Privatisation des aéroports de Nice et de Lyon : l'Etat va lancer un nouveau tour d'enchères !

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L'aéroport de Nice, le troisième aéroport français après Roissy et Orly
L'aéroport de Nice, le troisième aéroport français après Roissy et Orly (Crédits : DR)
Après le dépôt des offres fermes le 4 juillet, l'Etat a, selon nos informations, retenu deux finalistes pour chaque aéroport. Vinci et le groupe italien Atlantia à Nice, et Vinci et le groupe australien Macquarie à Lyon. Les offres financières des deux candidats étrangers seraient légèrement supérieures à celle de Vinci, mais dans les deux cas, les collectivités locales placent le projet industriel du groupe français en tête. Les offres financières sont très élevées.

Après le dépôt des offres indicatives début mai puis des offres fermes le 4 juillet, il y aura un troisième tour d'enchères pour départager les deux meilleurs candidats au rachat des 60% du capital que détient l'Etat dans les aéroports de Nice et de Lyon. C'est, selon nos informations, ce qu'a décidé l'Agence des participations de l'Etat (APE).

Vinci dans les deux finales

Pour ce troisième tour, l'Etat a retenu deux candidats pour chaque aéroport, lesquels devront remettre leur offre la semaine prochaine, probablement d'ici au 12 juillet pour Lyon, d'ici au 18 juillet pour Nice.

A Nice, le duel opposera le consortium composé de Vinci, l'assureur Predica et la Caisse des dépôts à celui formé par Atlantia (le gestionnaire notamment de l'aéroport de Rome) et EDF Invest.

A Lyon, le consortium emmené par Vinci sera également en finale contre l'australien Macquarie, un groupe offrant des services bancaires, financiers, de conseil, de placement et de gestion de fonds, associé au holding de la famille Peugeot.

L'Etat dans l'embarras

Les offres financières seraient très proches. A Nice et à Lyon, les offres de Vinci seraient dans les deux cas légèrement inférieures à celles d'Atlantia et de Macquarie. Mais c'est le groupe français qui présente, dans chaque cas, le meilleur dossier industriel aux yeux des collectivités locales, lesquelles ont déjà vu les projets industriels mais pas les offres financières. A Nice par exemple, le "business plan" a été placé en tête tandis qu'Atlantia n'aurait même pas été classé en deuxième position.

"L'Etat est embarrassé. En lançant ce troisième tour, il se donne non seulement du temps pour trancher mais peut espérer encore une hausse du prix", explique un connaisseur du dossier.

Des offres très élevées

Peut-il y avoir encore une augmentation des offres ? Probablement. Mais les marges de manoeuvre semblent néanmoins réduites. Car les finalistes seraient déjà sur des niveaux très élevés, supérieurs à 20 fois l'Ebitda à Nice et un peu moins à Lyon. Ce qui déboucherait sur des valeurs d'entreprise (capitalisation + dette) dépassant les 2 milliards d'euros à Nice et le milliard d'euros à Lyon. Pour rappel, à Toulouse, le consortium chinois l'a emporté en 2014 avec une offre représentant 18 fois l'Ebitda. Ces dernières années, les multiples d'Ebitda dans le secteur se situaient plutôt aux alentours de 13 ou 14.

Le prix principal critère

Le prix est le principal critère du choix du vainqueur. La Commission des participations et des transferts (CPT) reste en effet très attentive pour que la prééminence du prix soit respectée. Pour justifier de choisir le meilleur dossier industriel, même moins disant sur le plan financier, il faut que les offres financières soient très proches.

A l'issue d'un recours déposé au Conseil d'Etat par la Société Générale lors de la privatisation du CIC en 1997, le Conseil d'Etat avait en effet considéré en 1998 qu'une offre inférieure de 2% seulement à la meilleure offre pouvait l'emporter si le projet industriel était estimé meilleur.

Les deux finalistes présenteront leur offre aux collectivités locales, lesquelles donneront leur avis. L'Etat tranchera ensuite.

Contactée, l'APE, n'a pas souhaité faire de commentaire.

