Les travaux préliminaires de l'usine de dirigeables de Flying Whales à Laruscade (Gironde) devraient débuter en 2026. Il s'agit du projet industriel le plus ambitieux et le plus risqué de la région.
GAAMMA – Goudchaux Architecte & Associés et Mamou-Mani Ltd
Arrachage, baguette, nématode : les 10 mots qui vont compter dans l’économie de la Nouvelle-Aquitaine en 2026
D’aimants à réindustrialisation en passant par baguette, nématode et LGV : la rédaction de La Tribune a sélectionné dix mots qui marqueront l’actualité économique, sociale et environnementale en Nouvelle-Aquitaine en 2026.
Aimants
Il y avait l'« Aerospace Valley » entre Toulouse et Bordeaux, la « Spirits Valley » pour les alcools charentais. Il faudra désormais compter sur la « Magnet Valley » (Vallée de l’aimant) dans les Pyrénées-Atlantiques. Le bassin de Lacq tourne ainsi la page de sa longue histoire gazière en trouvant son salut dans les terres rares.
Le complexe industriel va accueillir d’ici un an l’usine de Carester dédiée au recyclage d’aimants permanents, indispensables pour les éoliennes ou les moteurs électriques. Cette première implantation ouvre la voie à d’autres projets d’usines, comme celui de Less Common Metals à proximité immédiate, qui pourra métalliser les oxydes de terres rares grâce aux aimants retraités. Lacq chasse désormais un troisième porteur de projet, capable cette fois de boucler la chaîne en produisant des aimants à base de matières recyclées.
Un crève-cœur autant qu’une nécessité pour des vignobles qui se sont étendus plus que de raison pendant les années 2010. Les arrachages de vignes vont se poursuivre en 2026 à Bordeaux comme à Cognac. Le vignoble girondin devrait arracher 5 000 hectares en plus des 18 000 déjà déracinés tandis que son voisin charentais négocie avec Bruxelles un plan ad hoc.
Mais au-delà de ces mesures douloureuses, il faudra surtout s’adapter aux nouvelles habitudes des consommateurs qui boivent toujours moins d’alcool et prisent davantage les vins blancs et pétillants, les cocktails et le « no-low » que les vins rouges et spiritueux historiques. Ces derniers étant également pénalisés par la fermeture simultanée des marchés américain et chinois. La tenue de Wine Paris du 9 au 11 février permettra de prendre le pouls du secteur.
Derrière cette appellation volontairement malicieuse se cache le mini-lanceur à propulsion hybride conçu et fabriqué par la start-up bordelaise HyprSpace. Le premier tir suborbital de Baguette One est programmé courant 2026 sur un site de la Direction générale de l’armement, soit à Biscarrosse, soit dans le Var. En cas de tir réussi, la jeune pousse, qui vient de boucler une série A de 21 millions d’euros, s’inscrira au premier plan du secteur du New Space. Au même titre que l’autre start-up girondine très en vue The Exploration Company qui vient d’inaugurer ses nouveaux locaux.
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À quel prix faut-il relancer le projet de parc éolien au large d’Oléron ? C’est la question qui taraude le ministère en charge de l’énergie. Alors qu’aucun des neuf candidats n’a voulu construire les 60 éoliennes en mer dans les conditions dictées par l’État, tous attendent de savoir si leurs demandes ont été entendues.
Entre des conditions techniques délicates et un prix de vente de l’électricité trop bas, l’État doit revoir sa copie. Hausser le tarif du mégawattheure risquerait de dégrader la compétitivité de l’éolien. Ne pas le faire pourrait signer l’arrêt de mort du projet. D’autres zones maritimes plus favorables pourraient accueillir les mâts, ce qui rendrait vains presque dix ans de travail au large de l’île charentaise.
Quatre coopératives agricoles pour deux mariages. Dans le Sud-Ouest, les poids lourds Euralis et Maïsadour travaillent à une fusion. Tout comme leurs voisins Terres du Sud et Vivadour. Les projets de regroupements annoncés au printemps donneraient ainsi naissance aux 8e et 20e plus gros acteurs agroalimentaires français.
