Indéniablement, Airbus Helicopters traverse un coup de mou sur le plan commercial avec un recul des commandes au premier semestre 2023, des décisions défavorables dans le cadre de la loi de programmation militaire (LPM) et des dossiers commerciaux compliqués (NH90 en Australie et Norvège, H225M aux Émirats Arabes Unis). Rien de rédhibitoire mais le constructeur de Marignane doit redresser le manche. La filiale du groupe A
irbus
a enregistré 131
commandes nettes au premier semestre 2023, contre
1
63 au premier semestre 2022. Soit une baisse de près de 20% sur un an. « En termes de prises de commandes, nous avons eu deux années record, en 2021 (414 prises de commandes, ndlr) et 2022 (362, ndlr) », a rappelé le PDG d'Airbus Helicopters Bruno Even dans une interview accordée à La Tribune et publiée après le salon aéronautique du Bourget. Deux années qui restent pourtant loin de la très prolifique année 2018 (715 commandes) et des années 2011/2012/2013 (457, 469 puis 422 commandes ).La baisse avait déjà été amorcée en 2022 même si elle peut s'expliquer aisément par un effet de rattrapage en 2021, année post-Covid (268 commandes en 2020). « Il n'y a pas de raison de penser que 2023 ne sera pas une année forte en termes de prises de commandes. Les différents marchés civils sont solides. Et on constate que l'oil&gas, en particulier, repart avec des besoins d'investissements », avait précisé le patron d'Airbus Helicopters. Bruno Even a raison mais il va jouer gros, très gros à la fin de l'année avec des décisions importantes sur deux campagnes stratégiques pour le constructeur de Marignane : en Allemagne (plus de 40 H225) et en Angleterre (une quarantaine de H175M). Ce qui peut changer une année du tout au tout.
En Allemagne, il s'agit du renouvellement de 40 Super Puma de la Bundespolizei par plus de 40 H225. C'est stratégique pour Airbus Helicopters, la Bundespolizei étant un client clé pour le constructeur européen, et par l'envergure de la commande, et donc de l'impact de ce contrat sur l'activité de la société. « Pour des raisons à la fois politiques, industrielles et opérationnelles, je suis convaincu que le H225 est la bonne réponse », avait souligné Bruno Even. Airbus Helicopters a des arguments, il a été sélectionné par les Pays-Bas qui ont choisi le Caracal pour remplacer leurs Super Puma (14 appareils). « Cette décision des Pays-Bas est un signal fort au niveau européen sur le fait que le Caracal est une plateforme performante et compétitive face au BlackHawk », avait-il précisé. En outre, le constructeur compte également en Allemagne sur une belle commande de H145M. C'est aussi le cas en France pour la Sécurité civile.