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Commentaires
a écrit le 11/07/2016 à 10:19 :
Voila ce qui attend notre-dame-des-landes dans le futur.
a écrit le 10/07/2016 à 11:56 :
Non seulement on finit de brader le patrimoine mais vous avez raison Vinci a l habitude gérer des concessions ce qui veut dire qu on va voir les taxes aéroportuaires flamber sur les billets d avion
Heureusement qu entre les problèmes de certains pays et les avions qui tombent de plus en plus souvent on préfère ne pas partir trop loin et donc y aller en voiture .....
a écrit le 10/07/2016 à 11:24 :
Il est impressionnant de voir que les gouvernements privatisent toujours les entreprises qui rapportent de l'argent dans les caisses des citoyens... France télécom, EDF, SNCF, et maintenant les aéroport... Et dans 10 ans qui donnera de ces impôts pour compenser les gains de ces aéroports? Nous bien-sûr...
a écrit le 10/07/2016 à 10:03 :
Très bonne chose de privatiser ces aéroports, typiquement le genre d activité ou l état perd de l énergie. Vivement les gares ça en fera des endroits beaucoup plus sympathiques!
a écrit le 10/07/2016 à 6:37 :
Pourquoi Mr de Romanet d'Aéroport de Paris a investi en Turquie alors que nos aéroports régionaux ont besoin de financement; c'est facile de jouer au monopoly avec l'argent des autres c'est à dire des contribuables qui ont financé ces équipements; quand aux métropoles dont nos grands penseurs nous font la promotion nous constatons que ce sont des nids de terroristes alors que la délinquance en france profonde est plutot du cambriolage et des actes isolés certes nuisibles mais pas du tout au même niveau que nos sauvageons préférés; dans la déclaration des droits de l'homme de 1789 la protection du citoyen est une valeur majeure est elle assurée chez Erdogan, quels avantages inouis lui sont accordés pour satisfaire les désirs de Merkel et on s'étonne que nos amis anglais ne veuillent pas de cette Union Européenne
Réponse de le 10/07/2016 à 10:00 :
Prendre des parts de marché dans un pays à très forte croissance, avec une situation géographique simplement extraordinaire entre Europe Asie moyen orient et une des destinations leader mondiale pour le tourisme plutôt que mettre des sous dans des villes moyennes en France, c est sur ça paraît de la mauvaise gestion... Tout façon ADP est en bourse donc pas votre problème...
a écrit le 09/07/2016 à 17:52 :
Tout simplement l'Etat n'a plus un sou , heureusement qu'il ne les vends pas aux Japonais qui nous paierait avec du_ PQ. Gestion Socialiste !!!!!!!
a écrit le 09/07/2016 à 17:40 :
@Fredo : On vend les bijoux de famille.........et des chemises neufs pour les directeurs..
a écrit le 09/07/2016 à 14:54 :
L'état vend,brade les aéroports de Nice et Lyon et fait construire un tout neuf et inutile a Nantes................Quelle gabgie cette socialie
a écrit le 09/07/2016 à 12:14 :
On vend les bijoux de famille , signe que tout va bien : L'économie en expansion soudaine et on réforme au 49/3 , un avenir se dessine mais va en surprendre certains !
Réponse de le 09/07/2016 à 20:23 :
A bruno-d
c'était une simple constatation, moi je m'en fous ce n'est pas moi qui vais supporter les futures augmentations en vue, pas au début bien sûr.
a écrit le 09/07/2016 à 9:31 :
privatisation autoroutes : Vinci.Privatisation aéroport : Vinci....Privatisation futures : Vinci....
Réponse de le 09/07/2016 à 13:21 :
D'un autre côté Vinci a une bonne pratique des concessions. Vous préféreriez que ce soit Bonduelle ou l'Oréal ?
Réponse de le 10/07/2016 à 11:17 :
Sauf que dans le domaine des aeroports, il y avait parmi les candidats d'autres societes rompues a la gestion d'aeroports,... Cela ressemble fort à du favoritisme. Au passage sur Lyon, Vinci possède déjà la concession des autoroutes qui mènent à l'aéroport, et est un des actionnaires majoritaires de Rhonexpress, la liaison en tram qui dessert de manière exclusive l'aeroport. Ca fait quand meme beaucoup ...

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