Mais avant de célébrer leurs noces, les coopératives attendent l’avis de l’Autorité de la concurrence, gardienne de l’équité des marchés et antidote aux monopoles. Celle-ci avait en 2022 retoqué une union des activités foie gras des deux premières, au prétexte que la production du Sud-Ouest serait trop concentrée. Le rapport de l’instance est désormais vivement attendu et dira si oui ou non les entreprises peuvent s’allier dans un secteur qui vit à coups de fusions depuis des dizaines d’années.
La ligne à grande vitesse Bordeaux-Toulouse se concrétise un peu plus. SNCF Réseau va lancer au printemps les appels d’offres pour construire l’ouvrage ferroviaire de 220 kilomètres. Deux lots devraient être proposés aux entreprises du BTP. Un premier entre la sortie sud de Bordeaux et Agen, qui relève surtout d’un chantier de terrassement, et un second entre Agen et Toulouse avec près de 200 ponts et de nombreux ouvrages d’art à aménager.
Vu le contexte budgétaire, l’entreprise ferroviaire manque de certitudes quant au bouclage de son enveloppe. Dans le cadre du projet global, comprenant aussi une LGV Bordeaux-Dax et des aménagements ferroviaires à la sortie des métropoles, les 14 milliards d’euros nécessaires doivent être abondés à 40 % par les collectivités locales, autant par l’État et à 20 % par l’Europe. Or, sur les 5,6 milliards d’euros étatiques attendus, un seul a fait l’objet d’un engagement ferme et définitif.
L’annonce est tombée à la veille de la trêve des confiseurs : Thomas Cazenave s’est accordé avec Nathalie Delattre pour mener une liste d’union du centre-droit face au maire sortant pas encore officiellement candidat Pierre Hurmic lors des élections municipales des 15 et 22 mars 2026. Avec de nombreux candidats en mesure de se qualifier au second tour, le scrutin bordelais s’annonce très ouvert.
Le niveau de participation sera plus que jamais décisif pour décider du futur bord politique de la ville centre comme de la métropole. D’autres enjeux seront également à suivre du côté de Pau, La Rochelle, Biarritz, Limoges, Angoulême, Poitiers ou encore Mont-de-Marsan.
Ce mot de huit lettres, qui désigne un ver microscopique capable de détruire un pin maritime en quelques semaines, a fait irruption dans le débat public le 6 novembre dernier lorsque sa présence a été détectée pour la première fois en France à Seignosse (Landes). De quoi redouter un bouleversement économique majeur pour la sylviculture, qui pèse 13 000 emplois directs dans la forêt des Landes de Gascogne. Dans l’immédiat, des coupes préventives aux abords des arbres infestés et des restrictions visent à enrayer toute propagation.
Et face à des pertes chiffrées à plusieurs millions d’euros par la profession, de premières aides financières de l’État ont été débloquées fin décembre prévoyant de 100 à 4 000 euros par arbre et de 3 000 à 6 200 euros par hectare en fonction de la taille de l’exploitation et du type d’arbre concerné.
« La réindustrialisation est un mensonge d’État : personne n’y croit », s’alarme Matthieu Hede, le nouveau président de l’UIMM de Nouvelle-Aquitaine. La région ne manque pourtant pas de projets de création d’usines, mais il est vrai que ces démarches s’apparentent bien souvent autant à un parcours d’obstacles qu’à une course de fond de plusieurs années. Parmi les projets d’implantation qui continueront à faire parler d’eux en 2026, on peut citer le site d’assemblage de dirigeables de Flying Whales (Gironde), l’usine de saumons de Pure Salmon (Gironde), la raffinerie de cobalt et de nickel d'EMME (Gironde) ainsi que les projets de production de carburants aériens et routiers d’Elyse Energy (Pyrénées-Atlantiques) et Verso Energy (Landes et Vienne).
De son côté, la start-up Hynaero a quitté la région pour partir s’installer à Istres (Bouches-du-Rhône). Mais l’agglomération bordelaise reste aussi en lice face à la région Sud et aux Pays-de-la-Loire pour attirer le gros projet d’usine de semi-conducteurs porté conjointement par Foxconn, Thales et Radiall. La décision est attendue début 2026.
Également placés sur la case redressement, les avions de Voltaero, en Charente-Maritime, espèrent trouver un investisseur qui croit en leur projet. Les biplaces hybrides pourront être fabriqués sur un site flambant neuf qui ne demande qu’à faire émerger l’aviation décarbonée. Face aux vents contraires de l’aéronautique, la quête n’est pas gagnée pour l’aspirant constructeur.