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Précarité alimentaire : le groupe Bel prêt à réduire ses marges pour les plus modestes

Photo de Pauline Chateau

Pauline Chateau

Publié le 07 juillet 2023 à 11:08 - Mis à jour le 08 juillet 2023 à 11:30

Laure Verdeau, directrice de l’Agence BIO et Cécile Beliot-Zind, directrice générale stratégie et croissance de Bel.

Laure Verdeau, directrice de l’Agence BIO et Cécile Beliot-Zind, directrice générale stratégie et croissance de Bel.

DR

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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RENCONTRES ÉCONOMIQUES D'AIX-EN-PROVENCE. La Tribune reçoit en direct de son studio en plein air les décideurs économiques et politiques pendant les trois jours des Rencontres d'Aix, le Davos provençal. Ce vendredi, Cécile Beliot-Zind, directrice générale stratégie et croissance de Bel et Laure Verdeau, directrice de l’Agence BIO sont notamment revenues sur les leviers permettant aux plus modestes de retrouver du pouvoir d’achat sur l'alimentation.

Les consommateurs s'en rendent compte chaque jour en réalisant leurs courses dans les supermarchés : la hausse des prix à la consommation demeure persistante en France. L'inflation a atteint 4,5% sur un an, après 5,1% en mai et 5,9% en avril, repassant pour la première fois en plus d'un an sous la barre des 5%, selon les derniers chiffres de l'Insee, publiés le 30 juin dernier. Côté alimentaire, les prix, eux, ont continué à croître : +13,6% au mois de juin. Résultat, le pouvoir d'achat des ménages est grignoté, fragilisant les plus modestes.

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Inflation : l'Autorité de la concurrence prête à sanctionner les entreprises qui gonflent excessivement leurs prix

« 

La précarité alimentaire, c'était, avant l'inflation, entre 6 et 8 millions de foyers, selon les associations, maintenant, on est plutôt à dix, voire à douze millions

, a indiqué Cécile Beliot-Zind, directrice générale croissance et stratégie du groupe Bel au micro de 

La Tribune

. 

Qu'est-ce qu'on fait pour cette population-là ? L'alimentation n'est pas un business, c'est un droit humain, comme le fait d'avoir un toit sur la tête et d'avoir accès à la santé et à l'éducation

. »

Les industriels sous le feu des critiques

Pour tenter de contenir l'inflation alimentaire, le gouvernement avait annoncé avec plusieurs enseignes - à l'exception notable de E.Leclerc - 

un trimestre anti-inflation

 à partir du 15 mars, et prolongé jusqu'à la fin de l'année. Dans le cadre de cette opération commerciale, les supermarchés s'engagent à vendre une sélection de produits au 

« prix le plus bas possible »

. 

Une mesure jugée insuffisante par certains acteurs, dont l'association Familles rurales

.
Fin juin, l'association de défense des consommateurs a relevé une hausse des prix de 3% sur un panier de produits « sains » respectant les préconisations des autorités sanitaires. 

« Cette promesse a été tenue »

, a contredit le cabinet de la ministre du Commerce, Olivia Grégoire auprès de l'AFP. La Répression des Fraudes 

« évalue même, sur 1.700 références, une baisse moyenne de 13% »

.
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Inflation: Bruno Le Maire remet la pression sur les industriels de l'agroalimentaire qui « jouent la montre »

En parallèle, l'exécutif pousse depuis plusieurs semaines 

à une reprise des négociations

 commerciales, achevées le 1er mars 2023, avec une hausse moyenne de 9% des prix payés par les enseignes aux distributeurs. Objectif affiché, obtenir une baisse rapide des prix dans les rayons. Les industriels rechignent toutefois, pour certains, à revenir à la table des discussions.

Une marge différenciée pour les plus modestes

« Certaines grandes multinationales industrielles jouent la montre »

, avait tancé Bruno Le Maire début juin sur France 5. Le ministre de l'Economie avait alors rappelé que les 75 plus gros industriels (Coca-Cola, L'Oréal, Mondelez, Nestlé, Unilever...) s'étaient pourtant engagés mi-mai à rouvrir des négociations avec les distributeurs. 

« La très large majorité des industriels refuse de renégocier compte tenu des critères définis par leurs soins »

 mi-mai, 

« et qui sont, à dessein, largement inapplicables »

, avait rétorqué auprès de l'AFP le délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) Jacques Creyssel.

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Cette loi qui risque de faire flamber les prix alimentaires dans les supermarchés

Quels sont alors les marges de manœuvre dont disposent les industriels ? 

« Si on me demande à un moment d'avoir une marge qui est différenciée pour ces populations-là, je veux bien en discuter »

, a annoncé Cécile Beliot-Zind du groupe Bel au micro de 

La Tribune

. Pour les plus aisés, en revanche, la directrice générale stratégie et croissance plaide pour une véritable prise de conscience.
«La classe moyenne dépense 14% de ses revenus dans l'alimentation (...),rappelle-t-elle. L'alimentation est devenue une commodité, car on ne communique pas assez sur ce qu'il y a derrière l'alimentation : la santé, le carbone, la biodiversité (...). Je pense que si on passait autant de temps à parler de la valeur de l'alimentation que de son coût, il y aurait des comportements différents dans les magasins.»

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  • « Le gouvernement ne fait pas du pouvoir d'achat sa priorité » (Michel-Edouard Leclerc)
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« On est en situation d'illettrisme alimentaire »

, a acquiescé Laure Verdeau, directrice de l'Agence BIO, au micro de 

La Tribune

. Les deux femmes insistent ainsi sur la nécessité d'éduquer les Français à consommer.

______

Pauline Chateau

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