Les deux poids lourds de l’industrie européenne des paiements sont devenus actionnaires de la société qui pilote le projet EPI, soutenu par 16 banques européennes. La société, qui est temporaire, se dote parallèlement d’une gouvernance. L’Initiative européenne des paiements (EPI) vise à créer un système européen unifié des paiements, concurrent de Visa et de MasterCard.
L'annonce était attendue par tous les professionnels européens des paiements. Deux poids lourds industriels, le français Worldline et l'acteur scandinave Nets, ont annoncé, ce mercredi, leur entrée au capital de l'EPI Interim Company, basée à Bruxelles, et chargée de lancer les travaux de mise en œuvre de ce projet européen ambitieux, l'Initiative européenne des paiements (EPI).
Ce projet, officiellement lancé le 2 juillet dernier à l'initiative de 16 grandes banques européennes, de cinq pays de la zone euro, vise à créer un nouveau standard européen des paiements, transfrontaliers et domestiques, susceptible de s'affranchir de prestataires non européens, comme Visa et MasterCard. Ce projet est clairement soutenu par la Banque centrale européenne (BCE) et, fait nouveau, par la Commission européenne elle-même, au nom de "la souveraineté européenne".
Un atout majeur
Avant le lancement de la phase opérationnelle, prévue en 2022, la société intérimaire a pour mission de définir la feuille de route technique. C'est pourquoi la venue dans ce programme des premiers acteurs non bancaires, comme Worldline et Nets, tous deux spécialisés dans le traitement des paiements auprès des commerçants (acquéreurs), est un atout majeur pour sa réussite.
"D'autres discussions avec plusieurs acteurs de l'industrie sont en cours, à un stade avancé", précise le communiqué commun aux 16 banques du projet.
Ouvrir le jeu
"Cette participation des industriels est extrêmement importante. Elle ouvre le jeu à des acteurs non bancaires clés dans l'écosystème des paiements, apporte une puissance de frappe importante au projet EPI et devrait faciliter la couverture de marchés européens qui ne sont pas encore bien couverts par l'alliance, comme l'Europe du Nord et l'Italie", estime Hervé Sitruk, président de France Payments Forum.
De fait, le projet EPI prend son essor dans un paysage européen des paiements en pleine consolidation. Déjà, la fusion entre Worldline et Ingenico avait créé le numéro un européen des paiements (et numéro quatre mondial). Et Nets est en pourparlers pour fusionner avec son homologue italien Nexi, qui vient de conclure le rachat de la société informatique italienne SIA, également spécialisée dans les paiements.
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