"Opacité", "grand écart des tarifs"... 60 millions de consommateurs épingle la SNCF

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Parmi le yoyo des prix relevés, les écarts les plus importants concernent un trajet entre Paris et Aix-en-Provence, de 10 euros - pour un Ouigo, au départ de Marne-la-Vallée - à 116 euros.
Parmi le "yoyo" des prix relevés, les écarts les plus importants concernent un trajet entre Paris et Aix-en-Provence, de 10 euros - pour un Ouigo, au départ de Marne-la-Vallée - à 116 euros. (Crédits : Eric Gaillard)
Déjà mise en cause par le magazine pour ses retards, la fermeture de ses guichets ou encore son offre de cartes de moins en moins avantageuses, la SNCF est de nouveau dénoncée par le magazine qui pointe, cette fois-ci, sa politique tarifaire.

La revue 60 millions de consommateurs dénonce "l'opacité" et "le grand écart des tarifs" des grandes lignes (TGV et Intercités) de la SNCF dans son numéro de mars paru jeudi, constatant que réserver à l'avance n'est pas toujours payant pour les grands départs.

"Sur les grandes lignes, les tarifs sont toujours considérés comme opaques", a regretté jeudi Florent Pommier, le coauteur de l'étude menée par le magazine.

"Cette opacité est un peu consubstantielle au yield management", le système de gestion des tarifs en fonction de l'offre et la demande adopté depuis longtemps par la SNCF pour les grandes lignes, a-t-il ajouté devant des journalistes.

Les prix de 2.859 trains passés au crible

60 millions de consommateurs, qui dépend de l'Institut national de la consommation, a testé sur 35 trajets en 2e classe entre des grandes villes les tarifs proposés sur le site oui.sncf, dans les deux sens, à dix dates différentes: cinq voyages en semaine et cinq départs en week-end (le vendredi soir, sauf le jeudi 7 mai), entre 15 jours et 4 mois à l'avance. Au total, l'étude, réalisée les 8 et 9 janvier porte sur les prix de 2.859 trains.

Parmi le "yoyo" des prix relevés, les écarts les plus importants concernent un trajet entre Paris et Aix-en-Provence, de 10 euros - pour un Ouigo, au départ de Marne-la-Vallée - à 116 euros, la moyenne étant de 47 euros en semaine et de 81 euros pour un départ en week-end.

Anticiper son achat pour bénéficier des tarifs les plus avantageux "ne suffit pas toujours", selon M. Pommier. Dès l'ouverture de la réservation, quasiment tous les billets étaient ainsi vendus au prix maximum pour un départ le 7 mai au soir, veille de pont du 8 mai.

"On est au prix fort au moment où le voyageur est le plus captif", a-t-il regretté.

Lire aussi : La SNCF va serrer la vis pour éponger les pertes de la grève en 2020

La SNCF, déjà épinglée par le passé

En moyenne, les tarifs relevés se situent entre 50 et 55% du prix plafond homologué par l'État, la palme allant au trajet Paris-Lyon où les billets atteignaient 74% (avec un prix moyen de 71,32 euros, le maximum étant de 97 euros).

La revue - qui avait décerné en janvier le "cactus d'or" à la SNCF pour ses retards, fermetures de guichets et cartes de moins en moins avantageuses - invite à "bien évaluer les contraintes" de Ouigo, un service moins cher mais beaucoup moins souple.

Elle dénonce aussi le maquis des cartes de réduction, qui ne sont plus acceptées dans tous les trains régionaux.

Lire aussi : Ces Régions qui veulent se passer de la SNCF avec l'ouverture à la concurrence

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Commentaires
a écrit le 29/02/2020 à 21:43 :
Difficile pour la SNCF de ne plus avoir de réflexes de monopole ! VAE VICTIS !
a écrit le 28/02/2020 à 15:37 :
Cela fait longtemps que ça dure. La complexité du système tarifaire de la sncf sera sa plus grosse contrainte face à la concurrence. Le service marketing de la sncf a un gros travail de remise en question à faire pour simplifier drastiquement l'offre et la rendre plus lisible pour le consommateur. ouigo, idtgv, prem's, inOui, ter, trains en exclusivité web, tarifs en yield management, période bleue, trains à réservation obligatoire, trains sans réservation obligatoire, trains permettant les billets sans date inscrite et en carnet, billets remboursables, non remboursables, échangeables, abonnements, cartes multiples et variées... Il faut reconnaître un souci du service marketing d'innover continuellement, mais cela rend le projet de la SNCF incompréhensible. Cela fait déjà des torts face aux bus ou à blablacar pour lesquels le consommateur sait le prix d'un trajet.
a écrit le 27/02/2020 à 20:38 :
La SNCF a des prix évoluant de façon machiavélique afin d'encaisser le maximum possible (quand ça sera géré par IntelligenceArtificielle, là, ça sera pire, optimisation absolue), elle en a besoin, et se moque de ce que 60M conso peut dire.
Y a elle ou rien, la SNCF, qu'on se le dise ! A part la route mais c'est pas "écolo", on va juste de porte à porte à toute heure.
Quand la SNCM existait encore, je prenais des notes pour un futur voyage de 15 jours fin avril/mai, et étais surpris que les prix changent chez Corsica et pas feu SNCM. En fait le yield managment c'est assez généralisé, mais prendre son billet 3 mois avant est gage de rien, parfois c'est plus cher qu'un mois avant, ça varie, baisse, monte, baisse, .. au fil des semaines, on ne sait pourquoi (aléatoire, ordonné, ??).
a écrit le 27/02/2020 à 20:19 :
La SNCF doit supprimer la prime des grévistes pour faire des économies !
a écrit le 27/02/2020 à 20:13 :
La SNCF doit supprimer la prime des grévistes pour faire des économies !

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