Brexit : les banques européennes pourraient facilement poursuivre leur activité au Royaume-Uni

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Les banques et assureurs de l'Espace économique européen pourront demander l'autorisation de fonctionner avec une succursale au Royaume-Uni, a expliqué la BoE dans un communiqué.
"Les banques et assureurs de l'Espace économique européen pourront demander l'autorisation de fonctionner avec une succursale au Royaume-Uni", a expliqué la BoE dans un communiqué. (Crédits : YVES HERMAN)
La Banque d'Angleterre a proposé de dispenser les banques d'investissement européennes d'établir une filiale outre-Manche et de se contenter de leurs succursales. Cette mesure est fortement conditionnée à l'état de la coopération sur la supervision entre Bruxelles et Londres une fois le divorce acté.

La Banque d'Angleterre (BoE) a présenté mercredi des propositions pour permettre aux banques d'investissement européennes de fonctionner au Royaume-Uni sans avoir l'obligation d'y créer une filiale après le Brexit.

"Les banques et assureurs de l'Espace économique européen pourront demander l'autorisation de fonctionner avec une succursale au Royaume-Uni", a expliqué la BoE dans un communiqué.

Si la BoE met en place un tel système, les banques d'investissement européennes se verraient dispensées d'établir une filiale stricto-sensu au Royaume-Uni, un processus beaucoup plus lourd que le maintien d'une simple succursale. La création d'une filiale nécessite notamment l'affectation d'un capital propre et de respecter davantage de régulations - la Banque d'Angleterre exige ainsi de toute banque étrangère voulant assurer des opérations de banque de détail qu'elle crée une filiale au Royaume-Uni.

La BoE a ouvert une consultation sur ce sujet jusqu'à la fin février. Elle rendra ses conclusions peu après.

Quid de la coopération sur la supervision post-Brexit ?

L'institut a néanmoins prévenu que cette approche était "fondée sur la présomption qu'il va continuer d'y avoir une forte coopération dans la supervision entre le Royaume-Uni et l'UE". Ce qui signifie que si les négociations sur le Brexit entre Londres et Bruxelles se terminent mal, la BoE pourrait décider d'être plus exigeante avec les banques d'investissement européennes.

Évoquant ces négociations, le gouverneur de la BoE Mark Carney a jugé que ce n'était "pas le moment de dire: le verre est à moitié vide, donc on demande de créer des filiales" - une façon de présenter comme ouverte l'approche de la banque centrale dans un contexte de négociations entre le Royaume-Uni et l'UE.

Mais si les négociations tournaient mal, la BoE pourrait exiger de ces banques d'investissement qu'elles créent des filiales sur le sol britannique, a-t-il prévenu devant la Commission au Trésor de la Chambre des communes.

160 succursales

L'enjeu est d'importance car le Royaume-Uni accueille 160 succursales de banques d'investissements étrangères, dont 77 de l'Espace économique européen (l'UE plus la Norvège, l'Islande et le Liechtenstein), totalisant 4.000 milliards de livres d'actif (4.500 milliards d'euros), soit nettement plus que le PIB du pays.

Le ministre britannique des Finances, Philip Hammond, a salué ces propositions comme étant de nature à "assurer un départ fluide et ordonné du Royaume-Uni de l'UE". "Cela renforcera le statut du Royaume-Uni comme centre financier et assurera la protection des clients", a-t-il souligné.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 25/12/2017 à 10:54 :
Bien sur, la GB vas tres vite s'inscrire dans la liste noire des paradis fiscaux, avantage au plus riche aux détriments du plus grand nombre.... Rien de bien nouveau... La question est de savoir combien de temps la majorité des anglais vons accepter d'être ruiner au détriment de certain.....
a écrit le 21/12/2017 à 13:27 :
En fait c'est de la pure spéculation. Ça n'est pas une information. Rien n'est acté et c'est juste impossible de sucursaliser des banques Les british essaient de se rattraper aux branches mais c'est bien eux qui vont dégringoler avec leur arrogance et leur égoisme cynique. Quel serait l'intérêt de ces "succursales" extra-europeennes à part faire plaisir aux anglais? Ne faisant plus partie de l'union européenne et n'ayant jamais fait partie de l'euro ces filiales britanniques font juste cesser d'exister.
a écrit le 21/12/2017 à 11:52 :
Les proeurope ont obtenu , pas de frontière avec l Irlande . Maintenant il se profile que les banques d Europe pourraient rester , reste l accord de Junker et de Merkel vu leur orientation libérale l accord est pratiquement assuré .
Résultat les probrexit seront floués comme les français en 2005 .
a écrit le 20/12/2017 à 20:56 :
Tout va bien donc....😁
Réponse de le 22/12/2017 à 11:00 :
C'est vrai : on est drôlement content !
a écrit le 20/12/2017 à 19:01 :
Ils sont malins ces anglais, ils vont y arriver à partir tranquillement de l'UE, incroyable quand même comme quand une nation retrouve sa souveraineté, quand celle-ci n'est plus la possession unique de l'oligarchie européenne, elle acquière une incroyable ingéniosité de gouvernance.

Le truc qu'on ne voit plus en UE, pire, puisque celle-ci est en train de se faire ravager par les partis d'extrême droite.

Vite un frexit.
a écrit le 20/12/2017 à 18:10 :
Et en contrepartie, évidemment le passporting...pour continuer à magouiller tranquille.
Les anglais comme d'habitude tirent les premier mais la ficelle semble quand même un peu grosse! Reste à voir l'effet sur les banques et leur pouvoir de lobbying...

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