lignes de tramway de l'agglomération parisienne étaient jusqu'à présent automatiquement allées à la RATP. Comme le T3a, qui passe Porte de Choisy.

Mais l'autorité régionale des transports a entrepris de mettre en concurrence tout le réseau francilien d'ici à 2040.

La révolution a commencé dans les autobus de grande couronne, au-delà du monopole historique de la RATP. L'exploitation de cet ensemble appelé Optile, historiquement répartie en 135 contrats passés de gré à gré, est progressivement mise en concurrence après une rationalisation du réseau divisé en 36 lots.

IDFM en a jusqu'à présent attribué neuf, dont un comprend le fameux T9.

L'ouverture d'Optile est pour les opérateurs une mise en bouche avant la perte du monopole de la RATP qui commencera par les autobus - à Paris et en proche banlieue - le 1er janvier 2025.

Le choc va être rude pour la Régie puisque 18.000 de ses 45.000 salariés franciliens sont concernés. Avec encore une dose d'incertitudes, dans l'attente de décrets fixant le cadre règlementaire et social.

 Bataille franco-française

 "Nous avons créé en juillet 2020 une +business unit+ (unité opérationnelle NDLR) Réseau de surface, avec une responsabilisation très forte des patrons des centres bus, en leur créant un mini compte de résultat pour se préparer au choc de l'ouverture", témoigne la PDG Catherine Guillouard.

Suivront les tramways de la RATP en 2030, puis le métro et les RER A et B en 2040.

Avant cela, c'est le monopole de la SNCF sur son secteur qui va disparaître par étapes en Ile-de-France, entre 2023 et 2033. IDFM compte commencer par les trams-trains T4 et T11: le dossier est au programme de son prochain conseil d'administration, mercredi.

L'autorité régionale doit aussi choisir des exploitants pour les futures lignes du métro du Grand Paris (15, 16-17 et 18).

IDFM, qui finance le réseau, en veut plus et mieux pour son argent. Elle fait valoir que la compétition favorisera l'émulation... et permettra de faire des économies.

"L'ouverture à la concurrence des lignes s'inscrit évidemment dans une logique de qualité de service pour nous", explique Valérie Pécresse à l'AFP. "Le voyageur doit être mis au coeur du réseau, la concurrence doit avoir pour objectif la satisfaction des personnes transportées."

Les sommes en jeu sont considérables: 10 milliards d'euros par an actuellement (dont en gros la moitié va à la RATP et un tiers à la SNCF). Et plus à l'avenir, notamment quand les nouvelles lignes du métro du Grand Paris seront ouvertes.

Pour l'instant, la bataille entre opérateurs reste franco-française, entre la RATP, Transdev (filiale à 66% de la Caisse des dépôts) et Keolis (filiale à 70% de la SNCF).

La RATP vient de créer une filiale dédiée aux appels d'offres en Ile-de-France, avec l'objectif de gagner des marchés sur Optile et peut-être les trams-trains, avant la défense de son pré carré. Elle s'est parallèlement alliée à une entreprise singapourienne pour tenter de décrocher l'exploitation des lignes 16 et 17 du Grand Paris Express.

Keolis et Transdev veulent aussi étendre leur part du réseau Optile, en attendant l'ouverture des autobus RATP. Et le reste.

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Commentaires
a écrit le 12/04/2021 à 10:51 :
Keolis filiale de la sncf où est la concurrence ? Keolis obtient des marchés à l'international mais les bâtons dans les roues sur le sol français pour éviter la concurrence... Vive la république bananière pour protéger une caste minoritaire que l'on nomme les vassaux avec la complicité des syndicats de la fonctions publiques.
a écrit le 11/04/2021 à 10:28 :
Privatisation des profits et mutualisation des contraintes c'est vieux comme la révolution industrielle et ça a conduit à fusionner les lignes régionales en créant la SNCF..
a écrit le 11/04/2021 à 4:01 :
Plus de 400 millions pour cette ligne.
L'amortissement en combien d'annees ?
Réponse de le 11/04/2021 à 10:22 :
@ Matins calmes
Jamais !. Ils répondent à une nécessité, pas à un objectif de rentabilité.
A moins que les communautés urbaines ne subventionnent ces sociétés privées pour leur assurer les bénéfices auxquels elles prétendent.
La porte est alors grandes ouvertes aux malversations en tout genre.

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